Personnels de direction, personnels en crise ? 

Alors que, selon l'étude de G Fotinos, la méfiance augmente entre directions et parents, d'autres études ont confirmé qu'elle est aussi au plus haut entre l'encadrement et les enseignants. La position des personnels de direction semble difficile. Décidément, l'école de la confiance c'est pas pour tout de suite...

 

Le métier de chef d'établissement est-il devenu un combat quotidien ? Si l'on en croit la série d'études qui vient d'être publiées en 2014, il semble que le métier devienne intenable.

 

Selon l'étude de G Fotinos, un véritable fossé sépare les personnels de direction des parents. D'un coté les personnels de direction subissent les violences des parents et particulièrement ceux des classes populaires. De l'autre, ils rejettent la responsabilité de ces mauvaises relations sur les seuls parents. Et ils récusent toute légitimité aux élus des parents. Les chefs d'établissement vont même jusqu'à considérer les parents des classes populaires comme de mauvais citoyens incapables de transmettre les valeurs républicaines.

 

D'autres enquêtes publiées cet été  montrent que le fossé se creuse aussi entre les enseignants et les personnels de direction et les cadres en général. Rappelons ce que disait l'enquête du Se Unsa : dans le second degré, 54% des enseignants ont peur des inspections et 58% se sentent incompris par leur hiérarchie. L'enquête Talis de l'OCDE montre aussi que les enseignants français contestent la justesse et l'utilité de leur évaluation.

 

Si on regarde de plus prêt le baromètre Unsa, on constate une nette  opposition entre les personnels de direction et les enseignants. Quand seulement 18% des enseignants du second degré sont en accord avec la politique éducative menée par le gouvernement, ce sont 72% des IPR qui manifestent leur accord et 45% des personnels de direction. Cadres et enseignants appartiennent à deux planètes différentes sur le terrain de la reconnaissance et du respect. Seulement  32% des professeurs du second degré s'estiment respectés au travail.  C'est le cas pour 67% des IPR et 69% des personnels de direction. Quand deux enseignants sur trois ne recommanderaient pas leur métier, c'est seulement un sur trois chez les cadres.

 

L'enquête de G Fotinos est aussi à lire dans ce contexte tout à fait nouveau. Ce n'est pas seulement le lien de confiance avec les parents qui est en train de se rompre. Ce sont les structures d'un système éducatif qui ont peut-être vécues. Alors que la ministre veut construire une "école de la confiance", on mesure le chemin à parcourir. L'effort est aussi à fournir en interne.

 

François Jarraud

 

L'enquête

Malaise enseignant

Enquete sgen

 

 

Par fjarraud , le mardi 04 novembre 2014.

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