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Cantine : Comment lutter contre la malbouffe ? Un problème mondial 

Par François Jarraud

 

Alors que 4% des petits français sont obèses et presque un jeune sur dix en surpoids, plusieurs rapports, en France et en Angleterre, attestent de la difficulté de l'éducation alimentaire. Ainsi en France, la moitié des cantines scolaires contourne les instructions officielles.

 

elev3.jpgD'après une étude de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), six ans après sa publication, la circulaire française du 25 juin 2001 sur la composition des repas servis en restauration reste ignorée par 49% des établissements secondaires de l'éducation nationale (et 38% des établissements agricoles).

 

L'Afssa a enquêté auprès de 1440 établissements secondaires publics. La moitié seulement ont répondu à l'enquête et donné la possibilité de suivre durant un mois la composition des menus. Pour l'Afssa, "l'application de la circulaire est à deux vitesses. Les établissements sont particulièrement sensibilisés aux contraintes de sécurité sanitaire des aliments mais montrent un intérêt plus réservé pour l'équilibre alimentaire des repas servis, l'éducation nutritionnelle et l'accueil des élèves nécessitant des régimes particuliers". C'est particulièrement vrai des établissements où la restauration a été confiée à un industriel. Comme si cela déresponsabilisait l'établissement.

 

En principe, la lutte contre l'obésité pourrait se gagner à la cantine si celle-ci appliquait les textes. Car cette enquête prend tout son intérêt quand on sait que, en France, 6 millions d'enfants (un sur deux au primaire, deux sur trois au secondaire) déjeunent au moins 3 fois par semaine à la cantine où ils consomment au total un milliard de repas par an. Pour inciter les établissements à appliquer les textes, l'Afssa recommande de créer des groupements d'achats pour les cantines, de développer des menus prêts à l'emploi et d'améliorer la formation du personnel.

 

Mais l'Angleterre donne l'exemple des limites des directives. En Angleterre, en mars 2005, le gouvernement a émis des instructions bannissant les aliments trop gras et recommandant légumes et fruits.  Selon les inspecteurs de l'Ofsted, les textes sont appliqués mais rencontrent une résistance réelle des élèves. La fréquentation des cantines a chuté de 9 à 25%. Les écoliers se plaignent des queues interminables et du coût de la nourriture. Ils préfèrent manger des chips avec leurs copains.

 

Ces exemples illustrent la difficulté pour lutter contre la malbouffe. L'exemple anglais montre que les circulaires ne suffisent pas à faire reculer le surpoids. S'il faut certainement éduquer les jeunes consommateurs, ce même exemple met en évidence le poids des habitudes alimentaires. En France, l'UFC Que choisir, la Fcpe, la Peep, l'association des diabétiques et celle des directeurs de restauration municipale ont tiré la sonnette d'alarme. Ils demandent une loi pour encadrer la publicité destinée aux enfants. Et invitent les internautes à écrire à leur député en leur proposant de le faire d'un seul clic. "Agissez afin que la publicité arrête de faire avaler n'importe quoi à nos enfants".

Rapport de l'Afssa

http://www.afssa.fr/redirect.asp?IdObj=42704&cwSID=E391D79C370[...]

Cantines d'Angleterre

http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/education/7024585.stm

Le site Obesipub

http://www.obesipub.org/

 

Malbouffe : la résistance s'organise

"Libérez le sucre à l'école secondaire Kelvin". Selon une dépêche venue d Winnipeg (Canada), c'est le nom d'une communauté virtuelle ouverte sur Facebook. Frustrés de la disparition des sucreries et des sodas, au bénéfice d'aliments plus équilibrés, les élèves ont organisé spontanément un marché noir de friandises. Parce que ,même ou surtout, en ce qui concerne l'alimentation, le règlement s'il est nécessaire n'est pas une réponse suffisante…

Dépêche

http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5iamfE3Z[...]

