Axe : « Enjeux institutionnels, politiques et éducatifs associés à la culture informationnelle et comparaisons internationales » 

La variété des situations, des sources, des moyens d’échanges, des techniques imposent à qui veut communiquer avec autrui d’utiliser plus ou moins le même langage. Est-ce ce langage commun qui définit la culture informationnelle ? Si non que faut-il lui adjoindre pour pouvoir la définir ?

La culture informationnelle est un des espaces symboliques où se gèrent des contradictions inhérentes aux sociétés actuelles. La culture informationnelle renvoie à une société ouverte, multiculturelle dans laquelle une priorité est accordée à tout ce qui facilite l’expression et la liberté de l’individu, et même temps, nous sommes dans une société qui, sur le plan économique et technologique repose sur l’échelle du grand nombre : mondialisation, industrialisation, uniformisation. Recherche d’information, culture de la recherche, culture de l’information puis culture informationnelle… le concept de culture informationnelle a été abordé depuis les années 1980 et depuis ne cesse de bouger, le rendant difficile à cerner. Voilà qui introduit l’atelier modéré par Yolande Maury portant sur les définitions du concept de culture de l’information.


Olivier Le Deuff, doctorant en information-communication au PREFics/ CERSIC (Université Rennes 2) et ATER à l’Université Lyon 3, interroge les spécificités du concept de culture de l’information - et ses diverses traductions dans le contexte international - au regard du concept d’information literacy. Ceci, à partir de l’interrogation de plusieurs bases de données et moteurs de recherche. Le concept de culture de l’information est-il français ? francophone ? Après un repositionnement du concept avec les Lumières et l’encyclopédisme, Olivier Le Deuf aborde les travaux de Liu qui positionne le concept sur un aspect moins procédural. La Transliteracy, prend en compte la multiplicité nécessaire pour arriver à une culture informationnelle : éducation aux médias, information, communication… Ce concept nous oblige à penser literacy avec tout ce qui est TRANS : ce qui est commun, ce qui se transpose dans nos compétences et notions à transmettre à l’univers de la production. La recherche d’information ne peut plus être dissociée de la transmission de ses résultats ainsi que de la nécessité d’argumenter.

 

Culture de l’information : culture comme érudition…

 

Alain Chante et Catherine De Lavergne, tous deux Maîtres de conférences en Science de l’Information et de la Communication à l’Université Paul Valéry (Montpellier 3), proposent, sous une forme essentiellement questionnante, une réflexion générale sur le concept de « culture de l’information », interrogé à partir des enjeux sous-jacents, parfois contradictoires, attribués à cette culture (d’ordre épistémologique, stratégique, identitaire, institutionnel, et politique). Comment comprendre  le culture de la culture de l’information ? Comme un patrimoine ? comme un phénomène social ? Comme un état d’esprit ? Un produit ?

 

Une culture informationnelle pour savoir ? pour agir ?

 

Oui, la culture de l’information a dans la culture,  l’éventualité qu’elle pourrait donner à l’accès à l’emploi. Elle serait alors la culture sélective, élitiste de la société. Ou-bien on peut encore comprendre cette culture comme un objectif de diffusion (se rapprocher de l’idée de Ministère de La Culture) qui favorise l’accès à l’information, forme l’esprit critique, aide à l’écrit créateur. Mais son acception de patrimoine social est aussi valable : l’état cherche à combler les fossés numériques et forme un citoyen, responsable et respectueux du droit. La culture c’est aussi la culture d’entreprise : le domaine économique et l’importance de la préparation de l’élève à la société du travail est bien une des missions de l’école. Mais il existe aussi la culture ordinaire : celle ces compétences informelles, des habiletés. Ce qui fait donc débat sur le plan empirique c’est que l’information est un objet dont on se saisit tous les jours et qui renvoie à des attitudes appréciatives à des typologies. Est-ce un moyen pour savoir ? Est-ce un moyen pour agir ?

 

Jacques Kerneis, doctorant au CREAD (Centre de Recherche sur l’Education, les Apprentissages et la Didactique, Université Rennes 2) souligne la dimension politique de la didactique ; il présente deux dialectiques opératoires en éducation aux médias, qui peuvent être utiles en éducation à l’information pour atteindre, au moins partiellement, ce qui est un objectif commun aux deux champs : le développement de l’esprit critique.


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Par raoul_rea , le mardi 21 octobre 2008.

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