Présidentielle : L'Ecole au centre du duel 

Par François Jarraud



Sarkozy : Plus qu’un programme, une stratégie qui oppose enseignants et familles sur l’Ecole


« L’Ecole appartient d’abord à toutes les familles de France ». Dans son discours sur l’éducation à Montpellier le 28 février, Nicolas Sarkozy a d’emblée opposé enseignants et familles. Un discours très politique où l’on remarquera un grand absent et finalement cinq propositions.


Tout au long de son discours, Nicolas Sarkozy a multiplié les attaques politiques contre son principal adversaire, contre les syndicats, dénonçant à plusieurs reprises le corporatisme. Il a mis en avant les valeurs « républicaines », leur donnant des définitions très personnelles (« l’école de la République c’est l’école de l’autorité » par exemple). Il a dénoncé « l’erreur du  pédagogisme » et décrit une école qui a sombré dans la facilité. « On a eu tort d’abaisser l’autorité du professeur, de faire croire à l’enfant qu’il était l’égal du professeur » a-t-il affirmé. Il a jugé qu’Internet aggrave cette crise de l’autorité et n’a émis que des jugements négatifs à son endroit.


« Pendant les 5 années qui viennent c’est à l’école que je veux donner la priorité » a-t-il promis. Il la définit avec 4 objectifs. Le premier concerne l’augmentation du temps de travail des enseignants. « Nos enseignants sont mal payés parce qu’ils sont trop nombreux » a-t-il déclaré. Il propose aux enseignants volontaires de travailler 26 heures de cours (au lieu de 18) pour une augmentation de 25%. Le candidat UMP souhaite également augmenter l’autonomie des établissements scolaires en leur donnant la possibilité de recruter directement les enseignants et en variant les rémunérations. N Sarkozy s’est fait aussi l’apôtre de la sélection précoce. Jugeant que le collège unique a échoué, il souhaite des classes de niveau et une sélection à la fin de la 5ème, « le socle étant acquis » à ce moment là… Enfin il veut également s’attaquer au bac pour en relever le niveau.


Les impasses. Au bout d’une heure de discours, le président de la République avait fait l’impasse sur des points importants. La question des rythmes scolaires n’a pas été évoquée dans son discours. Plus surprenant encore, à aucun moment l’enseignement primaire n’est apparu dans le discours alors même qu’il se propose de lutter contre l’échec scolaire.


Le bilan. N Sarkozy a consacré la moitié du discours a dresser un bilan positif de son action ce qui l’a amené à des contradictions. Il a dressé un tableau très sombre de l’Ecole tout en affirmant que les évaluations nationales montraient des progrès et en vantant le soutien scolaire mis en place. Ces incohérences et ces insuffisances seront-elles détectées par les électeurs ? Il semble que N Sarkozy ait fait le deuil de l’électorat enseignant, qu’un récent sondage du Monde  donnait comme très hostile à ses idées et utilise le vieil argument « enseignant fainéant ». Peut-on gagner une élection en mettant le débat à ce niveau ?



Les réactions au discours de Montpellier

Surprenant pour les uns, agressif pour les autres, le discours de Nicolas Sarkozy sur l’éducation froisse les acteurs de l’Ecole. A commencer par les parents.


 « Sarkozy n’écoute pas les parents », a déclaré au Café  Jean-Jacques Hazan, président de la Fcpe, première association de parents d’élèves. « Les familles ne sont pas demandeuses de davantage de compétition, de notes, de pression sur les enfants, comme N Sarkozy le souhaite. Elles voient bien ce que ça donne comme résultats ». Pour lui, les propositions du candidat d el’UMP « nous ramènent 30 ans en arrière ».


 « Le bilan de N Sarkozy en matière scolaire est désastreux », nous a confié Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen Cfdt. « En particulier au primaire avec la semaine de 4 jours, des programmes rétrogrades, un discours dévalorisant les enseignants.  Or il n’y a aucune analyse de cet échec ». T Cadart dénonce « l’agressivité frappante » du discours du président, « la vision pas cohérente » de quelqu’un qui parle d’accompagner les élèves mais aussi de sélection. Il juge le discours « dangereux ». « On est dans l’idée que les enseignants ne travaillent pas et qu’il va falloir les mettre au travail. Est-ce ainsi qu’on transforme quelque chose d’aussi complexe que l’éducation nationale ? N Sarkozy est dans une logique de fuite en avant devant les résultats qui se dégradent ».


