Impressions fugaces 

Par Patrick Picard

 

Ils (surtout elles !) sont venus nombreux dans l'amphi de la Mutualité. "Pour les intervenants, essentiellement." "Parce que je veux m'informer, et je suis à l'affût de tout" explique une jeune PE1.

"Ce n'est pas l'Education Nationale qui va me permettre de les rencontrer" Une directrice venue de Seine-Saint-Denis est plus tranchée : "Quand les discours qu'on entend ici auront-ils une incidence sur le terrain ? En tant qu'enseignante en Seine Saint Denis, je n'ai aucune aide, aucun lieu de parole, sinon un numéro vert qui nous conseillait, un jour où c'était très dur psychologiquement, de nous mettre en congé… ou de faire appel à des psychologues sur nos propres deniers…"

Philippe Champy, directeur général de Retz, est satisfait de la journée : "Notre problème est de faire connaître les idées, de permettre aux spécialistes de les diffuser dans une logique professionnelle, en fonction des problèmes qu'ils ont à résoudre. Cette journée a pour ambition de faire un balayage de la situation générale, pour engendre ensuite des lectures personnelles."

"Les enseignants ont maille à partir avec la psychologie, mais n'ont pas forcément accès à la recherche" explique Brigitte Perruca (Le Monde de l'Education). C'est tout l'intérêt de notre association : les mettre en appétit et leur permettre de s'approprier les contenus. Sans oublier de faire parler les praticiens."Est-il possible de dépasser l'aspect "parisien" de l'événement ? "Nous intervenons déjà dans nombre de colloques, et sommes prêts à le faire quand on nous le propose… Mais l'énergie et les moyens que nous avons a y consacrer ne sont pas inépuisables…"

Deux questions sur le pouce à…

Annette Karminoff-Smith, Institut de la Santé de l'Enfant de Londres

- Les fruits des recherches en psychologies sont-ils assez connus des enseignants?
Non !

- Que faudrait-il faire, quel est le principal obstacle ?
A mon avis, les psychologues n'ont pas assez de respect pour l'expertise des enseignants, du moins en Angleterre pour ce que j'en connais. On traite les enseignants comme des citoyens de seconde classe. Les deux expertises, la pédagogie et la psychologie, ne se rencontrent pas. Donc, nous devrions faire des "workshop" où les deux puissent travailler ensemble. Moi, je ne peux pas traduire mes résultats en terme d'enseignement, je n'ai pas cette expertise, et vice-versa… Et on ne se parle pas…



Patrick Mendelsohn, directeur de l'IUFM de Grenoble

- Quelle vous semble être la difficulté majeure de votre rôle de responsable de formations ?

En interne, dans l'institution, ils ne bougent pas un doigt sans demander des contreparties, mais je constate une nouvelle fois cette formidable capacité qu'ont les enseignants à s'informer, à mutualiser les ressources, qu'à mon avis on n'exploite pas assez.

En ce qui concerne la formation, le barrage est qu'on a beaucoup de mal à constituer des équipes qui harmonisent leurs directions de travail. Travailler sur les ressources humaines, les projets, ce n'est pas facile. Mais on n'a pas assez conscience qu'on est tous dans le même système, qu'on soit inspecteur, formateur en IUFM ou enseignant… Nous avons tous la même mission : former. Il faut coopérer, ne pas trop défendre son territoire (géographique ou disciplinaire) et ses prérogatives de corps. En tant que directeur d'IUFM, travailler avec le recteur ou des IEN ne rogne pas mon indépendance. Un bon exemple, c'est les sciences à l'école : il faut dépasser les oppositions entre les différentes spécialités pour qu'effectivement les enseignants puissent être aidés à mettre en œuvre des contenus scientifiques dans les classes.

- Quelles sont les problèmes spécifiques des enseignants des écoles ?

On oublie que le professeur d'école est seul face à sa classe. Il manque (et c'est normal) de vision sur la manière dont les disciplines s'articulent les unes avec les autres. Et ça ne peut s'acquérir qu'en s'interrogeant, en se formant… C'est pourquoi je crois beaucoup aux ateliers de pratiques accompagnées, pour permettre de faire le point, à plusieurs, sur ce qui se passe dans un cours, de ce qui coince ou qui fonctionne… Mais parfois, ça peut être aussi quelque chose de mal fait, si chaque "spécialiste" tente de ramener le travail collectif à sa propre entrée...

 

 

Par ppicard3 , le vendredi 14 mars 2003.
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