Blanquer et la liberté pédagogique 

JM Blanquer le cache de moins en moins. Il va donner des instructions précises sur la pédagogie de la lecture et des maths. C'est ce qu'il rappelle dans un entretien donné au Monde le 13 décembre. " Sur les deux sujets du français et des mathématiques dans les toutes premières années de l’école primaire, on doit être un peu directif, pour que les enfants ne passent pas à côté de ce qui est bon pour eux." Outre la labellisation des "bons " manuels et de fait la quasi interdiction des autres qui serait faite par un conseil scientifique nommé par le ministre , le ministre a déjà initié des formation pour les inspecteurs qui les invitent à recadrer les enseignants. JM Blanquer s'engage dans la voie prise en 2006 par celui dont il était chef de cabinet : G de Robien.

 

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Lecture : Blanquer à coté de la plaque

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Par fjarraud , le jeudi 14 décembre 2017.

Commentaires

  • DrHouse2, le 14/12/2017 à 15:14
    Avant de "donner des instructions précises sur la pédagogie", peut-être que le ministre devrait commencer par demander l'avis des spécialistes, c'est à dire les enseignants eux-mêmes, pour savoir ce qui fonctionne ou pas ?
     
    Peut-être alors apprendrait-il qu'il n'existe aucun "bon manuel", ils sont tous inefficaces et nuisibles par principe : ils sont conçus pour les programmes et non pas pour les élèves, impossibilité de différencier, aucune autonomisation possible, enseignement standardisé, stérilisé et d'une pauvreté extrême, abêtissement des profs à qui on demande juste de suivre une recette conçue par des technocrates, etc...
     
    Peut-être alors apprendrait-il qu'il n'existe aucune "méthode globale", et que la lecture globale (qui n'est pas une méthode d'apprentissage) est indispensable à tous les élèves, qu'il est absurde et imbécile de vouloir résumer l'apprentissage au simple déchiffrage syllabique.
     
    Peut-être alors apprendrait-il que "les neurosciences" en ce qui concerne la lecture se résument à une seule et unique personne (S.D.), qui s'est contenté de publier des conclusions fantaisistes dans un bouquin grand public, sans lien avec ses recherches, et en dehors de son champ de compétence.
     
    Peut-être alors apprendrait-il qu'on peut enseigner sans manuel, à partir de la vie naturelle de la classe, des activités et des projets divers et variés, que ça s'appelle la "méthode naturelle", qu'elle a fait la preuve de son efficacité depuis près d'un siècle, et qu'il serait sans doute judicieux de s'appuyer sur ceux qui la pratiquent et la connaissent parfaitement pour y former leurs pairs.
    • Jean Maurice, le 14/12/2017 à 21:05
      C'est assez juste et je soutiens ce propos... même si je ne m'occupe guère de méthode naturelle, mais d'autre chose encore.
      Le problème reste celui de la condescendance. C'est à dire que si l'on estime, dans cette belle institution qu'est l'EN, qu'un enseignant lambda est suffisamment qualifié pour enseigner aux "petits" (c'est le but final, l'art le plus noble en théorie), il n'est en revanche absolument pas compétent pour expliquer sa pédagogie à ses congénères et encore moins à ses supérieurs. C'est un archaïsme de l'élitisme administratif en général. Elitisme que l'on demande de combattre par ailleurs dans le milieu scolaire,  mais que l'on conserve précieusement dans les couches huileuses de la haute société dirigeante. Ainsi, n'attendez pas qu'un expert surdiplômé accepte qu'un simple praticien lui explique les bonnes actions. On a si longtemps considéré qu'un prof du secondaire était plus "fort" qu'un instituteur... C'est quasi surréaliste. Dans ce pays, plus vous êtes reconnu (pas pour les résultats de vos élèves) compétent en enseignement sans avoir forcément exercé "pour de vrai", moins vous enseignez et plus vous expliquez aux autres ce qu'il faudrait faire et que vous n'avez jamais fait!
      La transmission par apprentissage entre pairs (régulée par un organisme de formation) serait effectivement une "riche" voie de passation naturelle des compétences pédagogiques. Elle n'exclurait pas pour autant les évolutions et les améliorations et les recadrages théoriques. Mais elle échapperait de fait à une caste déjà bien installée et pléthorique de cadres dont la condition d'existence même est cette prérogative de la formation des subalternes. Ce n'est pas une stigmatisation des personnes et de leurs qualités intrinsèques mais plutôt une critique ciblée sur l'organigramme et les missions des uns et des autres.
      Cette formation est mal dispensée, trop saupoudrée, parfois intéressante mais aussi souvent médiocre car non différenciée (faut pas s'attendre à trouver de la différenciation en formation continue) et encore plus régulièrement en distorsion totale avec la réalité des actions de terrain possibles à mettre en oeuvre.
      Bref y a du boulot pour changer tout ça et c'est pas gagné.
  • domren, le 14/12/2017 à 13:41

    Tout le monde semble avoir oublié le naufrage surréaliste des "Etablissements de Réinsertion Scolaire", innovation sarkozyste équivalent pour les "collégiens décrocheurs" des "Internats d'Excellence" mise en place par Blanquer et très discrètement fermée en juin 13. 

    Voir le rapport des IGEN : http://www.education.gouv.fr/cid61448/les-etablissements-de-reinsertion-scolaire.-bilan-et-perspectives.html

    Je n'arrive pas à comprendre que Macron l'ait promu à la position de numéro 1 de l'EN avec un vécu pareil ...

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