 « Il refait le coup de 2007 sur la reconnaissance du métier. Mais les enseignants savent à quoi s’en tenir : 5 ans plus tard les 3 quarts n’ont aucune revalorisation », nous a expliqué Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp. Mais ce qui le frappe en premier c’est l’impasse sur le primaire. « L’école primaire, qui est considérée comme une priorité dans plusieurs projets, a été totalement oubliée par N Sarkozy. Veut-il faire oublier unbilan désastreux ? ». « J’ai le sentiment qu’il tente de jouer les familles contre les professeurs », ajoute-il. « Or depuis plusieurs semaines les familles sont aux cotés des enseignants pour défendre les postes » remarque-t-il. « N Sarkozy mélange valeurs républicaines et libérales en parlant d’autonomie des établissements, d’émulation par la compétition, de l’entre soi avec l’orientation précoce ».


 « Je suis désagréablement surpris », nous confie Vincent Peillon, chargé de l’éducation auprès de F Hollande. « C’est un discours désolant et très agressif.  N Sarkozy parle des internats d’excellence (0,02% des élèves), des ERS (100 élèves !) mais il ne dit rien sur les lycées professionnels, rien sur la maternelle, rien sur l’élémentaire, là où tout se joue, rien sur la formation des enseignants. Quelle méconnaissance profonde des priorités du système ! ».  A propos des enseignants, il regrette « une stigmatisation des professeurs » et l’incohérence entre « augmenter les adultes dans les établissements avec les 26 heures de cours et supprimer 80 000 emplois ». « Alors qu’il faudrait regrouper toute la société autour de l’Ecole, il joue les familles contre les enseignants », relève encore V Peillon. N Sarkozy n’a-t-il pas raison de vouloirs faire évoluer le statut des enseignants ? « Il faut réfléchir au métier d’enseignant », nous a répondu V Peillon. « Mais si la conséquence c’est une attaque directe sur le statut c’est bloquer toute évolution ».


Pour François Cocq, responsable des questions d'éducation au Front de Gauche , interrogé par le Café, le discours de N. Sarkozy exprime clairement le choix de l'individualisme contre la responsabilité collectivement assumée de la réussite de tous les élèves. Élèves et familles devraient être seuls responsables des parcours individualisés, au mépris des principes d'égalité et de solidarité « pourtant toujours inscrits aux frontispices des écoles publiques ! » s'insurge F. Cocq. Cette école de la République qui ne doit pas être égalitariste mais fondée sur la promotion de l'excellence, d'après le candidat Sarkozy, marque « une rupture profonde avec les marqueurs républicains auxquels nous croyons au Front de Gauche, et qui sont ceux de notre programme ». « Visiblement », ajoute F Cocq, «  Nicolas Sarkozy ne connait pas les chiffres et ne connait pas ses  dossiers. Il affirme que « si le problème était le nombre d'enseignants, nous devrions avoir la meilleure école du monde », alors qu'une note récente du Centre d'analyse stratégique, rattaché à Matignon, fait état du faible nombre de professeurs par élèves en France, qui la classe dernière de l'OCDE. Il est surréaliste d'entendre justifier ainsi la saignée qu'il a exercé et qu'il compte poursuivre. Dire ainsi que les « enseignants sont mal payés parce qu'ils sont trop nombreux », c'est ériger en vérité absolue ce qui n'est qu'un dogme – le sien. Nous proposons au contraire de restaurer tous les postes supprimés depuis 2007. »



Apprentissage en bac pro : "Inattendue", "Inadaptée", "Invraisemblable" : La mesure Sarkozy désapprouvée 

Qui souscrit à l'annonce de transformer la dernière année de bac professionnel en apprentissage ? La proposition de Nicolas Sarkozy est rejetée par les acteurs de l'Ecole, toutes catégories confondues. Elle inquiète fortement certains. Serait-elle bassement électoraliste ?


