Concours : Le trompe l'oeil de 2014 

"Les recrutements externes ont presque doublé en 2014", titre une nouvelle note de la Depp consacrée aux concours de recrutement 2014. Avec 16 274 candidats admis aux concours du second degré en 2014 contre 7169 en 2013, la crise du recrutement semble conjurée. Mais l'analyse de la Depp va plus loin. Et s'il n'y avait pas réellement de reprise ?

 

Après des années de chute du nombre de postes comment inverser la tendance et attirer à nouveau des candidats ? En 2014 l'Education nationale met en place un dispositif exceptionnel. Cette année là il y a deux concours : le concours "rénové" correspondant aux concours habituels et un concours "exceptionnel"  qui vient doubler le nombre de postes proposés. Les reçus au concours exceptionnel sont immédiatement nommés sur poste.

 

En apparence cette politique fonctionne. 75 118 candidats s'inscrivent aux concours 2014 contre 32 405 en 2013. Ce doublement du nombre de candidats est gonflé par les multi candidatures, beaucoup tentant leur chance au concours exceptionnel d'abord puis au rénové. Mais au total, 55 000 personnes physiques différentes se sont portées candidates aux concours de l'enseignement. A première vue le ministère a réussi à inverser la tendance et à amener les étudiants vers les métiers de l'enseignement.

 

Malheureusement la réalité est plus complexe. Si le nombre de candidats augmente c'est aussi parce qu'en 2014 deux générations d'étudiants se présentent aux concours : les titulaires d'un M1 comme les titulaires d'un M2. Cela conduit d'ailleurs à un taux d'échec important.

 

Au final, le ministère a bien réussi à embaucher environ 15 000 nouveaux enseignants contre 7 000 en 2013. Mais le sursaut est absent en maths, lettres et anglais où de nombreux postes restent vacants. En maths c'est 42% des postes qui ne sont aps couverts contre 31% en 201. En lettres 19% des postes ne trouvent pas preneurs alors que tous étaient couverts en 2013. La situation est donc nettement dégradée.

 

Ce qui manque à l'étude de la Depp c'est la suite. Des concours 2015 on n'a pour le moment que les résultats d'admissibilité. Mais ils donnent à penser qu'une proportion importante des poste sen maths, lettres, anglais ne seront pas couverts.

 

Le bond de 2014, du à la fois au double concours et aux deux années de recrutement, n'est pas durable. En 2015, avec l'absence de concours exceptionnel, le nombre de candidats baisse fortement. La vague de 2014 est devenue un frémissement qui se fracasse sur la réalité du salaire et de la qualité d'exercice du métier.

 

François Jarraud

 

L anote dela Depp

 

 

Par fjarraud , le jeudi 11 juin 2015.

Commentaires

  • maria1958, le 11/06/2015 à 10:25
    Pour mesurer à quel point la com' du Ministère sur l'augmentation du nombre de candidats aux concours 2014 a été mensongère, il suffit de regarder le graphique qu'il est bien obligé de publier maintenant:
    http://www.education.gouv.fr/cid58297/concours-enseignants-du-secondaire-public-les-recrutements-externes-ont-presque-double-en-2014.html
    Graphique qui montre l'écart entre le nombre de candidats apparents (brandi par le Ministère pour prétendre qu'il n'y avait plus de crise d'attractivité) et le nombre de candidats réels "corrigé des candidatures multiples".... mis en rapport avec davantage de postes à pourvoir.

    Echaudés par les doublons déjà constatés à l'été 2013 (admissibles aux écrits de l' anticipé 2014 déjà admis au concours 2013....),  SNES, SNUIPP, SNEP, SNUEP et SNESup avaient mis en garde sur l'effet-baudruche des doubles inscriptions aux 2 sessions 2014, et cela dès novembre 2013:
    http://www.snes.edu/Crise-de-recrutement-la.html

    On sait officiellement quoi faire pour traiter la crise de recrutement depuis juillet 2013, cf le rapport de l'Inspection Générale sur "les difficultés de recrutement dans certaines disciplines". 
    http://observatoire-fde.fsu.fr/spip.php?article114
    D'autant que la nécessité de recruter 300 000 profs nouveaux d'ici 2022 est publiquement reconnue par les plus hauts responsables depuis (au moins) le 22 août 2013 (discours Ayrault aux recteurs).

    Mais depuis bientôt 2 ans (nous sommes en juin 2015), les Ministres ont fait tout le contraire de ce qu'il aurait fallu - zéro prérecrutement, des bâtons supplémentaires dans les roues des candidats au métier, et un discours d'affichage et de déni permanent. 
    Deux ans que les Ministres racontent n'importe quoi à l'opinion et aux parlementaires pour jouer la montre et ne pas avoir à investir: que les étudiants autofinancent leur préparation au concours à coup de petits boulots au risque d'échouer, c'est pas grave il n'y a pas le feu au lac. 

    Bref: soit le projet de budget 2016, en préparation en juin pour vote à l'automne, inclut des mesures d'urgence pour soutenir, encourager et faire réussir les candidats aux concours 2016 - et les élèves auront des profs à la rentrée 2016. 
    Soit le gouvernement continue à ne rien vouloir financer, et les parlementaires de la majorité continuent à regarder ailleurs. 

    Dans ce cas on saura quel crédit accorder, entre autres,  aux annonces Réforme du collège: les +4000 profs promis, ils sont censés venir tout seuls ?? en maths, anglais et lettres modernes, mais aussi en lettres classiques, allemand, musique, disciplines technologiques...?
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