Editorial : La jeunesse européenne : un investissement capital 

Par Monique Royer

 

Le nombre de jeunes en Europe diminue, leur contribution pour la prospérité européenne est d’autant plus nécessaire. C’est simple et mathématique : plus la population vieillit et plus on a besoin des jeunes pour faire vivre la communauté. Or partout en Europe, les plus jeunes sont confrontés à des difficultés d’insertion : réussir ses études, trouver un emploi, un logement. Ce n’est simple ni à Rome, ni à Paris encore moins en Hongrie. 17,4 % des jeunes européens sont au chômage soit près de 4,6 millions de personnes.

 

elev1.jpgDans une communication récente, la Commission Européenne plaide pour « promouvoir la pleine participation des jeunes à l’éducation, à l’emploi, à la société ». Les coûts sociaux et économiques de l’inactivité sont élevés. Un jeune en difficulté d’insertion professionnelle se projette difficilement dans l’avenir, a du mal à s’intégrer dans la société, à construire sa propre famille.

 

L’inclusion de tous les jeunes a bien entendu une importance sociale forte. C’est aussi un enjeu économique. Un jeune sur six est en décrochage scolaire alors que la moitié des nouveaux emplois créés nécessite un niveau de qualification élevée. Le développement du capital humain, en tant que facteur clé de la réussite économique de l’Union Européenne, est devenu une nécessité. Il devrait induire une politique d’investissement dans le domaine social et éducatif. De la petite enfance à l’enseignement supérieur, la commission préconise une meilleure efficacité du système, tantôt pour assurer l’inclusion sociale de tous, tantôt pour mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi.

 

Ce sont les sirènes économiques qui viennent souligner l’absurdité de restrictions budgétaires appliquées à l’éducation. Moins d’enseignants, moins de moyens, des classes surchargées, des dotations horaires réduites, des projets en manque de budget : la logique de Bercy fait fi de la notion de capital humain, pourtant libérale, et l’Europe se contorsionne entre politique de rigueur et nécessité d’investir dans sa jeunesse.

 

On a coutume de dire que ce qui est rare est cher ; la jeunesse est un bien trop précieux pour la sacrifier sur l’autel d’une gestion à court terme.

 

Monique Royer

 

L’Union Européenne veut davantage d’investissement pour sa jeunesse :

http://ec.europa.eu/news/employment/070905_1_fr.htm

La communication de la commission

http://ec.europa.eu/youth/news/doc/communication050907_fr.pdf

Les chiffres de l’emploi des jeunes en Europe :

http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?tab_id=184

Sur le site du Café
Par moniqueroyer , le lundi 15 octobre 2007.

Partenaires

Nos annonces