Il y a quelques mois N Sarkozy recevait les lauréats des Olympiades des métiers - Photo CP S'exprimant le 22 février sur France 2, Nicolas Sarkozy a proposé que la troisième année de bac professionnel se fasse "systématiquement en apprentissage dans l'entreprise". Pour lui cela permettrait d'insérer 250 000 jeunes en entreprise. Même si certains déclarent cette mesure "inattendue", il faut rappeler que le président de la République avait déjà fait presque la même proposition le 29 janvier. Ce jour-là il avait dit : "Toute formation professionnelle, y compris celles délivrées par les lycées professionnels, doit aller vers l'alternance". Les deux propos montrent à la fois une certaine confusion entre alternance et apprentissage et une volonté délibérée de remettre en question l'enseignement professionnel.


Cette mesure est-elle à même de réduire le chômage des jeunes ?


 "On va encore enlever une année de formation pour montrer que l'insertion est plus facile sans diplôme", ironise Jean-Jacques Hazan, président de la Fcpe. Les statistiques montrent qu'il y a un lien entre le niveau de diplôme et la rapidité de l'insertion professionnelle. "Toutes les enquêtes récentes montrent que le sur-chômage des jeunes n'affecte pas ou peu les sortants diplômés de l'enseignement supérieur et les bacheliers technologiques et professionnels industriels, apprentis ou non", rappelle le Se-Unsa. Plus que le mode d'accès dans l'entreprise c'est le diplôme qui en France fait l'embauche. Une étude du Céreq a montré en 2007 cette inadaptation de l'apprentissage à aider les jeunes peu qualifiés à entrer en emploi. "Derrière une idée simple, l’apprentissage se compose en fait d’espaces divers… dont le plus dynamique actuellement n’est peut-être pas le mieux à même de répondre au principal enjeu des politiques de l’emploi : réduire le chômage des jeunes", affirmait-elle déjà. Depuis les entreprises ont encore réduit leur offre. Une autre étude, en 2011, a mis en évidence que le diplôme est un facteur d'insertion bien plus puissant que l'apprentissage.


Est-ce même faisable ?


"Je suis sceptique sur la généralisation systématique", nous confie Patrick Guès, responsable de la communication des Maisons familiales rurales, des structures qui ont des classes agricoles en pré-apprentissage. P Guès est favorable à l'alternance et au pré-apprentissage qu'il voudrait voir étendre aux secondes professionnelles. Pour lui, "croire que tous les apprentissages doivent obligatoirement se faire entre les murs d'une classe n'a pas de sens. Notre expérience prouve que le savoir ne s'acquiert pas qu'à travers le professeur". Pour autant, il déplore cette confusion entre alternance et apprentissage et ne croit pas la mesure Sarkozy possible. "On n'a pas la même culture que l'Allemagne", précise-t-il. Même perplexité à la Peep. Valérie Marty, la présidente de l'association de parents d'élèves, ne voit pas pourquoi ce serait systématique "alors que les bacs professionnels sont si différents. Cela présuppose que les entreprises aient la capacité d'accueillir tous ces jeunes. Je ne comprends pas le sens de cette mesure", nous confie-t-elle. "L'expérience de l'entreprise est importante pour les jeunes. Les stages sont une bonne chose", souligne Henriette Zoughebi, vice-présidente de la région Ile-de-France en charge des lycées. "Mais les patrons ne veulent pas d'apprentis trop jeunes. Ils cherchent des qualifications élevées. C'est aussi une question de loi du marché". De fait si l'apprentissage se développe rapidement c'est au niveau post-bac. Le nombre de contrats d'apprentissage est très loin d'atteindre les objectifs gouvernementaux et spécialement pour les bas niveaux de qualification. "L'apprentissage est lié au marché de l'emploi et de l'économie", explique Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen Cfdt. "Augmenter de 250 000 le nombre d'apprentis est irréaliste économiquement. Les contrats d'apprentissage en si grand nombre absorberaient une partie supplémentaire de l'activité, bloquant ainsi l'accès à l'emploi pour les jeunes diplômés".


