P. Meirieu, l'Afef, F Baluteau, le Cniré pour la réforme du collège 

"La réforme annoncée par la ministre, malgré des aspects discutables, va dans le bon sens", écrit Philippe Meirieu dans un article publié dans Politis. Il "approuve pleinement" deux dispositifs : l'accompagnement personnalisé et les EPI. " On ne peut que se réjouir du développement des temps d’« accompagnement pédagogique » au sein du collège et par les professeurs", poursuit-il. "Il est temps de mettre fin à l'externalisation qui délègue cet accompagnement à des « acteurs » éloignés du système scolaire... Pour les EPI...  rappelons que les disciplines ne s’effacent pas quand on les met en oeuvre sur un projet commun".

 

L'AFEF, association française des professeurs de français, se déclare elle aussi favorable à la réforme. Elle juge la réforme "indispensable si l'on veut réduire les inégalités scolaires et permettre la réussite du plus grand nombre d'élèves. Elle permet, notamment, sans remettre en cause les postures traditionnelles de l'enseignant, de construire une posture supplémentaire avec un regard centré sur l'apprentissage et un souci d'étayage vis-à-vis des élèves qui ont le plus de difficultés avec les savoirs scolaires." Mais l'AFEF demande une évolution des programmes.

 

Dans un entretien accordé aux Echos, le sociologue François Baluteau, spécialiste des inégalités scolaires, soutient aussi la réforme. "  La société, l’école d’aujourd’hui ont besoin de tels dispositifs (les EPI) , bien plus formateurs que l’apprentissage du latin ou du grec...Aucune réforme ne soulève le consensus, abonde François Baluteau. Dans une conjoncture difficile, il faut bien déplacer les moyens et les répartir autrement pour réduire les inégalités, ce qui est crucial".  

 

Enfin le CNIRé, un conseil de l'éducation nationale en charge de l'innovation, exprime lui aussi son soutien à la réforme ministérielle. Il en attend que les professeurs coopèrent davantage. Il estime que les ERPI permettront "de faire se rencontrer les disciplines et les enrichir dans des projets porteurs de sens. Les élèves ont besoin de comprendre ce qu'on leur enseigne".

 

P Meirieu

AFEF

Les Echos

 

Par fjarraud , le lundi 18 mai 2015.

Commentaires

  • maria1958, le 18/05/2015 à 10:34
    François Baluteau considère que "dans une conjoncture difficile, il faut bien déplacer (sic) les moyens et les répartir autrement pour réduire les inégalités", bref, ne pas augmenter la dépense d'éducation et se borner à la redéployer de façon plus "juste". 

    De même Philippe Meirieu considère qu'"il y a des époques où la solidarité doit jouer", et pour lui la solidarité, ce peut être "supprimer des filières d'élite (..) si c'est pour redistribuer ces moyens d'enseignement à tous les collégiens". Certes, dit-il, "il aurait fallu revoir aussi les dotations horaires pour permettre plus de dédoublements""mais j'imagine que la Ministre sur ce point est soumise aux diktats de Bercy!" - donc faisons avec les diktats de Bercy, et redéployons.

    Or il est problématique de vouloir procéder par redéploiement, pour deux raisons:

    - les effectifs d'élèves dans le 2d degré sont prévus durablement à la hausse, jusqu'à 2025 au moins, pour des raisons démographiques lourdes, dans l'immédiat c'est l'arrivée en lycée des élèves nés dans les années 2000, et à compter de la rentrée 2017 après un léger creux ça repart aussi à la hausse en collège. 
    Réduire les moyens investis en lycée comme l'annonce la Ministre (encore dernièrement au CESE), ou se borner à injecter en collège 4000 ETP (pour 7000 collèges.... et si on les trouve....), cela implique, en bon français, de réduire la dépense par tête d'élève....

    - or la dépense d'éducation de l'Etat par élève a déjà bien baissé depuis 2010, que ce soit en collège ou en lycée, comme le montrent les graphiques éloquents en page 4 de la Note de la DEP
    http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/39/3/DEPP_NI_2013_28_cout_education_2012_evaluation_provisoire_compte_285393.pdf 
    On se lamente beaucoup sur la baisse des performances finales des élèves, en particulier des plus fragiles, les sorties sans qualifications, etc… justement ces dernières années.
    Mais peut-être faudrait-il faire un lien entre cette dégradation alarmante, et la sous-dotation aggravée du collège, et le désengagement de l'Etat en lycées - désengagement réalisé notamment.... via la réforme Chatel du lycée !  

    Les grands discours sur l'accompagnement personnalisé, l'interdisciplinarité comme panacée, l'autonomie des établissements, etc.... ont déjà servi de couverture à des économies sur le dos des lycéens… avec les résultats néfastes dont il faudrait faire (enfin) un bilan sérieux. 

    Tirer les leçons de l'expérience, maintenant qu'on a le recul nécessaire sur la réforme du lycée,  si ça peut éviter de se faire enfumer au risque de refaire les mêmes erreurs sur le dos des collégiens... 
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