A l’école citoyenne 

Par Monique Royer

 

Issa Sam est le directeur d’une école élémentaire dans la région de Saint Louis du Sénégal. Nous l’avons rencontré dans les allées du Salon de l’Education. Il nous a parlé de son école, de son association, Cauris Education, et de sa recherche de partenariats avec des écoles françaises.

 

 

 

 

Votre école semble importante pour vous. Pouvez vous nous en dire quelques mots

Issa Sam : elle se situe dans un village de 1000 habitants qui s’appelle Toucouleur Djidjieri à côté de Richard Toll. Les habitants sont à majorité Peuhl mais on y rencontre aussi des wolofs et des maures. Elle a été créée en 1994, avec une seule classe, construite par l’association des parents d’lèves. Aujourd’hui nous avons trois classes pour 89 élèves et trois maîtres craie en main plus  un Directeur déchargé.

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A côté de l’enseignement, votre école possède un rôle d’éducation des citoyens, en particulier pour l’insertion des filles. Quels types d’actions menez vous dans ce sens ?

Issa Sam : j’aimerais d’abord indiquer que dans l’école élémentaire de Toucouleur Djiedjiéri, nous comptons 53 filles pour 36 garçons ce qui montre que la bataille de l’envoi des filles est en passe d’être gagnée. Il faut maintenant veiller à les maintenir à l’école. C’est pourquoi nous avons demandé aux parents de signer une déclaration pour ne plus les sortir de l’école afin de les donner en mariage, ce  qu’ils ont accepté du reste. Les mariages précoces sont en effet encore trop fréquents dans notre région. Mais ce n’est pas la seule raison qui pousse les parents à faire sortir les filles de l’école avant la fin de leur scolarité. Les problèmes financiers et matériels y sont pour beaucoup. Nous souhaitons donc mettre en place une cantine scolaire, avoir plus de matériels et fournitures scolaires pour les mettre à la disposition des élèves et organiser un octroi de bourses pour les filles méritantes. Malheureusement,  tout cela, nous ne pouvons le mettre en place seuls.

 

                                 

 

 Quels sont les partenariats dont vous auriez besoin?

Issa Sam : nous aimerions travailler avec des associations ou des écoles françaises, pour faire en commun des chantiers d’aménagement de l’école, pour la création de sanitaires, la réhabilitation de salles de classes, la réalisation d’un Jardin Pédagogique, la poursuite de notre reboisement scolaire, d’un mur de clôture, le projet de formation des enseignants dans les TIC et autres, de mise en œuvre d’un plateau sportif et de trousseau sanitaire, de création d’un camp d’hébergement….

Ce sont plutôt des aides concrètes dont nous avons besoin. Elles permettraient une rencontre entre jeunes français et sénégalais dans le cadre de chantiers de jeunes pour mieux se connaître en construisant quelque chose ensemble pour le mieux être de nos communautés respectives .

Aujourd’hui, nous avons aussi besoin de matériel. Par exemple, il nous manque un ordinateur pour pouvoir nous connecter à Internet.

                                

Pouvez-vous nous présenter l’association Cauris Education. Quels sont ses objectifs, ses réalisations.

Issa Sam : L’association Cauris Education créée en 2002 était une section de l’association CAURIS (Cellule d’Appui aux Relations Inter culturelles du Sénégal) dont le Président est un ressortissant Français, qui devait s’occuper du développement de l’éducation au Sénégal.

Etablissant ainsi un partenariat fort avec la Ligue Française de l’Enseignement qui, depuis lors nous appuie dans le fonctionnement de notre structure et dans la mise en œuvre de toutes les innovations et actions qui permettent de développer l’accès pour tous à l’éducation ,la qualité des apprentissages à l’école et la gestion décentralisée de l’éducation .

Cette association ayant pris en essor considérable, était obligée de sortir de son statut de Section pour se muer en association de droit public  sénégalais dotée d’une reconnaissance juridique. Elle porte aujourd’hui  le nom de Réseau des Enseignants  pour le Développement de l’Education et de la Culture ( REDEC ). Cette nouvelle association qui a fini de se créer poursuit les mêmes objectifs que la première tout en s’adossant sur les valeurs et positions définies par la Ligue Internationale . C’est ainsi que dans son préambule le REDEC proclame : « Réunir des membres conscients que la laïcité demeure une valeur de civilisation universelle qui implique une lutte constante contre les injustices et pour la dignité de chaque individu car étant aussi un outil fondamental de mieux vivre ensemble »

Notre réseau a pour but :

- de promouvoir une école publique de qualité tout en développant des liens avec l’éducation non formelle et la culture populaire

- d’affirmer un partenariat actif avec les institutions de l’éducation tout en conservant sa liberté de pensée et d’action.

- de développer un réseau d’éducateurs et de citoyens engagés à travers la charte de l’association

-de créer un lieu de débat et de mutualisation Sud – Sud, Nord – Sud pour la promotion de services collectifs, de cadres d’échange et de partenariats d’action. Nous réalisons des projets dans tous les domaines du secteur éducatif avec l’appui considérable de notre partenaire privilégié qu’est la Ligue Française de l’Enseignement (Formation des enseignants dans les régions de Saint – Louis, Matam et Dakar, réalisation de chantiers de jeunes pour une pédagogie de la rupture et d’autres chantiers de construction dans le cadre de la Quinzaine de l’Ecole Publique (Pas d’école, Pas d’avenir), d’équipements des écoles, de dotation de fournitures et autres

Notre association sert aussi d’interface entre les populations locales et d’autres associations partenaires. Nous sommes environ 175 membres répartis entre trois régions du Sénégal ( Dakar , Saint Louis et Matam )

Pour contacter l’école élémentaire de Toucouleur Djidjieri : BP 140 RICHARD TOLL SENEGAL    TEL : 221 77 545 37 98  Fax : 221 33 964 22 11

L’adresse électronique d’Issa Sam : samcauris@yahoo.fr

 

Par moniqueroyer , le mercredi 19 décembre 2007.
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