Une mesure préparée par la loi Charpion.


Pourtant, en juillet 2011, le gouvernement a changé les règles du jeu avec la loi Charpion. Elle pallie le refus des entreprises d'embaucher des apprentis en relevant le taux obligatoire d'apprentis de 3 à 4%. Elle invente aussi l'apprentissage sans entreprise en permettant d'entrer en formation d'apprentissage sans contrat avec une entreprise, le jeune étant considéré stagiaire pendant un an.


Une mesure discriminatoire ?


 "Autant le choix entre lycée professionnel et alternance peut se poser pour certains jeunes, autant la systématisation est inquiétante", nous confie Henriette Zoughebi. "Aujourd'hui on a des difficultés à trouver des stages pour des jeunes qui veulent entrer en apprentissage pour bénéficier d'une rémunération mais qui ne sont pas pris par l'entreprise en raison de discrimination sur leur nom, leur adresse, leur faciès ou leur sexe". Ainsi 600 jeunes auraient vu leur diplôme professionnel validé dans l'académie de Créteil alors qu'ils n'ont pas trouvé de stage. "La formation professionnelle scolaire par contre est une garantie pour tous les jeunes de pouvoir se former et c'est très important. On a besoin de jeunes titulaires d'un bac pro ou d'un BTS mais que leur diplôme ne dépende pas du bon vouloir d'un patron. On est là sur une question de fond. La proposition de Nicolas Sarkozy aggraverait la situation de ces jeunes. Elle est scandaleuse", souligne H Zoughebi.


La destruction de l'enseignement professionnel ?


"Le président veut tuer l'enseignement professionnel" nous a confié Christian Lage, secrétaire général du Snetaa, le premier syndicat de l'enseignement professionnel. "C'est une vraie agression contre l'école et on est vent debout contre cette mesure". L'enseignement professionnel perd 3500 postes à la prochaine rentrée. La mesure pronée par le candidat Sarkozy effacerait encore des milliers d'emplois. "Je suis très remonté sur le fait que le gouvernement s'acharne sur l'enseignement professionnel", nous dit Jérome Dammerey, secrétaire général du Snuep, le syndicat FSU de l'enseignement professionnel. "Un peu partout le gouvernement ferme des filières en lycée professionnel pour les passer en CFA". Il cite un exemple. Dans la propre ville de Luc Chatel, Chaumont, le recteur a décidé de fermer un CAP peintre carrossier. Les jeunes sont obligés de s'inscrire en CFA et de trouver un patron pour poursuivre cette formation. H Zoughebi nous a confirmé cette politique. "Jusque là on a refusé l'ouverture de BTS en apprentissage quand ils remplaçaient des formations sous statut scolaire comme cela nous a été proposé dans l'académie de Versailles. La région fait attention à ce que l'on ne mette pas en concurrence les deux voies de formation". D'autant que la région investit dans les lycées professionnels et n'apprécie pas de voir ses efforts annulés d'un trait de plume.


Quelle finalité ?


"C'est une mesure invraisemblable. C'est énorme. C'est une vraie transformation de la formation professionnelle qui s'opérerait", estime H Zoughebi. "Et c'est une rupture d'égalité entre les jeunes qui se ferait aux dépens des plus faibles" Pour les acteurs de l'Ecole, la proposition Sarkozy est au mieux inutile au pire quasi criminelle. S'il est certain qu'elle trouvera très peu d'écho chez les acteurs de l'école, pourquoi la porter devant les caméras de télévision ? Pour les syndicats d'enseignants, le motif principal de N Sarkozy semble être de récupérer encore des postes. "C'est une mesure orchestrée par la RGPP pour tuer l'enseignement professionnel et récupérer des postes", nous a dit C Lage. Peut-être sous-estiment-ils la dimension idéologique de cette proposition. Passer l'enseignement professionnel aux entreprises, c'est ce que réclament certains cercles patronaux proches des Chambres de commerce. Pour eux, il s'agit d'en finir avec l'enseignement public. Le moment pourrait être venu en 2012.


