Une nouvelle communauté vient d'être ouverte dans la cafétéria, consacré à l'offre Office pour les enseignants :
Une honte pour ce site.
L'aliénation au tout Microsoft continue, et est encouragée par l'état, et même par un site "bien sous tout rapport" commme le vôtre ??!!
Microsoft continue son prosélytisme outrancier en "offrant" à nos chers têtes blondes, par le truchement des professeurs non avertis, l'automatisme Microsoft. Bientôt on ne dira plus ordinateur, mais Windows. On ne dit déjà plus "traitement de texte", mais "Word". Et vous souhaitez en être les complices ?
Sait-on ce que cela implique, financièrement (au niveau national), déontologiquement, et même, philosophiquement ?
Je cite Richard Stallman:
"Le logiciel propriétaire laisse les utilisateurs divisés et sans aide. Son fonctionnement est secret, il est ainsi incompatible avec l'esprit-même de l'apprentissage. Apprendre aux enfants à utiliser un système propriétaire (non libre) tel que Windows ne leur rend pas le monde meilleur, car cela les place - et peut-être à jamais - sous la coupe du développeur du système. On pourrait aussi bien proposer aux enfants une drogue addictive."
L'administration, notamment, contribue donc a ce paradoxe: Microsoft France, simple filiale de Microsoft Ireland, impacte la balance commerciale déficitaire de la France pour un montant de 947 842 000 € en importation, soit 3,39% du total du solde négatif pour l'année 2006 (déficit du commerce extérieur) !
Dans le même temps l'Irlande peut recenser sur son propre territoire une entreprise avec un chiffre d'affaires de 9 469 843 000 € (oui, 9,5 milliards d'euros!), soit l'équivalent de 5,63 % de son Produit Intérieur Brut, mais cela, sans aucun impact sur l'emploi local, car l'entreprise compte seulement 1 115 employés (sic)...
Cela explique notamment pourquoi, lorsque l'Irlande est à son tour chargée de la présidence de l'UE, autant d'efforts sont fournis pour essayer de rendre le logiciel brevetable, et donc tuer les petits éditeurs et le logiciel libre.
On pourrait disserter des heures sur le phénomène Microsoft et son effet sur le Monde d'aujourd'hui. Pourquoi m'impose-t-on Windows Vista sur un ordinateur neuf, au mépris du code du commerce (vente liée), et sans aucune réaction de l'état ou de la DGCCRF. Pourquoi est-ce au client honnête de se battre, des mois (cf la rare jurisprudence existante), pour se faire rembourser quelques centaines d'euros indûment perçus puisque relatifs à des logiciels vendus de force, au mépris de la loi ? Comment un état souverain peut-il être sûr que les logiciels propriétaires, impénétrables, achetés à une société étrangère, ne sont pas truffés d'oreilles indiscrètes, alors qu'il est si facile de le vérifier dans un logiciel au code ouvert ?
Il est déjà trop tard pour un certain nombre de combats. Par exemple, le combat pour promouvoir un format de fichier texte universel, ouvert, sécurisé et non pas contrôlé par une seule société, est perdu. Aujourd'hui, si vous n'envoyez pas votre prose au format ".doc", peu de gens sauront l'ouvrir. Mais d'autres combats pour la simple liberté de choisir, et donc contre l'aliénation de tous par un seul, sont encore possibles. Mais pour cela, les nations libres, démocratiques, ont besoin de leurs enseignants, des enseignants avertis, conscients des enjeux de société consécutifs des problématiques du "trust".
Est-ce trop demander ? Les partisans du libre, et du libre choix, ne demandent pas la "mort" de Microsoft, mais seulement un retour à un juste équilibre des forces en présence. 98% du marché des ordinateurs personnels, possédés par "un seul homme" (Bill Gates ?), ce n'est pas raisonnable. Quand on mesure le pouvoir de l'informatique dans nos vies de tous les jours, cette position dominante est un danger pour la liberté de tous à l'accès à l'information, à la culture et au divertissement.
Pour toutes ces raisons et pour encore d'autres, le généreux "don" de Microsoft aux enseignants est aussi sympathique que la pomme offerte par la méchante reine à Blanche Neige. Et il n'est pas sûr qu'on puisse compter sur le Prince charmant, cette fois-ci...
Franck Lavis