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Le casse-tête des casquettes
L'expression "là, je change de casquette" me fait beaucoup rire surtout lorsqu'elle est prononcée par des gens très sérieux au cours d'une conférence. J'imagine alors ces personnes sérieuses brandissant une casquette "OM", ensuite une casquette "Ntm" puis je ne sais pas moi, une casquette "Hilti".. Tout ça pour dire que moi aussi j'ai plein de casquettes qui se nomment "parents d'élèves Fcpe", "personnel enseignant" et "café pédagogique". Je ne sais comment les porter séparément alors souvent j'ai les trois sur la tête ce qui fait un peu désordre.
 
Mes deux garçons sont collégiens et formidables. Le petit est précoce, (j'espère revenir un jour sur le marché de la précocité), mais (enfin) en quatrième, il vit bien sa scolarité, ses profs sont contents, ses copains de classe épatants, bref tout va bien. L'aîné remporte moins les suffrages de ses profs mais ça va aussi. Boule d'énergie, le genre à faire des blagues dès son réveil, à bouger sur sa chaise, à regarder si le vent se lève à longueur de journée, bref, un ado en pleine forme. Dès leurs premiers pas dans l'école, je me suis mêlée de leur scolarité, au conseil d'école, dans les associations de parents d'élèves puis au conseil d'administration du collège. Hors de question que mes petits soient lancés dans la grande vie sans que je ne les ai à l'oeil!
 
A l'école primaire, c'est facile, surtout dans un village où l'école a un rôle central et même d'animation de la vie locale avec ses dates rituelles : la fête de Noël, le carnaval dans les rues, la fête de fin d'année, sa kermesse et sa soirée dansante. Au collège, le contact quotidien s'estompe, on a l'impression d'être face à une machine. Le Conseil d'administration est guindé, formel, avec ses élus locaux courtisés pour leurs subventions, les jeux de pouvoirs, les échanges sous-entendus aux approches des élections. Le collège est une vitrine pour la communautés de communes et le collège a besoin d'elle pour financer des sorties, des équipements.
 
Au bout de la deuxième année, je me suis lancée dans l'aventure. Au conseil de classe de mon cher aîné, j'en ai vécu des heures difficiles! Sa prof principale le détestait et par ricochet me tenait pour responsable de son supposé manque d'éducation. J'apprenais donc qu'un conseil de classe pouvait se transformer en tribunal pour parents. J'en ai bien ri mais moins en pensant aux enfants dont les parents n'avaient pas la possibilité d'être présents, derrière eux. Plusieurs fois j'ai du intervenir pour souligner les jugements à l'emporte pièce, les considérations douteuses du type "elle a du vent dans la tête", "ses parents s'en fichent totalement, ils ne viennent jamais au collège", "il faut dire qu'il vient d'un milieu...".
 
Oui mais voilà, je défends aussi le monde éducatif, les profs, contre les idées reçues sur leur autisme, leur dureté, leur élitisme, leur fermeture, que sais je encore. Alors, dans les discussions avec les copains, les débats animés des soirées d'hiver ou d'été, je prends souvent la défense d'un milieu qui vaille que vaille, exerce un beau métier, donne à nos enfants la chance de s'épanouir, après nous l'avoir donnée, et auquel j'appartiens. Il me faut éloigner l'image de ces funestes conseils et convoquer tantôt les innovateurs chaleureux et inventifs rencontrés ici et là grâce au Café, tantôt cette prof de gym charismatique dont mon p'tit attend les cours comme une parenthèse de fantaisie, cette prof de latin de mon grand qui donne à une langue morte le pétillant de la nouveauté...
 