 

Apprendre et découvrir l'eau

Dans 4 régions françaises (le Nord, l'Alsace, l'Ile-de-France et la Lorraine) l'Institut national de la consommation (INC) et la Lyonnaise des eaux lancent une campagne de sensibilisation des écoliers à l'eau du robinet.

 

Il s'agit d'inciter les enfants à boire l'eau du robinet et ainsi lutter contre l'obésité. L'INC et la lyonnaise ont réalisé un kit pédagogique (cahier d'exercices sur Archimède, le pluviomètre etc., jeu interactif, affiche) disponible sur un site Internet. La Lyonnaise des eaux offre un robinet-fontaine gratuit aux 100 premières écoles inscrites avant le 30 septembre.

Le site Internet

http://www.conso.net/page/bases.3_education.17_decouvrir_l_eau./

 

La santé des élèves et l'école

Alors que 16% de élèves sont en surpoids, le ministère publie  un site qui fait le point sur le suivi médical, l'éducation à la sexualité, les drogues, l'alimentation à l'école.

Le site ministériel

http://www.education.gouv.fr/pid123/la-sante-des-eleves.html

Sur le Café : Le guide de rentrée 2007

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2007/r2007_[...]

 

La FAO publie un guide pédagogique d'éducation nutritionnelle

”Bien sûr, la faim et la sous-alimentation restent un problème majeur pour quelque 820 millions de personnes dans les pays en développement" affirme Peter Glasauer, expert en éducation nutritionnelle à la FAO. “Mais la mondialisation et le développement économique ont également introduit de nouveaux aliments et altéré les habitudes alimentaires et les styles de vie dans beaucoup de pays en développement. Avec l’exode rural, de moins en moins de personnes produisent leurs propres aliments et la plupart des gens dépendent entièrement des approvisionnements commerciaux. L’éducation nutritionnelle dans les écoles primaires est un moyen efficace de promouvoir une bonne nutrition”. Sur les 1,6 milliard d'êtres humains en surpoids, les deux tiers vivent dans les PVD, le plus souvent dans des pays émergents.

 

La FAO pense que "enseigner la nutrition à l’école peut contribuer à limiter les coûts des maladies liées à l'alimentation. L’éducation nutritionnelle doit être une priorité pour les gouvernements”. Aussi propose-t-elle un guide (téléchargeable) destiné aux enseignants du primaire.

 

Il se compose de deux parties. La première apporte des informations sur la nutrition et la santé. La seconde partie est nettement plus innovante. Il s'agit de fiches de travail pour l'éducation nutritionnelle. Elle montre comment faire un bilan nutritionnel local et comment toucher les familles pour monter un comité de santé scolaire. Le manuel paraît quelques jours avant la Journée mondiale de l'alimentation fixée au 16 octobre.

Communiqué

http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000673/index.html

Le Guide

http://www.fao.org/docrep/010/a0333f/a0333f00.htm

 

3 ans, 5 ans privés de cantine

Gracia (5 ans) et Beni (3 ans),scolarisés à l'école maternelle du centre, ont été interdits de cantine par le maire UMP de Digoin (Saône-et-Loire), M. Maxime Castagna.

 

M. Castagna a estimé que leur mère, congolaise, étant sans papiers Gracia et Beni ne devaient pas avoir accès à la cantine. "Contrairement à la scolarisation, la cantine n'est pas une obligation" estime-t-il.

 

Peut-on être élu de la République et affameur d'enfants en bas âge ? Il appartiendra aux habitants de Digoin de le dire. Le maire, après avoir consulté la préfecture, a levé la consigne au prétexte que la mère "dispose d'une autorisation provisoire de séjour". La maman de Gracia et Beni est enceinte d'un troisième enfant dont le père est français. Un futur électeur, M. Castagna…

Sur cette affaire

http://gauche.charolles.info/A-digoin-Beni-et-Grac[...]

 

 

Sur le site du Café
Par fjarraud , le lundi 15 octobre 2007.

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