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Démarré : 03/03/2009 06:20 par fjarraud
L'Expresso du 3 Mars 2009
(sans texte)
L'Expresso du 3 Mars 2009
Modifié : 04/03/2009 09:11 par fgiroud

Je voudrais réagir sur l'article Nathalie Bulle et sur les commentaires du café pédagogique.

 

Sans approuver toutes ses conclusions, je suis d'accord avec elle, que sur les 20 dernières années, nous avons trop souvent généralisé des solutions qui marchaient dans un contexte particulier et qui se sont révélées globalement moins efficaces que des méthodes traditionnelles en situation réelle.

 

Sur la Finlande, elle n'a pas raison sur tout, mais il y a un vrai amalgame sur l'éducation en Finlande. Les tests PISA ont lieu sur une population de jeunes de 16 ans, donc en fin de collège. Les grands principes de ce système éducatif sont :

- de la primaire au collège, 20 à 25 élèves par classe et un enseignant spécialisé (équivalent de nos RASED) pour environ 5 classes (pour les enseignants spécialisés les chiffres varient en fonction des sources: 1 pour trois classes à 1 pour 7 classes).

- 30% des élèves bénéficient d'un soutien spécialisé (2%, écoles spécialisées, 6% : classes spéciales et petits groupe dans l'école ordinaire; 22%, éducation à temps partiel (chiffres cités par Paul Robert)).

Malgré une décentralisée poussée (frais de structure quasi-inexistant), le coût d'un élève en primaire et au collège est environ 10% plus cher en Finlande qu'en France.

Comment s'en sortent-ils pour avoir un coût inférieur sur l'ensemble de l'éducation: ils ont supprimé les deux premières années de maternelle et des économies ont été faites sur le lycée qui lui revient à 14% moins cher qu'en France.  (Chiffres de Paul Robert).

Il faut reconnaître la réussite des années primaire et collège pour l'apprentissage des fondamentaux de la connaissance.

Cependant, il n 'y a, à ma connaissance, aucun élément concret qui permet de conclure que le lycée est performant. Une chose est sure : il n'est pas du tout égalitaire et le bac unique est un mythe. Les options sont inscrites dans le diplôme. Un bac finlandais "Math-niveau avancé, Anglais-niveau avancé, Culture générale avec épreuves de Physique-Chimie" n'ouvre pas les mêmes possibilités d'études supérieures qu'un bac finlandais "Langue nationale-niveau avancé, langue étrangère-niveau normale, culture générale avec épreuves de philosophie et Religion". Je partage à ce sujet les conclusions un peu provocatrices du rapport de Viviane Micaud disponible sur le Web "Le lycée finlandais est un gigantesque cocooning d'où les élèves rentrent après une sélection violente, où ils n'apprennent que des généralités et d'où ils ressortent triés sans avoir rencontré des "seuils" qui les auraient mis en face de leur responsabilité.

 




De : fjarraud
Publié : mardi 3 mars 2009 06:20
Objet : L'Expresso du 3 Mars 2009

Modifié : 04/03/2009 09:11 par fgiroud



De : troubadour
Publié : mardi 3 mars 2009 22:19
Objet : L'Expresso du 3 Mars 2009

Effrayant cette article, Mme La sociologue ! Effectivement, je propose qu'on supprime les élèves en difficulté des statistiques, et puis de nos classes pendant qu'on y est ...Plus sérieusement, la montée en puissance de la crise de l'école me questionne, plus fort même, me taraude... Que se passe-t-il ? Peut-on faire des parallèles avec la crise économique qui secoue le monde ? Nous n'avons pas vu les soubresauts qui auraient dû nous alerter sur l'état des banques.. Ce n'est pas le cas pour l'école, ça fait des années que beaucoup d'entre nous sonnent le clairon. Mme La sociologue attaque "la pédagogie" et n'hésite pas à affirmer sans argumenter sérieusement qu'il faut revenir "aux savoirs". Mais qui a dit que l'école ne transmettait plus de savoirs ? C'est un peu, comme en 1985, quand Monsieur Chevènement nous assénait qu'à l'école la priorité c'était LIRE, ECRIRE, COMPTER ... QUI avait renoncé à cela ?? Comment une profession peut-elle accepter tant de contre-vérités ? voire de mensonges ?
Il me semble qu'à l'heure actuelle, ce à quoi se heurtent les profs ressemble fort à un découragement face à des élèves démotivés, zappeurs, perturbateurs, pour lesquels le rappel à la Loi, la règle est quasi-impossible sans déclencher des conflits lourds avec les familles, face à des élèves en grande difficulté qu'on n'arrive pas à aider parce qu'avec un enseignement morcelé en collège et des classes surchargées, même un adepte de pédagogie différenciée est vite dépassé, face à des élèves qui veulent apprendre, s'intéresser et que l'on traite de fayots, voire que l'on maltraite, face à des élèves qui n'ont plus le même profil "d'apprenants" et on fait comme s'ils étaient comme "ceux d'avant", alors que je suis convaincue que "leur cerveau" est en train de "changer", notamment par l'utilisation des TICE et qu'il nous faut intégralement modifier notre rapport aux savoirs, et surtout notre façon d'enseigner.. parce que leurs gestes mentaux à eux sont en train de changer... Et des élèves souffrent, et des profs souffrent .... c'est grave, ça, non ?
C'est sur toutes ces questions-là qu'il faudrait entendre des choses, débattre, échanger, mutualiser .. pas sur des "objets politiques" ou de petites idées reçues qu'il est de bon ton d'asséner au comptoir de notre café préféré ! Anne Valentin - Enseignante -formatrice en formation continue.


De : fjarraud
Publié : mardi 3 mars 2009 06:20
Objet : L'Expresso du 3 Mars 2009

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