Weblettres publie pour revitaliser l’enseignement du français 

 

 

L’association Weblettres poursuit son passionnant travail éditorial amorcé avec l’ouvrage « Passeurs de Textes 2de » paru en 2011. Un « Guide Tice pour l’enseignement du français » est en cours de publication. Amené à devenir un ouvrage de référence, destiné à tous les enseignants quelles que soient leurs compétences, il présente et diffuse des usages variés du numérique susceptibles de favoriser une pédagogie de projet et de mettre les élèves en activité. En mai 2012, les équipes WebLettres et Le Robert feront paraître un manuel « Passeurs de Textes » pour la 1ère, mais aussi pour la 3ème ainsi qu’un cahier de préparation au Brevet. Plus de trente enseignants, regroupés au sein d'une équipe animée par Corinne Abensour et Caroline d'Atabekian, ont contribué à cette nouvelle offre innovante en collège, accompagnée d'un site proposant de nombreuses fiches d'activités TICE. De larges extraits de ces nouveautés seront disponibles en avant-première sur le site « Passeurs de textes » à partir du 2 avril.

Le guide Tice sur Weblettres :

http://www.weblettres.net/guidetice/

Le site « Passeurs de textes » :  

www.passeurs-de-textes.fr

 

 

Entretien avec Caroline d’Atakebian : Comment les Tice peuvent-elles m’aider à mieux faire passer telle notion ou à motiver mes élèves ?

L’association Weblettres, en coédition avec le CRDP de Paris, publie un Guide TICE pour le professeur de français, un livre de 256 pages avec un site compagnon. Caroline d’Atabekian, Yaël Boublil, Serge Bouchardon, Jean-Marie Bourguignon, Odile Chenevez, Céline Dunoyer, Corinne Durand Degranges, Jean-Eudes Gadenne, Delphine Regnard, Alexandra Saemmer en sont les auteurs : des enseignants de terrain pour la plupart, souvent formateurs. À travers cet ouvrage coordonné par Michel Bézard et Caroline d’Atabekian, ils partagent leurs expériences innovantes et tentent de diffuser des exemples concrets et simples, aisément transférables, d’un « bon usage »  des TICE  en lettres : un guide pratique et précieux, amené à devenir le « Grévisse » des professeurs de français du 21e siècle ?

 

Pourquoi et pour qui  ce « Guide TICE » ?

C’est un projet qui nous tenait à cœur depuis longtemps. Après des années d’expérience et d’expérimentations d’enseignement avec les TICE, nous avons voulu formaliser les bonnes idées dans ce domaine et faire le point sur les pratiques qui marchent bien, qui sont simples à mettre en œuvre et qui sont efficaces pédagogiquement. Nous l’avons fait en pensant à plusieurs publics : d’abord aux professeurs curieux, pas forcément expérimentés dans ce domaine mais désireux de découvrir ce qu’ils peuvent tirer des nouvelles technologies en classe ; mais aussi aux jeunes professeurs, stagiaires préparant le C2i2e ou néotitulaires intéressés par ces pratiques. Et nous avons bien entendu pensé à nos collègues formateurs qui pourront exploiter l’ouvrage dans leurs formations et même le diffuser largement auprès des stagiaires puisqu’il est publié sous licence Creative commons. Au-delà de ce public, il intéressera bien entendu les cadres du système et particulièrement les corps d’inspection qui y trouveront des exemples et des arguments pour défendre les TICE dans la pédagogie du français.

 

La première partie du Guide porte sur la « pratique professionnelle » de l’enseignant en général : en quoi les nouvelles technologies sont-elles selon vous en train de modifier notre métier ?

Le numérique modifie profondément notre manière d'enseigner. Mais il renouvèle aussi notre manière de travailler hors de la classe : d’abord, bien sûr, grâce à Internet. Désormais les enseignants ne sont plus isolés selon leur discipline dans les salles de profs mais discutent entre eux sur des listes et forums, échangent leur expérience et se forment entre eux. Ils ont également accès à un grand nombre de ressources en ligne, gratuites ou payantes, didactisées ou brutes. C’est une dimension nouvelle et qui s’apprend ; notre Guide TICE pour le professeur de français aiguille les collègues vers une meilleure connaissance des pratiques d’échange ou d’information sur Internet. Cela est vrai aussi dans l’établissement scolaire, où se développent également de nouvelles relations au sein de la communauté éducative avec le courrier électronique, les ENT, les logiciels de gestion des notes, de vie scolaire, le cahier de texte électronique,  les sites web d’établissements, etc. Tout cela fait partie de l’évolution du métier et nous accompagnons les collègues dans la maitrise de ces modes de communication. On fait aussi le point sur les compétences attendues des enseignants (techniques, juridiques, etc.) mais aussi des élèves, qui ne sont pas si à l’aise que le croient souvent certains face aux technologies numériques.

 

La seconde partie du Guide s’intéresse aux « usages pédagogiques » en français. Vous avez choisi délibérément de construire le guide autour des usages (comment développer des compétences en langue, lecture, écriture, oral…) plutôt qu’autour des outils (comment utiliser le TBI, l’ENT, le web…) : pourquoi ce choix vous semble-t-il important ?

