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LUDOVIA 2011 > Catégories
Numérique : la tentation de l'entre-soi

Communautés nomades dotée d’outils mobiles, Ludovia rassemble les questionnements, les tâtonnements et les incompréhensions que soulève le numérique. Il n’est pas seulement question d’éducation, l’école dans la cité n’est pas entourée de murailles.

 

Le nomadisme effraie parce qu’il n’a pas de frontières. La tentation est grande de vouloir le contraindre à un périmètre délimité, protégé par des mots de passe et un fierwall. C’est ainsi que l’espace numérique de travail est perçu par les habitués des réseaux sociaux. Pourtant, les institutionnels le promeuvent en vantant un accès à des ressources mutualisées et un espace de communication. La sécurité est mise en avant pour protéger les élèves d’une menace de l’inconnu. Dans cette vision des choses, les réseaux sociaux demandent un apprentissage, une maturité, et sont une source potentielle de dangers.

Le dialogue devient vite un dialogue de sourds si d’un côté, sur la scène de la table ronde, les institutionnels s’expriment, pendant que dans la salle les blogueurs twittent leur désaccord trouvant un écho de leur désappointement sur le réseau. Chacun reste chez soi, dans son cénacle. A Ludovia, cela ne se passe pas tout à fait comme cela. Les temps et les lieux sont propices aux échanges, une fois quittée la salle de conférence.  Et c’est ce que l’on espère de ce genre de rencontres, inciter les uns et les autres à sortir de leur quant à soi, à quitter le cercle de sa communauté pour aller voir ce que l’autre pense.

 

Le numérique peut mener vers de lointaines considérations. Les outils mobiles, tablettes, smartphones en tête s’affranchissent des murs et des cloisons. Sommes- nous prêts pour autant à bouleverser la géographie de la classe ? Les technologies de l’information ont ouvert les vannes du savoir, un savoir acquis en piochant su le net, au gré de ses curiosités ou auprès de pairs par les échanges développés sur les forums et les réseaux sociaux. Doit on jeter l’anathème sur ces savoirs acquis hors de tout contrôle et de toute prescription. Peut on encore au sein de la classe conserver un fonctionnement descendant, centralisé, rejetant dehors les connaissances glanées ailleurs que dans son sein ? La classe comme un sanctuaire du monde d’avant, doit on la souhaiter ? La tentation est grande de recréer en mode numérique ce que l’évolution technologique a rendu anachronique. Certes, mais doit on à l’inverse bercer dans un idéalisme digital, et croire que l’on peut faire jaillir le savoir du moindre pixel et lui donner du sens en 140 caractères? Le numérique, par les investissements qu’il nécessite, induit aussi un nouveau partenariat entre les collectivités territoriales et l’éducation nationale, réimplantant l’école au cœur de la cité et contribuant à son développement. Les institutions doivent s’ouvrir pour mieux dialoguer.

 

On aimerait prendre le temps de la réflexion, prendre du recul pour concevoir un nouveau modèle pour l’apprentissage et l’enseignement dans la cité.. Mais voilà, les choses vont vite et ne nous laisse guère de temps, y compris le temps de discerner les vraies innovations des gadgets temporaires. Et puis, de retour de Ludovia, l’école nous attend. Et devant la classe qui s’étoffe d’année en année, le petit air d’utopie se dissipera déjà. Alors, on aura hâte de retrouver le soir derrière son écran sa propre communauté, son quant à soi, pour reprendre le cours des pensées partagées.

En attendant la navette

Pour arriver à Ludovia, le chemin est parfois escarpé : prendre l’avion ou le train puis attraper la navette , sillonner les routes pour grimper à Ax les Thermes. On vient des quatre coins de France, du Québec et des Pyrénées aussi. Ludovia se mérite et lorsqu’enfin le casino est à portée de pieds, on savoure cette oasis où l’odeur de souffre est bonne pour la santé. Les débuts de Ludovia se feront en retard, la navette se fait attendre. L’impatience n’est pas de mise. On profite du vent léger et du soleil, du bruit de l’eau et de la fontaine. On salue les têtes connues, ceux qui étaient là l’année dernière et ceux que l’on a vus dans d’autres lieux, d’autres rencontres, d’autres colloques où l’école s’imagine ancrée dans son époque, le regard tourné vers l’avenir.

La mobilité ne parait jamais plus nécessaire que lorsque l’endroit parait à l’écart, des grands axes, des lieux centraux de décision, de la capitale. Les outils, qu’ils transitent par l’Ent, se meuvent en empruntant les smartphones ou s’affichent sur des tablettes, quittent le rayon des gadgets pour devenir des moyens nécessaires pour une égalité de l’accès aux savoirs, à l’école ou ailleurs. Ludovia s’intéressera aux usages et on piétine un peu en attendant que les débats s’ouvrent et que les échanges passent de la stricte convivialité à une certaine densité.

Ludovia 2011 accueille la mobilité

Ludovia s’impose d’année en année comme le rendez vous jsute avant la rentrée du monde de l’éducation, enfin celui qui s’intéresse aux usages des Tice. Industriels, scientifiques, institutionnels, enseignants débattront, réfléchiront cette année autour du thème de la mobilité. Blogeurs et twitophiles relaieront au-delà d’Ax les Thermes les propos et les faits glanés au fil des tables rondes, des discussions impromptues et des Bar Camps nocturnes. Des scientifiques ouvriront le débat au-delà des sentiers éducatifs lors d’un colloque qui visitera le jeu, le design, les usages éducatifs et les usages de tous les jours.  Des industriels présenteront leurs produits dans la galerie du casino transformée en galerie marchande hi-tech. Représentants de l’Education Nationale et des collectivités locales exposeront leurs politiques.

 

Pendant quatre jours, le casino d’Ax les Thermes devient le centre névralgique du développement des usages, l’endroit où il faut être avant de reprendre le chemin de l’école. Chaque année, le foisonnement des idées et des échanges fait mouche et s’émousse aussi un peu tant les perspectives alléchantes entre aperçues semblent inaccessibles dans le contexte rabougri d’une éducation dont les moyens se réduisent. Cette année, la mobilité est à l’honneur. Les scientifiques  l’observent, les industriels l’outillent à qui mieux mieux, des enseignants s’en emparent pour faire évoluer leurs pratiques. Du côté des institutionnels, le tableau est un peu flou mais des initiatives existent pour équiper et accompagner les usages.

Une université d’été ne sera pas de trop pour faire du lien et donner un éclairage à l’écheveau des velléités de mobilité.