De toute façon, bien souvent, et de plus en plus, profs et parents (du moins de la Fcpe) nous unissons nos efforts lors du conseil d'administration, simplement pour sauvegarder des conditions décentes d'apprentissage. Les temps sont au serrage de coudes. Cela a été le cas lors du débat sur la note de vie scolaire, le système de remplacement et dernièrement, la grève du 20 novembre. Il reste à espérer que mes petits n'en subiront pas les conséquences dans leur vie quotidienne au collège. D'autant que dernièrement, j'ai eu la surprise de recevoir un courrier de la principale du collège plutôt étonnant. Suite à un mail dans lequel je lui signalais mon absence à un conseil de classe organisé à 17 heures (malgré le décret qui encourage les établissements à caler leurs heures de conseil avec les obligations professionnelles des parents),voici ce qu'elle m'écrit : "je m'étonne que vous soyez inscrite en tant que déléguée de parents au conseil de classe puisque la contrainte de 17 heures était connue". Si je traduis sa pensée, l'implication dans la vie scolaire est réservée aux parents qui ne travaillent pas ou dont la vie professionnelle leur permet de s'organiser à volonté. Et après, on entendra encore "ses parents s'en fichent, ils ne viennent jamais au collège".
Vive la démocratie scolaire!
Le blog du conseil Fcpe du collège.
Se former, quel idéal

Chaque jour ou presque, je reçois des appels de candidats à la formation. Chômeurs ou salariés, ils ont envie de progresser, de trouver du boulot dans un secteur où on recrute. Et bien souvent, je n'ai pas de réponse concrète, juste des pistes et des encouragements.

 

Les injonctions à se former, se professionnaliser, ne manquent pas, mais voilà, il faut trouver la formation qui va, le financement qu'il faut, bref, passer de l'envie à la réalisation n'est pas chose simple. La loi du 4 mai 2004 a rénové la formation professionnelle. Désormais, le salarié possède un droit individuel à la formation et lorsqu'il se forme en dehors de ses heures de travail, il perçoit une indemnisation. Tout un choix de formules, pour se former, faire reconnaître son expérience, faire le point sur ses compétences s'offre à lui. Formidable, non?

Pourtant, lorsque Madame Barthou souhaite bénéficier d'un congé individuel de formation pour évoluer vers un poste d'assistante qualité, elle se heurte à des obstacles. Dans sa région, nous sommes les seuls suceptibles de lui proposer la formation qu'il faut, un BTS qualité. Elle aurait bien voulu suivre une licence professionnelle mais malgré son niveau acquis au fil des années, l'université qui gère la licence professionnelle ne veut l'intégrer qu'avec un diplôme de niveau bac plus deux. Les critères de sélection varient d'un organisme de formation à l'autre, certains privilégient les aptitudes professionnelles d'autres le niveau de diplôme, mais plus la filière est recherchée, souvent parce qu'elle mène à un emploi, plus la sélection est rude.

Madame Barthou se tourne donc vers nous mais là, autre problème, nous ne proposons plus de formation pour adultes BTS car nous n'avons plus le marché. Kezaco? La formation professionnelle est sous la responsabilité des conseils régionaux, ce sont eux qui décident de l'ouverture ou de la fermeture de formations avec financement public puisque ce sont eux qui les financent. Les formations sont alors ouvertes aux demandeurs d'emploi et les organismes de formation les proposent aux salariés pour compléter l'effectif et favoriser une bonne dynamique de groupe. Sans ouverture par le conseil régional, il n'y a pas de formation pour les demandeurs d'emploi et donc pour les salariés,  les seuls salariés ne pouvant garantir l'équilibre financier de la formation.

Car, la formation, même dispensée par des organismes publics est un marché. Ils emploient des contractuels, des personnels que l'ont dit "gagés" (car leurs salaires doivent être remboursés par l'organisme à l'état), développent des charges propres, bref, ils doivent s'assurer de leur équilibre financier. Une école, comme la mienne, qui possède un centre de formation pour adultes, développe donc d'un côté des activités non marchandes de formation scolaire et de l'autre des activités marchandes pour la formation continue. Elles sont marchandes parce qu'elles sont régies par un budget, des bénéfices et des pertes, bien que si on les regarde de près, elles correspondent souvent à des missions de service public (accueil de public locaux, en insertion, maintien ou développement d'activités etc.).

