Axe "Formats de connaissances mobilisés par les apprenants et disciplines scientifiques" 

Comment mobiliser les nombreuses compétences nécessaires pour l’action de s’informer ? Quelles sont ces compétences et dans quelles conditions informationnelles et pédagogiques les mettre en œuvre lors des activités pédagogiques ? Deux courants « s’affrontent » : les socioconstructivistes qui mettent en avant l’action, le faire dans les usages ainsi que dans les représentations et ceux qui privilégient une approche centrée sur l’offre informationnelle à la disposition des enseignants. Cette approche interroge  la culture informationnelle. On y montre l’intérêt de « certains formats d’information en circulation [qui] prédominent, orientent les acquisitions de connaissances des apprenants, des enseignants, et qu’ils déterminent également des formes de pratiques professionnelles. » On trouve là la question de l’identification des savoirs et connaissances mobilisée pour la recherche informationnelle et la transformation des informations en savoirs et connaissances. Quels sont alors nos repères personnels, culturels, professionnels, … ? Comment identifier les acteurs engagés dans le processus éditorial, dans la constitution des systèmes documentaires et comment se construisent nos repères ?

 

Les deux interventions de B. Brot Delange et de l’équipe de Toulouse dont P. Rivano est le rapporteur ici, abordent la complexité de cette question.

 

"Les enseignants face à la culture informationnelle". Vincent Liquète (71ème section, IUFM d'Aquitaine) : le format de connaissance renvoie à la structuration du document. Le travail de l'équipe d'Aquitaine au sein de l'ERTé conclut sur plusieurs points qui interpellent. Il y a une très grande difficulté à transférer des acquis disciplinaires en fonction des autres disciplines. La "seule" ouverture est d'aller piocher dans les programmes, pas dans les cultures communes car elles n'existent quasiment pas. Dans quelle mesure les documents en circulation prédéterminent les actions pédagogiques des documentalistes ?

A travers le compte rendu de l'étude de B. Brot Delange (maître de conférences, université de Clermont Ferrand 2), on peut regarder cette question des cultures communes via la caractérisation des offres documentaires à travers les espaces numériques de travail et/ou les espaces numériques de savoirs. La validation (parfois sur plusieurs niveaux comme pour 'éducasources' du réseau Scéren) par l'institution demande à s'interroger sur l'offre documentaire transmise aux enseignants.

 

La documentation est une discipline vivante

 

L'acquisition d'une culture commune ne passe pas par la mise à disposition de ressources. La formation des enseignants ne forme pas à la culture de l'information (P. Rivano porte parole de l'équipe de Toulouse, IUFM de Midi-Pyrénées). L'équipe est donc allée chercher dans les programmes et dans les concepts info documentaires ainsi que dans les compétences info documentaires mises en œuvre par les élèves des entrées communes pour les enseignants disciplinaires et les documentaliste (via des situations pédagogiques). Partant du principe que la documentation est une discipline vivante (avec une légitimité interne et externe) l'équipe travaille à l'élaboration d'un outil qui favorise ces apprentissages et connaissances via les pratiques disciplinaires. La légitimité interne vient de ce que la documentation est une discipline articulée autour de notions et de concepts. La légitimité externe montre qu'elle est utile à d'autres disciplines.

 

Les moments décrochés

 

Cela rappelle d'autres recherches en cours ou terminées et soulève la question de qui peut transmettre ces connaissances et concepts info documentaires et dans quelles situations ? On peut travailler sur diverses encyclopédies pour aborder l'homme préhistorique, mais aura-t-on alors appris aux élèves ce qu'est une encyclopédie, les différentes ressources encyclopédiques qui peuvent exister, etc. ? Il convient alors de mettre en place durant ces activités de pratiques info documentaires des moments de décrochage pris en charge spécifiquement par le documentaliste pour permettre les apports conceptuels sur les outils qu'ils sont en train de manier.

 

Par raoul_rea , le mardi 21 octobre 2008.

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