C’était vraiment un choix fondamental pour nous depuis le tout début du projet. Il s’agissait de montrer quel parti on pouvait tirer des TICE dans chaque domaine de l’enseignement du français, en présentant des pratiques existantes et éprouvées. On s’adressait aussi à des gens pour qui l’entrée première est la discipline, et plus précisément une problématique disciplinaire : les TICE peuvent-elles m’aider à mieux faire passer telle notion de grammaire ? À motiver tous les élèves pour telle lecture cursive ? On est à l’opposé d’une réflexion qui consisterait à se dire : « Que vais-je bien pouvoir faire d’un TNI ? ».  On ne se demande pas ce qu’on va faire avec tel outil, mais au contraire quel outil est le plus pertinent pour aborder telle notion. C’est une somme qui manquait : on trouve beaucoup d’exemples d’usages des TICE en français sur Internet mais nulle part une telle capitalisation des meilleures activités, un panorama des pratiques selon les principaux domaines du français. Ce qui nous semble caractériser les TICE du point de vue des usages, c’est leur faculté à favoriser une pédagogie de projet et à mettre les élèves en activité.

 

Le Guide donne des exemples précis d’activités à mener avec les élèves : en guise d’illustration, pouvez-vous en citer quelques-unes qui vous semblent particulièrement intéressantes ?

Il y en a beaucoup ! Quelques activités simples au collège : réaliser une frise chronologique littéraire (imprimable, illustrée) avec un outil en ligne ; étudier le déploiement grammatical d’une phrase (avec tous les compléments possibles ou propositions) en créant une carte heuristique, retravailler un brouillon avec le traitement de texte, fabriquer des exercices interactifs de vocabulaire ou de grammaire pour ses camarades, s’enregistrer pour mettre en voix un poème et y ajouter un fond sonore…

Pour la lecture d’œuvres intégrales, on peut s’affranchir de l’habituel questionnaire de lecture ou, mieux, de la sempiternelle fiche de lecture en demandant aux élèves de réaliser une courte production numérique à partir de l’œuvre lue : bande-annonce de livre (cela se fait de plus en plus chez les éditeurs), schéma des personnages sur une carte heuristique, commentaires d’images illustrant le livre que l’élève ajoute dans un diaporama préparé, etc. Ce sont des idées simples, qui mettent les élèves en activité avec des logiciels faciles à prendre en main. Mais le guide ne s’intéresse pas qu’à la lecture et à l’écriture : une large place est faite à l’oral, à propos duquel on découvrira l’important potentiel des TICE,  et aux domaines transversaux tels que la lecture de l’image et l’histoire des arts.

 

Au lycée, on trouvera un appui pour les lectures analytiques ou l'étude de thèmes littéraires : déjouer des procédés d'argumentation à l'aide d'une carte heuristique, émettre des hypothèses sur une œuvre à partir des couvertures proposées par les différents éditeurs (et disponibles sur Internet) ; exploiter des dictionnaires électroniques pour les textes au vocabulaire recherché, faire une recherche thématique dans une œuvre intégrale numérisée... Mais on trouvera aussi des pistes pour l’éducation aux médias, la recherche d’information, la publication en ligne…

Enfin, outre ces exemples de pratiques, qui pointent toujours vers le scénario développé de l’activité en ligne, nous avons enrichi l’ouvrage d’un chapitre consacré à la littérature numérique, qui devrait intéresser les professeurs de français et dont notre Guide TICE témoigne de l’entrée récente à l’École.

 

Dans votre présentation du Guide, vous soulignez  que travailler avec les TICE « simplifie » le travail du professeur : en quoi selon vous ?

Cela aussi, c’est essentiel. Les TICE, cela peut aussi être peu utile et chronophage.  On a vite fait de s’engager dans un projet qui nous dépasse, impliquant de nombreux aller-retour et corrections en vue d’une publication, par exemple. Nous avons donc privilégié systématiquement, parmi les outils numériques, ceux qui simplifient le quotidien de l’enseignant et non pas ceux qui le compliquent. Nous avons cherché à mettre en avant des activités courtes, avec des outils simples, et nous avons prodigué de nombreux conseils (particulièrement dans la première partie de l’ouvrage) sur la manière de mettre en œuvre des séances de cours avec les TICE. De même, nous avons tenu à prendre en compte de manière réaliste les difficultés habituellement rencontrées par les collègues en termes d’équipement, de maintenance et de formation.

 

Pour terminer, un fait assez curieux : votre Guide donne des pistes pour se familiariser avec l’orthographe rectifiée alors qu’il suit pour lui-même l’orthographe traditionnelle. Étourderie ou contradiction ?

Ni l’une ni l’autre. Il s’agit d’un revirement du ministère qui a donné lieu à un épisode assez burlesque : le manuscrit respectant l’orthographe rectifiée allait partir chez l’imprimeur quand le Scérén s’est vu contraint de revenir sur ses propres préconisations datant de deux mois auparavant et de le réécrire en orthographe traditionnelle. De cette décision qui ignore superbement les textes du B.O., nous ne connaissons pas encore les raisons, lesquelles semblent avoir quelque difficulté à s’officialiser. On parle de luttes d’influence au ministère, nous en tirons pour notre part deux observations : la cause de l’orthographe rectifiée n’est pas gagnée, mais, sur ce sujet précis, chacun pense ce qu’il veut ; en revanche, la méthode employée sent le retour de la vieille garde, pour ne pas dire la fin de règne.

 

Guide TICE pour le professeur de français :

http://www.weblettres.net/guidetice/

 

 

Sur le site du Café
Par fsolliec , le lundi 19 mars 2012.
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En débat : la nouvelle orthographe
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