François Jarraud


Sarkozy : Menace sur l'enseignement professionnel

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012[...]



Devant la FCPE, l'école de Mélenchon a du mal à rejoindre celle de Hollande


"Jamais dans une élection il n'y a eu deux conceptions aussi différentes de l'école". Devant les parents de la FCPE, à Paris, le samedi 17 mars, le candidat socialiste visait à opposer son projet d'école "de la réussite et de l'émancipation" à celui de Nicolas Sarkozy, "l'école de la sélection et du tri". Mais ce qu'ont vu surtout les participants c'est la différence entre les deux candidats de gauche aussi bien dans le style que dans la forme. On retiendra enfin l'engagement de F Hollande de matérialiser un statut des délégués de parents d'élèves et de rééquilibrer les rythmes scolaires.


Samedi 17 mars, la première association de parents d'élèves a invité les candidats à la présidence  à débattre devant elle. Tous ne sont pas venus. La FCPE se refuse à inviter M. Le Pen. Les autres candidats de droite se sont faits représenter par des envoyés qui ont plutôt parlé pour eux-mêmes : C Goasguen pour le candidat UMP et Jacqueline Gourault pour F. Bayrou. Eva Joly a dominé la matinée avec une promesse de 20 000 embauches pour le système éducatif et l'idée d'une grande école commune de 6 à 16 ans.


Les interventions de François Hollande et Jean-Luc Mélenchon restent le point fort de la journée. Dans cette assemblée plutôt orientée à gauche, les deux hommes ont dû répondre aux questions de la FCPE et présenter rapidement leur programme. Or à l'évidence beaucoup de choses opposent les deux candidats. A la prudence et la modération de F Hollande répond la fougue du tribun Mélenchon. Au programme détaillé et pesé à la virgule près du candidat socialiste s'opposent les coups de coeur et les à-peu-près du candidat Front de gauche. 



François Hollande : réforme des rythmes scolaires et statut pour les parents


On n'attend pas F. Hollande sur des mots mais sur ses engagements. Quand il s'exprime, il a une arme : son humour. Et un handicap : chaque mot engage le candidat et chaque formule est pesée soigneusement, ce qui ne facilite pas l'élan. Justement, F Hollande est venu pour rappeler son programme mais aussi pour faire des annonces.


La première annonce va droit au coeur de la FCPE. L'association de parents d'élèves se bat depuis des années pour un statut de parents d'élèves. F Hollande ne promet pas un statut mais des réponses. Les parents délégués bénéficieront d'autorisation d'absence pour assister aux conseils de classe. "Ce décret sera pris" promet F Hollande. Progressivement un dispositif de compensation pour payer le temps d'absence sera mis en place.


La seconde pose plus de problèmes. F Hollande a promis le retour à 4,5 jours de classe par semaine au primaire à la place de la désastreuse semaine de 4 jours imaginée par X. Darcos. Il souhaite aussi réduire les congés d'été. "C'est en France que la scolarité dans l'année est la plus courte et les heures de la journée les plus longues", déclare-t-il.


"Les moyens supplémentaires ne serviront pas à refaire ce qui a été défait", explique F Hollande, "mais à changer l'Ecole".  Il revient sur l'augmentation de moyens pour l'éducation : 60 000 postes. "Vous avez vu ce que cela m'a valu", rappelle-t-il en faisant allusion au débat sur le coût de cet engagement. Une partie de ces emplois sera fléchée vers la maternelle. F Hollande promet que tout enfant de 3 ans pourra aller en maternelle si ses parents le souhaitent. Il ne veut donc pas de scolarisation obligatoire. Une loi de programmation et d'orientation sera proposée au Parlement. Le candidat socialiste veut aussi revenir sur la très récente circulaire d'application de la loi Carle. "Une commune qui a une solution publique de scolarisation ne doit pas payer pour un élève scolarisé dans le privé dans une autre commune". Enfin F Hollande a souligné la nécessité de la gratuité des outils numériques : "l'équipement numérique doit être apporté aux élèves", ce qui passe par une péréquation des moyens entre les collectivités territoriales.


