Catherine Dorison : comment la dyslexie est venue à l'Ecole ? 

Reuter ICEML'apparition de la dyslexie dans le champ pédagogique

Catherine Dorison
Historiquement, dans les années 50, on nomme « dyslexiques » les élèves plutôt favorisés qui n’arrivent pas à réussir leurs études, afin de chercher à expliquer leurs difficultés…


Mais d’autres chercheurs visent aussi une autre catégorie d’élèves : ceux des milieux populaires qu’on identifie comme risquant à l’époque d’être orientés vers les filières ségrégatives des « classes de perfectionnement », réglementairement créées pour les « débiles éduquables ». Pour certains pédagogues, comme Zazzo, leur permettre d’être identifés comme « dyslexiques » serait aussi permettre à ces enfants de changer d’étiquette, d’échapper aux structures de relégation ou à l’utilisation abusive des tests de mesure d’intelligence de Binet-Simon.



Les psychologues scolaires essaient de se construire des outils pour distinguer ceux des « dyslexiques » qui reléveraient du médical, et ceux qui, en « difficultés d’apprentissage », pourraient bénéficier de modifications des pratiques pédagogiques.

Enseignants spécialisés et orthophonistes : territoires contigus ?
Les orthophonistes, nés officiellement en 1964 avec le remboursement des actes par la Sécurité Sociale, reconnaissent, par la voix de Borel-Mesonny elle-même, ces deux catégories, et demandent qu’on ne leur adresse pas des élèves qui relèvent du champ de l’Ecole. Mais l’évolution de leur professionnalité, en libéral plutôt qu’à l’hôpital, modifie progressivement le type de pathologie qu’ils vont prendre en charge. Ils vont ainsi glisser vers une « rivalité de territoire » avec les enseignants, qui grandit dans les années 70, même si leur culture professionnelle n’est au départ pas si distante de celle des équipes de RASED…



Progressivement, les pédagogiques se demandent dans quelle mesure l’étiquette « dys » ne risque-t-elle pas d’être un objet qui empêche de s’intéresser de près aux difficultés sociales et scolaires dans les apprentissages. L’apparition d’associations de parents dyslexiques, comme d’autres associations d’enfants porteurs de handicap, met en scène un nouveau groupe de pression qui vise non seulement à informer les parents, mais aussi à faire lobby au ministère et devant les députés pour faire valoir leurs intérêts… Le paysage change…

Sur le site du Café
Par ppicard3 , le samedi 15 décembre 2007.

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