L'occasion d'un nouveau projet d'établissement ? 

Par Françoise Solliec


Comment dans le calendrier très contraint, aujourd’hui retenu par le ministre, mettre en place une réforme qui appuierait un projet collectif de meilleure réussite des lycéens ? Pour Michèle Amiel, proviseure du lycée Paul Langevin à Suresnes, il s’agit là d’une opportunité à ne pas manquer, malgré les nombreuses difficultés liées au calendrier et au manque d’informations.



Dans cet établissement de la banlieue parisienne plutôt aisée, avec une forte coloration scientifique et une longue tradition de liens avec les anciens élèves, la réforme des lycées fait écho à diverses préoccupations, même si elle suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes.



Beaucoup des questions sont liées au calendrier, explique Michèle Amiel, la proviseure du lycée. Le découpage en semestres entraînera des organisations différentes et, tant que les programmes ne sont pas connus, plusieurs hypothèses peuvent être envisagées. Par ailleurs, que sera l’accompagnement ? Va-t-on reconstruire l’aide individualisée, mettre en place des aides ponctuelles, aller vers des contenus disciplinaires ou méthodologiques ? Si on s’oriente vers un tutorat, les besoins excéderont le temps donné par les professeurs principaux et plus d’enseignants seront concernés. Qui va les y préparer, comment va-t-on les former ? Pour démarrer la réflexion et donner quelques éléments de réponses, j’ai demandé au service de formation continue du rectorat de pouvoir bénéficier en janvier d’un stage sur site, portant sur l’éducation au choix et sur l’analyse des éléments qui assurent le succès du suivi des élèves dans d’autres pays, comme la Finlande.

 

Selon Michèle Amiel, la semaine de bilan apparaît comme une initiative intéressante, qui favorisera la réflexion des élèves pour leur parcours. C’est dans cet esprit que les modules devraient être définis. Le point le plus marquant dans cette réforme, ajoute-t-elle, c’est la mise en place d’un accompagnement et la réduction des horaires strictement disciplinaires qui permettra de dégager  plus de temps pour cet accompagnement. En effet, quand ils arrivent, seule une partie des lycéens ont déjà un parcours précis en tête. Pour les autres, le projet professionnel est encore très flou. Du questionnaire que le lycée fait remplir à tous les élèves de 2nde, il ressort que beaucoup ont du mal à s’adapter aux exigences de travail. Ils apprécient la liberté qu’ils trouvent au lycée mais estiment que le travail est très fatiguant et qu’ils ne savent pas comment l’accomplir de manière efficace. Il y a donc sûrement beaucoup à faire en terme d’accompagnement méthodologique et de meilleure connaissance des possibilités de formations ultérieures.

 

Le lycée a déjà cependant une certaine expérience en matière d’accueil et de suivi. Tous les ans, tous les élèves de 2nde sont accueillis par les professeurs au moment de l’inscription et les anciens élèves, qui forment un groupe très actif, participent à plusieurs reprises à l’information de leurs camarades plus jeunes. De même des liens existent avec plusieurs établissements d’enseignement supérieur. Mais, pour aller vers la création d’un module d’orientation, comme le souhaite Michèle Amiel, il y a encore du chemin à parcourir. « J’aimerais que l’équipe enseignante puisse y réfléchir » nous dit-elle, « mais il faudrait dégager du temps pour la réflexion collective et il faudrait aussi connaître rapidement les moyens qui nous seront attribués à la rentrée ».

 

Avec cette nouvelle organisation, si on la pense dans tous ses aspects, il s’agit pratiquement d’une refondation de l’établissement. « Il y a donc une réflexion collective à organiser et j’aimerais bien ne pas la louper » conclut Michèle Amiel, « mais la rapidité de la réforme risque de rendre difficile toute réflexion de fond, d’autant qu’il serait question de faire coexister les enseignements du mois de juin et la correction des copies du baccalauréat ».



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Par fsolliec , le dimanche 07 décembre 2008.

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