Mélenchon : Flottement pédagogique et laïcité


"Les bienfaits de la loi de 1905 doivent être étendus à tout le territoire", promet Jean-Luc Mélenchon, visant le statut particulier de l'Alsace-Lorraine. L'autre phrase forte du candidat concerne l'enseignement privé. "La droite veut la privatisation de l'Ecole", estime JL Mélenchon. "Moi je suis pour le monopole". Devant la salle il fait revivre la perspective de la nationalisation du privé, estimant que c'est un combat où il aurait besoin d'être soutenu. Il se présente aussi comme favorable au rétablissement de la carte scolaire et hostile à la marchandisation de l'éducation.


Fermer les boîtes à bac. JL Mélenchon rappelle tout ce que Bourdieu lui a apporté. "A l'école le tri est fait dès la grille", explique-t-il. "Comme ministre de l'enseignement professionnel (de 2000 à 2002) j'ai découvert le mépris de classe pour les milieux populaires". Il prend l'engagement de fermer les entreprises privées de soutien scolaire et de supprimer l'avantage fiscal pour leurs services.


Un certain flou pédagogique. "Je vous invite à vous méfier d'un président de la République qui vous dirait ce qu'il faut faire dans les classes" , annonce d'emblée JL Mélenchon. Aux questions de la FCPE sur le collège unique et les méthodes pédagogiques il ne s'engage pas.  "Dans le collège unique il n'y a que le bâtiment  qui est unique", précise-t-il. Est-il contre le collège unique ? Il estime qu'il ne correspond pas à l'idéal "que nous avions". Si l'orientation précoce est fustigée comme imaginée par "des gens parfumés", JL Mélenchon défend les 4ème et 3ème technologiques. Même flou sur les méthodes pédagogiques. Il met en débat la méthode hypothético-déductive et l'inductive, pour préciser que celle-ci doit trouver sa place à l'école. Mais peu importent les imprécisions. Le talent d'orateur du candidat Front de Gauche fait revivre 1981 ou 1936.




François Jarraud


Le site spécial de la FCPE

http://www.interpellation2012.fcpe-asso.fr/



Le Plan Hollande de lutte contre l'échec dans le supérieur

Dans son discours de Nancy sur l'enseignement supérieur et la recherche, le 5 mars, François Hollande annonce plusieurs mesures qui concernent aussi l'enseignement scolaire.


Le candidat socialiste a dressé un tableau de l'enseignement supérieur bien différent du bilan effectué par N Sarkozy. Selon lui la dotation des universités a évolué moins vite que l'inflation, les mettant dans des difficultés immédiates alors que l'appel à des partenariats privé - public pour l'immobilier grève l'avenir. Enfin l'échec dans le premier cycle universitaire reste massif.


Des postes d'agrégés. F Hollande décrète "la mobilisation générale pour les premiers cycles universitaires". Pour lutter contre l'échec,  il affectera 5 000 des 60 000 postes prévus pour l'éducation dans les premiers cycles universitaires. " J'ouvrirai une réflexion et une concertation sur le statut des Professeurs agrégés du supérieur", annonce-t-il.


F Hollande veut également revoir l'orientation en créant un "service public territorialisé de l'orientation" unifié du secondaire au supérieur. Il propose de renforcer les bureaux d'insertion professionnelle des universités et d'offrir à tout étudiant " une expérience dans le monde du travail à l'intérieur de son cursus de licence". Enfin l'accès aux BTS et, c'est nouveau, aux IUT sera plus aisé pour les bacheliers technologiques et professionnels qui auront des places réservées.

