Collège : Le niveau baisse en maths 

Selon les évaluations CEDRE menées par la Direction des évaluations du ministère de l'éducation nationale (DEPP), publiées par Le Parisien le 17 mai, le niveau en mathématiques des collégiens a baissé depuis 2008. Selon le ministère, cela justifie la réforme du collège.

 

Davantage d'élèves faibles

 

Selon Le Parisien, les résultats des collégiens de 3ème perdraient 9 points entre 2008 et 2014, soit une baisse significative. Cette chute s'expliquerait par l'augmentation du nombre des élèves faibles. En 2008, les résultats montraient 15% d'élèves très faibles en fin de 3ème. En 2014 ils seraient devenus 20%. Le groupe des élèves moyens aurait peu changé. Celui des bons aurait perdu 3%. Les très bons eux restent stables. Et la directrice de la Depp, Catherine Moisan, de conclure dans Le Parisien : " Le collège sait bien faire réussir les bons élèves et les élèves favorisés. Mais les résultats baissent pour les autres. Notre défi, c'est d'augmenter les compétences de tous les élèves, y compris ceux qui sont les plus éloignés du monde scolaire."

 

La balle est reprise au bond par le ministère qui affirme que "le niveau global a fortement baissé au collège entre 2008 et 2014 et est, de plus en plus, corrélé à l'origine sociale. Ce diagnostic démontre, s'il le fallait encore, l'urgence de réformer le collège afin d'y améliorer l'acquisition des fondamentaux, réduire le déterminisme social et faire réussir tous les élèves". Pour le ministère la réforme du collège permettrait de relever le niveau de maths grace aux 3 heures d'accompagnement personnalisé en 6e, puis 1 heure au minimum en 5e, 4e, 3e, "pour s'assurer de l'acquisition des fondamentaux", aux "20% d'autonomie aux enseignants afin qu'ils puissent déterminer au mieux les réponses à apporter aux  besoins de leurs élèves et notamment, réserver des temps en petits groupes que les 4000 postes de professeurs créés par la réforme permettront d'assurer" et grâce aux "temps interdisciplinaires pour que les élèves s'approprient d'une autre façon les savoirs fondamentaux".

 

Des faiblesses signalées dès la sortie du CM2

 

Ces résultats renvoient et confirment ceux de Pisa 2012 qui montraient déjà un effondrement par le bas des résultats de notre système éducatif. En maths, on notait une perte de 16 points depuis 2003. Pisa comptait 13% d'élèves bons (niveaux 5 et 6) mais 22% de faibles (inférieur au niveau 2). Depuis 2003 ils sont plus nombreux et en plus nettement plus faibles : ils ont perdu 23 points en moyenne, l'équivalent de deux trimestres de classe. Or la corrélation est particulièrement forte en France entre le faible niveau scolaire et l'appartenance aux catégories défavorisées.

 

Les résultats de 2014 ne sont pas vraiment surprenants car l'enquête CEDRE de 2008 montrait 15% d'élèves faibles. Il sont devenus 20% 6 ans plus tard. Mais l'étude ajoutait que 38% des écoliers avaient un niveau trop faible en maths au CM2. " Ceux-ci ne maîtrisent pas suffisamment les notions mathématiques attendues en fin d’école primaire pour réussir de façon autonome au collège", expliquait la Depp en 2008. "Des dispositifs d’aide personnalisée – mis en oeuvre dès le début de la scolarité au collège – sont nécessaires pour leur permettre de poursuivre la construction des concepts mathématiques. Il paraît essentiel que les enseignants du second degré soient conscients de cette hétérogénéité pour une meilleure prise en compte de celle-ci dans leurs pratiques d’enseignement".

 

Un enseignement à réformer

 

Ce que montrait l'évaluation collège de 2008 c'était l'inquiétude des élèves face aux maths. C'était aussi l'importance du travail à la maison même chez les élèves faibles (1h30 à 2h hebdo), un quart des élèves se faisant aider , y compris chez les faibles. L'étude montrait aussi des difficultés de calcul mental , cette compétence étant peu travaillée en fin de collège. Or la majorité des items du test demandent du calcul.

 

Cette baisse de résultats n'engage donc pas que le collège. C'est toute la scolarité qui l'explique, les acquisitions premières ayant leur importance. Elle l'engage aussi par l'importance accordée aux maths et l'inquiétude qu'elles suscitent chez les élèves. Là où le ministère a raison c'est de poser la question de l'aide. Une aide personnalisée et d'autres façons d'enseigner sont nécessaires pour remonter le niveau en maths. La réforme ale mérite de les prévoir. A quelles conditions serait-elle capable de les inscrire réellement dans les pratiques ?

 

François Jarraud

 

Article du Parisien

Résultats collège 2008

Pisa 2012

Evaluation primaire 2008

 

 

Par fjarraud , le lundi 18 mai 2015.

Commentaires

  • vedantydv123, le 30/05/2019 à 11:52
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  • thais8026, le 18/05/2015 à 06:43
    Mais cette heure d'AP est prise sur l'horaire disciplinaire. Donc les élèves ne vont faire que cumuler les retard car le programme lui est basé sur 4h30 en 6ème pas sur 3h30.
    De plus, en 5ème et autre il n'y a plus qu'une heure d'AP toutes disciplines confondues. Et les 4000 profs on ne les trouvera pas surtout en maths.
    Même quand l'ancien président à supprimer 80 000 postes il n'arrivait pas à faire le plein en maths alors ....
    • thais8026, le 18/05/2015 à 06:53
      Ah j'oubliais, le niveau en maths à baisser en partie à cause de l'abandon du dénombrement au primaire dans l'introduction des nombres ce qui donne une fausse image résiduelle et persistante de ceux-ci. Et après il faudrait accepter toutes les réformes pour argent comptant : il ne faut pas oublier que l'on expérimente sur des humains et que si on se trompe c'est plusieurs générations qui vont être touchées.
      Alors avant de jouer aux apprentis sorciers réfléchissons sur ce qui fonctionnent et ne fonctionnent pas dans ce qui est déjà en place. 
      Mettons tout l'argent sur les zones prioritaires au lieu de saupoudrer cet argent sur tous les collèges de France alors que tous n'en ont pas besoin. Car les soit disant 4000 postes seront répartis sur tout le territoire, collèges favorisés compris. 

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