Reconnaître l'autorité de la loi et des adultes 

Par Christian Janet, Président de la Fédération PEEP

 

La prétendue "démission" des parents dans l'éducation de leurs enfants est souvent citée comme une des raisons de la violence scolaire. Elle existe dans certains cas, personne ne songerait à le nier.

Mais, en réalité, on a assisté, en une ou deux générations, à une démission collective de l'ensemble de la société, acquise aux idées libertaires qui ont fleuri après 1968 et qui ont permis à certains d'imposer une pensée unique hors de laquelle il n'y avait point de salut : on est passé du "Tais-toi et obéis" à l'autodiscipline érigée en principe, l'enfant ayant d'abord des droits avant d'avoir des devoirs. Cela a conduit à des excès : la sortie récente de livres dénonçant "l'enfant roi" en est l'illustration.

Plus gênant, cela suscite des interprétations erronées de la loi d'orientation de 1989 qui avait placé, à juste titre, l'enfant au centre du système éducatif, non pas pour qu'il fasse la loi, mais tout simplement pour que son intérêt soit considéré en priorité par rapport à d'autres intérêts au sein du système éducatif.

Il y a peu, parler d'autorité et de discipline passait pour réactionnaire. Qui ne se souvient du tollé provoqué dans certains milieux par J.P. Chevènement lorsqu'il s'est emparé du problème en tant que Ministre de l'Intérieur et qu'il a voulu à côté du volet "prévention", indispensable, introduire des mesures spécifiques "répressives" contre les "sauvageons" qui empoisonnent non seulement la vie des établissements scolaires, mais plus généralement celle de beaucoup de quartiers.

Aujourd'hui, la société est contrainte de réapprendre à prononcer sans frissons d'effroi les mots d'autorité, de devoir, de discipline. Pourtant, les enfants n'ont-ils pas besoin, pour grandir, de reconnaître au-dessus d'eux l'autorité de la loi et des adultes qui la font respecter ?

L'expérience montre que chaque fois qu'un véritable partenariat existe entre l'équipe éducative, les partenaires extérieurs et les parents, l'école parvient à lutter contre la violence. Tous les adultes doivent collaborer pour pouvoir offrir une structure d'éducation cohérente, pour présenter un "front uni", qui n'exclut pas le dialogue avec les jeunes, bien au contraire, mais qui leur indique clairement les limites à ne pas franchir.

Il faut aujourd'hui conforter les lieux où parents, enseignants, conseillers principaux d'éducation, représentants des services sociaux, de la police, de la justice, puissent se rencontrer de manière régulière et dialoguer pour finalement parler d'une même voix et renouer les fils rompus. De tels lieux existent aujourd'hui au sein des établissements. Encore faut-il qu'il y ait, sans réticence des uns ou des autres, une véritable volonté de les faire vivre.

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samedi 01 février 2003 :   fgiroud 
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