Je voudrais réagir sur l'article Nathalie Bulle et sur les commentaires du café pédagogique.
Sans approuver toutes ses conclusions, je suis d'accord avec elle, que sur les 20 dernières années, nous avons trop souvent généralisé des solutions qui marchaient dans un contexte particulier et qui se sont révélées globalement moins efficaces que des méthodes traditionnelles en situation réelle.
Sur la Finlande, elle n'a pas raison sur tout, mais il y a un vrai amalgame sur l'éducation en Finlande. Les tests PISA ont lieu sur une population de jeunes de 16 ans, donc en fin de collège. Les grands principes de ce système éducatif sont :
- de la primaire au collège, 20 à 25 élèves par classe et un enseignant spécialisé (équivalent de nos RASED) pour environ 5 classes (pour les enseignants spécialisés les chiffres varient en fonction des sources: 1 pour trois classes à 1 pour 7 classes).
- 30% des élèves bénéficient d'un soutien spécialisé (2%, écoles spécialisées, 6% : classes spéciales et petits groupe dans l'école ordinaire; 22%, éducation à temps partiel (chiffres cités par Paul Robert)).
Malgré une décentralisée poussée (frais de structure quasi-inexistant), le coût d'un élève en primaire et au collège est environ 10% plus cher en Finlande qu'en France.
Comment s'en sortent-ils pour avoir un coût inférieur sur l'ensemble de l'éducation: ils ont supprimé les deux premières années de maternelle et des économies ont été faites sur le lycée qui lui revient à 14% moins cher qu'en France. (Chiffres de Paul Robert).
Il faut reconnaître la réussite des années primaire et collège pour l'apprentissage des fondamentaux de la connaissance.
Cependant, il n 'y a, à ma connaissance, aucun élément concret qui permet de conclure que le lycée est performant. Une chose est sure : il n'est pas du tout égalitaire et le bac unique est un mythe. Les options sont inscrites dans le diplôme. Un bac finlandais "Math-niveau avancé, Anglais-niveau avancé, Culture générale avec épreuves de Physique-Chimie" n'ouvre pas les mêmes possibilités d'études supérieures qu'un bac finlandais "Langue nationale-niveau avancé, langue étrangère-niveau normale, culture générale avec épreuves de philosophie et Religion". Je partage à ce sujet les conclusions un peu provocatrices du rapport de Viviane Micaud disponible sur le Web "Le lycée finlandais est un gigantesque cocooning d'où les élèves rentrent après une sélection violente, où ils n'apprennent que des généralités et d'où ils ressortent triés sans avoir rencontré des "seuils" qui les auraient mis en face de leur responsabilité.
De : fjarraud
Publié : mardi 3 mars 2009 06:20
Objet : L'Expresso du 3 Mars 2009