L'enseignement prioritaire en pleine mutation 

Par François Jarraud


Les Réseaux Ambition Réussite disparaissent à la rentrée 2011. Cette information trouvée par hasard par l'OZP dans un document ministériel a été confirmée par le ministère dès le lendemain au Café. Les RAR deviendront des dispositifs ECLAIR. Enfin, pas tous...


Lors des Journées de l'innovation, un membre de l'association OZP aramassé une brochure publiée par le ministère précisant qu' "il n'y aura plus de RAR (réseaux ambition réussite) à la rentrée 2011" , la plupart intégrant le dispositif ECLAIR. Les RAR sont actuellement le coeur de l'enseignement prioritaire. Le 7 juin, dans un communiqué, l'OZP protestait, estimant "qu'il est inadmissible que l'on apprenne ainsi, au détour d'une brochure, 4 mois après la publication d'un rapport officiel positif sur le bilan des RAR, que le ministre oserait les rayer d'un trait de plume".


Le 8 juin 2011, Jean-Michel Blanquer, interrogé par le Café, confirmait cette annonce. "Les Réseaux Ambition Réussite (RAR) ont bien vocation à entrer dans les réseaux ECLAIRen septembre", affirme Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire. Mais, pour le ministère, cette "suppression" ne veut pas dire disparition de l'enseignement prioritaire, bien au contraire. "Ils ne perdront pas leurs avantages bien au contraire ils disposeront de moyens supplémentaires" a ajouté JM Blanquer. "Il est faux de dire que le dispositif ECLAIR ne concerne que la violence scolaire. Ila une forte motivation pédagogique". Il a précisé que "tous les RAR seraient intégrés sauf quelques rares exceptions", certains RAR "ne souhaitant pas" y entrer ou "ayant vu leurs caractéristiques sociales changer".


Les réactions syndicales. "L'absence de tout dialogue en ce domaine et la brutalité des décisions prises signent « le dépôt de bilan des Zep » voulu par le président Sarkozy", écrit le Sgen-Cfdt après la confirmation de l'extinction des RAR à la rentrée 2011. " Le Sgen-CFDT ne peut que condamner la généralisation du programme Eclair à l'ensemble des RAR sans aucune évaluation des résultats et du bien fondé de ce dispositif créé pour lutter contre la violence, quoi qu'en dise le directeur général", poursuit le syndicat, faisant allusion aux propos recueillis par le Café le 9 juin.


"Quand donc se décidera-t-on à faire décider par le Parlement, dans un débat transparent et contradictoire, les mesures qui régissent l’Education nationale ? Ainsi, un ministre de l’Education nationale peut décider, seul et en catimini, de rayer d’un trait de plume le dispositif de l’éducation prioritaire", s'indigne également la FCPE. Le Snuipp dénonce "la déréglementation". " L’école primaire risque d’être complètement mise à nue", annonce le syndicat. "Les moyens en personnels sont appelés soit à être récupérés, soit à être détournés de leur fonction". Le syndicat dénonce" le recrutement des enseignants sur des postes à profil soumis à un entretien préalable et à une procédure d’avis". Dans un communiqué commun les syndicats de la Fsu, Sud , la Cgt, le Se-Unsa et le Snalc demandent "l'abandon du programme Eclair". Ils veulent "une véritable relance de l'éducation prioritaire avec des critères nationaux et transparents pour définir la liste des établissements qui en relèvent".

Communiqué OZP

http://www.association-ozp.net/spip.php?article10464

Est-ce la fin de l'enseignement prioritaire

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesyst[...]

Déclaration Fcpe

http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-2502.php

Déclaration Sgen

http://www.cfdt.fr/rewrite/article/34312/actualites/communiq[...]

Communiqué Snuipp

http://www.snuipp.fr/L-education-prioritaire-demantelee

La brochure ministérielle

http://media.eduscol.education.fr/file/Innovation_experimenta[...]



Quel bilan pour les Réseaux Ambition Réussite ?


Directeur de l'IREDU, Bruno Suchaut publie une étude sur les établissements en réseaux ambition réussite de Paris. "L'analyse des caractéristiques des populations d'élèves accueillies dans les collèges parisiens montre que les difficultés scolaires et sociales de trois établissements RAR ne sont pas plus élevées que celles de la plupart des collèges RRS", écrit-il. "Un seul collège RAR sedistingue nettement de tous les autres avec une population quiprésente des caractéristiques peu favorables à la réussite scolaire."

 


"Al'entrée en sixième et en raisonnant à caractéristiques socialescomparables, les collèges situés en Education prioritaire ou même plusspécifiquement en RAR n'obtiennent pas des résultats aux évaluationsde 6ème inférieurs aux autres collèges. Au niveau des parcours desélèves, les déperditions dues aux redoublements entre la 5ème et la3ème sont plus nombreuses pour les collèges RAR que pour les collègesRRS, ces derniers étant très proches des collèges qui n'appartiennentpas à l?Education prioritaire.Les établissements RAR affichent defaibles résultats au DNB, mais c'est aussi le cas de plusieursétablissements RRS. Quand on raisonne à caractéristiques sociales desélèves données, les taux de réussite au DNB ne sont pas moins élevésdans les établissements « Education prioritaire » que dans les autres."


"Les taux d'orientation en 2nde générale sont plus faibles dans lesétablissements RAR que dans les collèges RRS mais quand on raisonne à niveau scolaire des élèves donné, on ne relève pas de différence entreles établissements selon qu'ils relèvent ou non de l'Educationprioritaire", écrit-il. "Au final, les faibles résultats des RAR s'expliquent principalementpar les caractéristiques de la population accueillie au sein desétablissements. Les moyens supplémentaires accordés ne suffisentnéanmoins pas à combler les écarts constatés avec les établissementsqui ne relèvent pas de l'éducation prioritaire ; en outre, certainscollèges RRS sont très proches des RAR, tant au niveau descaractéristiques du public accueilli, qu?au niveau des résultatsobtenus".

L'étude

http://www.brunosuchaut.fr/spip.php?article239



ECLAIR : Une nouvelle indemnité pour les enseignants laissée à l'appréciation du chef d'établissement


Une circulaire publiée au B.O. du 13 janvier organise le versement de la nouvelle indemnité "pour fonctions d'intérêt collectif" crée pour les établissements CLAIR (préfet des études) et pour certaines fonctions des lycées (professeur référent pour les usages pédagogiques numériques, tutorat, référent culture). Cette indemnité annuelle , versée en fin d'année scolaire, sera totalement modulable par le chef d'établissement et par le recteur.


Le recteur pourra "répartir cette enveloppe entre les établissements en fonction des priorités académiques". Il pourra tenir compte du nombre d'élèves, de la spécificité de l'établissement etc. Le chef d'établissement devra veiller" à ce que les critères de modulation de l'indemnité retenus au sein des établissements soient objectifs et transparents. Conformément au deuxième alinéa de l'article 5 du décret, les attributions individuelles vous sont proposées par le chef d'établissement en fonction de la participation effective des intéressés, la fixation définitive de ces montants relevant de votre compétence. Le montant des attributions individuelles doit ainsi prendre en compte l'investissement de l'enseignant ou du conseiller principal d'éducation dans ces fonctions, tout comme la réalisation des objectifs fixés en début d'année scolaire dans le projet d'établissement et la concrétisation de projets pédagogiques." Cette nouvelle rémunération renforce l'autonomie de l'établissement et du chef d'établissement.

La circulaire
http://www.education.gouv.fr/cid54506/menh1028790c.html


Sur le site du Café

Par fjarraud , le mardi 30 août 2011.

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