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Un seul monde > Messages > Dewey 1, Durkheim 0
Dewey 1, Durkheim 0

 

Quand les valeurs citoyennes sculptent le modèle scolaire

Pour Denis Meuret, comme il l’a décrit dans son ouvrage « Gouverner l’école » les objectifs de l’école sont fixés par les modèles politiques d’éducation. Il le démontre ici brillamment, avec à sa gauche Emile Durkheim (1858-1917), sociologue français et à sa droite John Dewey (1859-1952), philosophe politique et philosophe de la connaissance américain. Tandis que le but de ‘éducation est pour Durkheim de la République et de développer des individus capables de s’auto-discipliner et dont la morale doit conjuguer le désordre, pour Dewey, il s’agit d’améliorer la démocratie et de développer des individus libres, capables d’imagination et de création.

Pour le savoir, Durkheim considére qu’il doit élever l’esprit ou préparer à un métier, en se fondant sur la compéhension des lois et l’application des règles. L’enseignement a pour but de combattre les idées fausses et le mauvais élève est un rebelle. Il doit aussi aider à lutter contre les mauvaises valeurs sociales (hédonisme, liberté individuelle). Dewey, pour sa part, pense que le savoir permet de répondre à des questions et de se préparer à la vie. L’enseignement doit promouvoir les valeurs de la démocratie américaine. Il doit donner capacité à agir dans le monde et le mauvais élève est paresseux. Alors que pour Durkheim, l’autorité de l’enseignant est institutionnelle, elle est fonctionnelle pour Dewey. De même, l’un estime que l’école doit être coupée du monde et que son autonomie se fonde sur cette rupture, alors que l’autre affirme pour l’école une nécessité de s’adapter aux besoins de chaque enfant, de mimer le monde et de s’adapter pour s’améliorer.

Il n’est donc pas étonnant que le système éducatif français fonctionne sur un mode binaire (après la 3ème, la 2nde, le bac, on continue dans la voie linéaire ou on en est éjecté), alors que le système américain fonctionne sur un continuum de niveaux et d’établissements, du plus humble au plus prestigieux.

Il n’est pas non plus étonnant que le système français, pourtant capable de modernisation et d’innovation, comme il l'a montré à maintes reprises, soit réticent à l’idée de s’analyser et de rendre compte (n’est-il pas déjà parfait ?) tandis que le système américain est ouvert à l’idée d’améliorer les standards et d’évoluer avec la société. Denis Meuret constate aujourd’hui que la culture de l’évaluation n’a pas réussi à se mettre en place en France : les outils, souvent superbes, ne sont as utilisés, les projets de pilotage ne sont pas suivis. Le système éducatif français considère encore que l’erreur est honteuse, l’évaluation une menace et que les élèves sont responsables de leurs échecs. Outre-Atlantique, l’erreur est normale, l’évaluation fait partie des habitudes et l’école est responsable des échecs des élèves. L’école française est là pour sauver la société et n’a pas à lui rendre de comptes, l’école américaine fait partie de la société et doit lui rendre des comptes.

 

Une analyse de Gouverner l’école

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/primaire/elementaire/Pages/82_DenisMeuretgouvernerl%27Ecole.aspx

La contribution de D. Meuret sur le site du CIEP

http://www.ciep.fr/ries/colloque-2009/atelier-A.php

 

Commentaires

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avijedanesh à 05/05/2020 14:28