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Démarré : 21/01/2010 12:21 par fgiroud
Choukri Ben Ayed : "Pour une vraie égalité des chances commençons par offrir à tous les élèves des conditions de scolarisation dignes et acceptables".
(sans texte)
Choukri Ben Ayed : "Pour une vraie égalité des chances commençons par offrir à tous les élèves des conditions de scolarisation dignes et acceptables".
Modifié : 06/09/2010 12:25 par fgiroud



De : fgiroud
Publié : jeudi 21 janvier 2010 12:21
Objet : Choukri Ben Ayed : "Pour une vraie égalité des chances commençons par offrir à tous les élèves des conditions de scolarisation dignes et acceptables".

Il manque aux sociologues travaillant sur le thème de la ségrégation scolaire une attention à la ségrégation liée au handicap - et cette dernière notion constitue un objet dans l'objet, tant elle est une notion naturalisée et à ce titre nécessairement questionnable. Je trouve dommageable la focalisation des travaux (et de ce numéro d'ARSS) sur la seule ségrégation sociale (en fait, une entrée par la question du handicap, qui questionne aussi beaucoup de politiques actuelles, débouche aussi sur la ségrégation sociale dans le sens où une large partie des territoires du handicap - les "troubles" divers, les dys-, les limites floues et mouvantes de la "débilité" (confère Gateaux-Mennecier sur ce thème), etc. - sont marqués par une prévalence d'enfants issus des "catégories populaires", et ne relèvent en fait souvent d'aucune déficience, mais de "non conformité" à la fois scolaire et sociale. Ces enfants sont sur-représentés dans les CLIS, normalement créés spécifiquement pour le handicap (et divisé en 4 formes), mais dans les faits accueillant également beaucoup d'enfants qui sont juste en dehors du périmètre du "moyen et bien portant" scolaire, et qui posent trop de problèmes aux enseignants et au fonctionnement des établissements basé sur le "cursus-type" (= enseignement simultané et par classe d'âge, ce qui est un produit historique également naturalisé). Par ailleurs, pour les enfants qui présentent une déficience (motrice, sensorielle, mentale), une chose est à constater : aucune génération ayant fréquenté l'école républicaine n'a grandi à leur côté : on a là une véritable forme de pure ségrégation, naturalisée aussi chez les sociologues, reconnaissons-le, qui ne sont pas vraiment prompts à questionner cet aspect-là de l'ordre scolaire. "Pure" ségrégation car systématisée (les instituts pour l'éducation des jeunes sourds et aveugles ne dépendent toujours pas de l'éducation nationale, les institutions spécialisés - confère travaux de Muel-Dreyfus, anciens mais toujours opérants - sont financés par la sécurité sociale...), et ce malgré les classes spécialisées (classes de perf, clad, clis, upi puis ulis, etc.) Et aujourd'hui, l'inclusion. notion qui est un objet d'étude assez fabuleux puisqu'elle subsume le scolaire et le social (l'europe promeut "l'inclusion sociale" en lieu et place des insertions et intégration, et met en avant des processus "d'inclusion active") et qu'elle contient un monde et une vision du monde qui est redevable d'une idéologie individualiste où chaque "acteur" est réduit à sa capacité strictement individuel dans une négation ou plutôt une invisibilité quasi totale des logiques sociales. L'inclusion dans son versant scolaire est par ailleurs le lieu, au niveau académique, de travaux tout à fait intéressants. En son nom s'opère actuellement des réformes qui transforment très profondément l'école, sans que vraiment l'ensemble de la profession ne s'en soit encore rendu compte - de mon point de vue. Bref, j'écris trop, mais je réitère : je regrette cette centration d'ARSS sur les seuls phénomènes ségrégatifs scolaires dans leur seul versant social : quid du handicap (les positions sociales des déficiences sont par ailleurs un objet également tout à fait intéressant, intérêt qui redouble dans une mise en relation avec les politiques publiques en la matière.)

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