Partie III : Comment généraliser le cahier de textes électroniques ? - Quid du bienfondé d’un SDCTE 

Ludovic Peugeot


Retour sur le sdet

Le  SDET : destinataires et objectifs

Dans sa volonté de mise en place des ENT au niveau national, le Ministère de l’Education Nationale a demandé à une commission d’éditer un Schéma Directeur des Espaces numériques de Travail appelé SDET. Ce travail s’inscrit plus globalement dans la stratégie S3iT : Schéma Stratégique des Systèmes d'Information et des Télécommunications.

Une première version a été publiée en janvier 2004 suivie d’une seconde en novembre 2006 dont les modifications ont touchées les annexes (ajouts et modifications).

L’objectif précis du SDET est décrit dans le document au paragraphe « objectifs et statut du SDET » dont voici un extrait :

 

« Il s’adresse aux écoles, établissements scolaires, établissements d’enseignement supérieur, inspections académiques, rectorats, aux collectivités territoriales, éditeurs de solutions ENT, éditeurs de services en ligne et de contenus et prestataires de services.

Il a pour mission de leur fournir :
- des éléments de choix d’un espace numérique de travail ;
- un guide méthodologique pour leur mise en œuvre ;
- un ensemble de préconisations fonctionnelles, organisationnelles »



Comparaison au système britannique

Les trois derniers points sont très intéressants. En les comparant au modèle britannique, c’est-à-dire aux travaux du Becta, il apparaît que le dernier point concernant notamment les préconisations organisationnelles n’est pas traité. Pour être plus précis, les britanniques n’ont jamais tenté d’imposer de directives techniques ou organisationnelles telles que celles qui apparaissent dans le SDET, offrant ainsi plus de flexibilité et d’ouverture aux établissements ou aux collectivités.

En revanche, les deux premiers points et en particulier le premier sont tout à fait dans la même mouvance que ce que cherche à faire le Becta avec le Curriculum Online et sa liste de solutions correspondant aux critères fixés par le gouvernement, à la différence que les britanniques listent des solutions finalisées et disponibles sur le marché quand les français listent des fonctionnalités. Cette dernière remarque impose donc aux établissements et aux collectivités de faire correspondre des préconisations fonctionnelles aux solutions disponibles.

 

L’échec de la généralisation des ENT est-il imputable au SDET ?

Il serait prétentieux de désigner un élément précis comme une raison à l’échec de la généralisation des ENT telle qu’elle était voulue et prévue par le ministère. En revanche, un certain nombre de pistes de réflexion ont été dégagés par l’ensemble des acteurs du milieu éducatif dont en voici une liste non exhaustive :

- L’ENT impose une infrastructure lourde, coûteuse et laissant peu de place à la flexibilité.

- Le passage d’un système TICE très peu développé à l’ensemble des services de l’ENT est un pas de géant qui provoque beaucoup de réticence chez les chefs d’établissement et les enseignants.

- Le SDET ne tient absolument pas compte de l’existant dans les établissements

- Le SDET ne propose pas de lui-même une mise en place progressive dans le temps de l’ensemble des différents services et des infrastructures correspondantes.

- La formation n’est que très peu évoquée

Il n’est pas possible d’imputer l’échec de la généralisation des ENT initialement prévue au seul SDET, mais il apparaît clairement que ce document n’a pas servi sa première raison d’être qui était d’aider les collectivités et les établissements à créer un ENT, créant même des réticences vis-à-vis de ceux-ci.

Comment ne pas renouveler LES ERREURS ?

Analyse des besoins

Comme évoqué plus haut, le SDET a néanmoins apporté beaucoup d’éclaircissements sur la volonté du gouvernement en termes d’organisation et de services qu’un ENT devait développer. En se penchant sur l’annonce de la généralisation du cahier de texte électronique, la première remarque est en effet : cette directive est très peu expliquée et développée ! Sous-entendant donc un besoin de plus d’informations, en particulier d’un point de vue fonctionnel.

L’aspect fonctionnel d’un cahier de texte est clair lorsque l’on parle de cahier de texte papier, mais plus difficile à cerner lorsque l’on parle de cahier de texte électronique. La seule source d’information existent, que ce rapport a d’ailleurs utilisé pour cerner le sujet, reste les cahiers de texte électroniques déjà en place. D’autres points comme la formation, les utilisateurs souhaités (l’Inspection Générale ?) ou les fonds mis à disposition sont également à éclaircir.

C’est pourquoi la seconde partie de ce rapport a cherché à définir d’un point de vue fonctionnel ce que pouvait (devrait ?) être le cahier de texte électronique. Dans cette troisième partie, les notions de formation, de gestion de l’existant et des pionniers seront traitées. C’est ce que les collectivités et les chefs d’établissement attendent du gouvernement suite à cette annonce de le généraliser.

Reste à savoir sous quelle forme diffuser ces informations : reprendre le format du SDET pour créer un SDCTE ? Créer comme les britanniques un catalogue des solutions disponibles sur le marché et labellisées comme répondant aux besoins définis par le gouvernement ? Définir un cahier des charges purement fonctionnel des services que doit remplir le cahier de texte ?



Alternatives à un schéma directeur

Un SDCTE n’est pas forcément approprié si l’on considère l’histoire du SDET, et les esprits risqueraient de se mélanger. Repartant de zéro, quelles alternatives se proposent au gouvernement ? Voici une proposition de ce qui pourrait répondre aux attentes des enseignants et des chefs d’établissement relevées dans le paragraphe précédent :

- Définir clairement d’un point de vue fonctionnel ce que le ministère entend par cahier de texte électronique.

- Quelle formation accompagnera la mise en place

- Quels en seront les utilisateurs

- Quels seront les ressources mises à disposition (ressources financière mais également humaines afin de gérer le cahier de texte)

- Comment sera traité l’existant d’un point de vue informatique et humain

Un tel document n’assurera pas la réussite de la mise en place du cahier de texte électronique, mais apporterait déjà beaucoup d’éclaircissements et rassurerait les acteurs du milieu éducatif qui restent pour l’instant dans le flou suite à cette annonce.



Par fgiroud , le jeudi 02 octobre 2008.

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