 

Lorsqu'un conseil régional décide l'ouverture d'un marché, il lance un appel d'offres en conformité avec le code des marchés publics. Une commission permanente d'élus, conseillée par des techniciens, choisit l'offre la mieux disante au regard des exigences du marché. En Poitou Charentes, le Conseil Régional a décidé de modifier sa politique de formation. Finis (ou presque) les appels d'offres, les organismes de formation doivent désormais s'organiser pour offrir un parcours de formation aux besoins individuels. Nous passons du prêt à porter au sur mesure, pas simple!

 

Pour Madame Barthou, la solution sera sans doute de l'intégrer dans notre BTS par apprentissage. Il lui reste à négocier avec l'organisme qui attribue les congés individuels de formation, un financement sur deux ans ou avec son entreprise, une formation à mi temps. D'autres obstacles l'attendent donc mais comme nous avons pour principe une certaine notion du service public, nous l'accompagnerons.

 

Un entretien presque ordinaire

Aujourd’hui, j’ai eu un entretien avec Arnaud, jeune homme de 24 ans, qui ne sait pas trop quoi faire de son existence. Je l’ai rencontré lors d’une formation organisée dans mon établissement pour s’initier aux métiers de la propreté. Il avait beaucoup aimé la façon dont on apprenait, basée sur des travaux d’application. Par exemple, une des formatrices a emmené les stagiaires traquer les microbes avec des boîtes de Piétri dans différents lieux de l’école (foyer des élèves, salles de classe, etc.) pour les observer ensuite au microscope. Il a aussi découvert le secteur de l’agroalimentaire en fabriquant du pain, nettoyant les machines et les locaux. Bref, la formation avait réussi là où la scolarité avait échoué : donner envie à Arnaud d’apprendre, lui faire une place dans l’école.

Et puis patatras, le dernier jour, le voilà convoqué par le conseiller d’éducation pour une histoire de vol. Arnaud est accusé d’avoir dérobé un portable, avec des propos peu amènes et plutôt stigmatisant. Le groupe le soutient puisqu’ils étaient à l’heure dite tous ensemble autour de la machine à café. L’accusation s’envole mais la blessure reste et Arnaud se sent à nouveau exclu du système scolaire.

Me voilà donc un mois plus tard à parler avec lui pour que cet incident ne soit qu’un léger accroc et qu’il retourne vers la voie de la réconciliation avec l’école.

Joffre Dumazedier, Gaston Pineau et tous leurs amis, promoteurs de l’autoformation, me transmettent une sacrée perche pour l’accompagner. Pour combattre ses craintes de ne pas parvenir à suivre un CAP, je lui propose de venir au centre de ressources effectuer une remise à niveau. Il reprendra les bases des maths, du français en apprenant par lui même, mais évalué et guidé pour chaque étape. A côté, il réalisera quelques séances de travaux pratiques, fabrication de produits dans le hall agroalimentaire, avec des groupes d’élèves. Et pour combattre sa crainte d’être à nouveau rejeté, je ne peux lui offrir que les encouragements de l’équipe pédagogique. Je dis que mais je sais que c’est beaucoup.

Je n’ai pas encore la réponse mais à la fin de l’entretien, il avait retrouvé le sourire.

Curiosités

Pendant six ans j'ai relevé, mois après mois, les expériences, ressources pédagogiques qui sur le net m'étonnaient. Et puis un jour, le temps n’a plus suffit, la motivation a manqué, et j’ai stoppé net.

Pendant les vacances de la Toussaint, je suis partie à Helsinki pour le Café Pédagogique, effectuer un reportage sur les forums « Innovative teachers » et « School Of the Future ». Je l’ai fait sous forme de blog. Rentrée chez moi, je me suis sentie orpheline de cet exercice quotidien d’écriture sur le vif. Alors, l’envie de raconter les curiosités éducatives est revenue.

Bienvenue sur le blog des curiosités éducatives.

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