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Estelle Blay et Jérôme Staub : du son et des projets 

Jérôme Staub a participé à 4 forums des enseignants innovants dont le dernier en tant que jury. Primé à Lyon pour son projet « paysages sonores et cartographie des sons », il poursuit ses projets, ses découvertes pour enseigner autrement l’histoire et la géographie. Cette année, il  ne sera pourtant pas au rendez-vous du 6e forum des enseignants innovants. A Nantes, sa femme, Estelle Blay, enseignante en CP, présentera un projet autour du son. Dans la famille des enseignants innovants, cette année, je demande l’enseignante !

Au départ pourtant, tous les deux ont présenté un projet. Jérôme Staub a investi l’année internationale de la coopération sur l’eau pour faire travailler ses élèves en démarche de projet, autour de la création d’ONG virtuelle : l’eau durable pour tous. Plusieurs groupes ont exploré chacun un thème : les littoraux et les risques, la gestion de l’eau, l’irrigation, la consommation de l’eau et le cycle de l’eau. Un quatrième s’intéresse au projet global. Pearltrees, outil collaboratif de collecte de ressources, Evernote, qui permet aux élèves de faire une première synthèse ou encore Piktochart, pour réaliser des infographies, les outils numériques  utilisés sont multiples pour collecter les informations et leur donner forme grâce à un site internet. La coopération se vit aussi avec une carte interactive sur la qualité de l’eau qui peut être enrichie par les habitants de Saint Yrieix le Perche, la ville du lycée. Les élèves ont créé des fiches conseil pour mesurer les paramètres de la qualité de l’eau et des didacticiels vidéo pour chacun des services en ligne. Enseignant innovant Jérôme ? Le qualificatif le gêne tant pour lui la pédagogie de projet est une incitation permanent à trouver de nouveaux supports pour apprendre autrement. La pédagogie par projet est un moyen  de traiter programme copieux de géographie au lycée en mettant les élèves en situation. Avec son projet sur l’eau, la classe de seconde a exploré quatre entrées du programme. Lorsqu’il les aborde dans le cadre plus figé de la salle de classe, Jérôme fait le point sur les connaissances acquises lors du projet, les notions sont connues, ancrées, la visite du programme dans son entier en est facilitée.

Jérôme Staub et Estelle Blay partagent leur vie et partagent le son. Estelle enseigne en CP à l’école Jean Jaurès de Rilhac Rançon dans la Haute Vienne. Le projet qu’elle présentera à Nantes décrit la correspondance avec une autre classe, une correspondance où les enregistrements donnent à ses élèves tout le loisir de se raconter sans se heurter à la difficulté d’écrire en début d’année scolaire. A partir des sons et des images, ils créent un « qui est-ce » pour s’amuser un peu  avec les mots, ceux que l’on dit de soi pour se laisser découvrir par les autres. Passer par le son pour apprivoiser l’écrit, Estelle Blay a expérimenté l’approche lorsqu’elle enseignait en CLIS. Depuis cette année, elle le pratique avec bonheur dans sa classe de CP. Le son accompagne aussi les sorties pour retenir, explorer les découvertes du jour. Certaines fois, Jérôme est de la partie comme assistant technique. Le son est source de partage avec les parents. Estelle poste sur son blog des extraits, des travaux sonores des élèves comme un journal de bord de la classe. Les sons servent aussi à jouer avec les mots. A partir de « Pierre et le Loup », les élèves sont invités à reconnaitre les instruments, les classer, et en inventer d’autres à partir des syllabes, dans l’esprit du « saute-grenouille ».

Estelle Blay a hésité à proposer son projet et s’est décidée au dernier moment. Les récits de Jérôme au retour des forums lui donnaient envie de découvrir ces journées où le partage d’expérience avec des enseignants qui au jour le jour font bouger l’école. Son hésitation nait de la difficulté à se reconnaitre enseignant innovant lorsqu’on a simplement l’impression de faire son métier en utilisant au mieux les outils mis à disposition pour faciliter les apprentissages et favoriser l’implication des parents. Sa sélection pour Nantes, Estelle la vit comme une opportunité de voir ce qu’il se fait ailleurs. Les temps d’échange sont rares entre professeurs des écoles. Jérôme confirme, racontant les rencontres qui se prolongent après sur les réseaux sociaux et dans la vie, les groupes d’entraide qui se créent, les idées que l’on capte et que l’on transforme, les projets qui trouvent d’autres développements. Il se souvient de Roubaix et de son décor magnifique, du prix de Monique Argoualc’h pour son formidable projet Intergénérations. Il raconte Dax et son atmosphère suranné, le moment d’émotion partagé avec Sylvie Cascarret-Lucas et Alexis Lucas,  un couple venu en voisin dans le lycée où ils s’étaient rencontrés et repartant tous les deux récompensés. A Lyon, il a vu l’émergence du potentiel pédagogique des réseaux sociaux. A Orléans, membre du jury, il a pris le temps d’explorer les projets et de constater que d’année en année, la réflexion pédagogique et didactique grandissait. Au fil des forums, les souvenirs de Jérôme sont empreints aussi des solutions trouvées par des enseignants en situation difficile, ces projets créés, muris malgré les embuches, les bâtons dans les roues, les contextes peu propices. Alors oui, tous ces récits ont donné envie à Estelle de s’inscrire.

A l’heure de la sélection, tous les deux sont conviés à Nantes mais les aléas de la vie familiale ne permettront qu’à l’un des deux de participer au forum. Pour Jérôme le choix est rapidement fait : ce sera Estelle pour que cette année ce soit elle qui soit porteuse des échos de deux jours d’effervescence pédagogique. Et puis dit il dans un sourire « cette année le forum n’a t »il pas pour thème l’égalité filles-garçons » ?

Monique Royer

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