Le discours

http://francoishollande.fr/actualites/discours-de-francois-hollande-a-nancy/


Des hauts fonctionnaires appellent à voter Hollande

Après l'ancien conseiller éducation de N Sarkozy, des hauts fonctionnaires de la rue de Grenelle appellent à voter Hollande. Ils expliquent leur choix dans une tribune de Libération. "On a cherché dernièrement à rassurer les familles en affirmant que l'échec scolaire reculait! Le ministre actuel est même allé jusqu'à dire que, malgré la diminution du nombre des enseignants, les résultats scolaires s'amélioraient. On souhaiterait évidemment que cela fût vrai. Malheureusement, les évaluations internationales montrent de façon convergente que la place de la France se dégrade et que le nombre de nos élèves en difficulté augmente. Quant aux évaluations nationales en CE1 et en CM2, elles font l'objet de sévères critiques de la part du Haut Conseil de l'Education".

Dans Libération

http://www.liberation.fr/politiques/01012396701-ed[...]



La FSU affirme ses attentes auprès des candidats


La FSU prendra officiellement contact avec les candidats "républicains" aux élections présidentielles dès que les candidatures seront officiellement enregistrées. Mais le 7 mars elle réunissait la presse pour fixer ses attentes et partager ses analyses.


"Dislocation des solidarités, destruction du service public", le bilan du quinquennat de N. Sarkozy est pour Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, très négatif. Autour d'elle, le 7 mars, dix des 24 syndicats de la FSU. Ils rappellent que la FSU n'est pas qu'une fédération enseignante mais qu'elle est aussi très présente dans d'autres ministères, comme la Justice ou le Travail. Aussi les revendications vont plus loin que l'enseignement.


Regarder du coté des recettes


Soulignant "qu'il n'y a pas de trêve syndicale", la FSU entend "ne pas faire de politique mais faire entendre la voix des professionnels" aux hommes politiques. "On ne se laissera pas enfermer dans le débat du chiffrage des réformes", affirme d'emblée B. Groison. Elle note que la politique d'austérité a dégradé le service public sans rien apporter. "Il y a une énorme contradiction" entre l'évolution de la société et celle des services publics. Par exemple elle relève que le vieillissement de la population nécessite la création d'un service public d'aide aux personnes qui n'existe pas. Autre exemple, les suppressions de postes d'enseignants ont été accompagnées d'une dégradation du niveau éducatif ce qui aura des conséquences à long terme. "Il faut abandonner la RGPP" demande la Fsu. Pour elle, "il faut aller chercher des recettes nouvelles", par exemple du coté des niches fiscales, plutôt que réduire les dépenses. Il faut considérer les services publics comme des investissements. La Fsu n'abandonne pas l'idée de la retraite à 60 ans à taux plein. Elle demande aussi un bilan de la décentralisation avant de l'approfondir. "On demande une péréquation entre les collectivités territoriales", ajoute B Groison.


Agir dans la classe


Pour la FSU, il faut "agir dans la classe" en travaillant sur les pratiques pédagogiques de façon a permettre la prise en charge de tous les élèves. Elle demande également une réforme de la formation des enseignants.  "Il faut rendre à nouveau les métiers des services publics attractifs". Cela passe par le relèvement des grilles indiciaires mais aussi une amélioration des conditions de travail dans la fonction publique en général. ""On veut les moyens de faire notre travail correctement", explique B Groison. La souffrance au travail est très forte dans certains services , par exemple à Pôle emploi qui connaît une épidémie de suicides.


Les fermetures de classe


S. Sihr, secrétaire général du Snuipp, maintient le nombre de 1407 classes fermées malgré les promesses présidentielles à la rentrée. "Le ministre dit qu'il y aura des mesures d'ajustement à la rentrée. Il y en a tous les ans. Ca porte sur 4 ou 5 postes par département. On est loin du compte". Pour lui il faut un réexamen des décisions et l'arrêt de la règle du non remplacement d'un enseignant sur deux dès maintenant et non en 2013.


A travers ses revendications, la Fsu entend peser sur les candidats et sans doute encore après les élections. Même si elle n'est plus la première organisation syndicale de la fonction publique, elle reste un partenaire à ne pas négliger pour l'Etat patron.


François Jarraud


Dossier de presse

http://www.fsu.fr/Dossier-de-presse-conference-FSU



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Par fjarraud , le mercredi 21 mars 2012.
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