Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Les syndicats l'arme au pied après l'élection
ÉDITORIAL
Evaluer les enseignants selon les résultats : juste politique ou chimère ?
LE SYSTÈME
Nomination de la commission d'évaluation de la formation des maîtres | Meirieu : l'école caporalisée ? | Le Crap demande de l'ambition pour l'école | Le Snuipp prépare son congrès | RESF continue | Sénégal : le mouvement se durcit
L’ÉLÈVE
L'UNL vigilante face au risque d'expulsions | 7ème Assises de la radio scolaire du Val d'Oise
LA CLASSE
Noé TV à Besançon | Tête de profs
LA RECHERCHE
Les enfants d'immigrés éprouvent un sentiment d'injustice à l'Ecole
CITOYENNETE
Qui a voté quoi au second tour ? | Qu'attendent les Français ? | L'élection sur Google Earth
LES DISCIPLINES
Primaire : Des écoliers de Champigny au Louvre | Primaire : Le congrès Freinet
Les syndicats l'arme au pied après l'élection de N. Sarkozy
L'élection de N. Sarkozy ne peut "que décevoir profondément et inquiéter tous ceux qui luttent pour une rupture réelle avec les politiques conduites ces dernières années et pour de vraies alternatives" estime le Snes. Le syndicat rappelle que le candidat Sarkozy "a pris un certain nombre d’engagements revenant sur les mesures prises par Gilles de Robien (décrets sur les ORS, méthodes pédagogiques imposées, apprentissage junior…)… La FSU demande que le président élu et son gouvernement les concrétisent au plus vite" et demande l'ouverture de négociations sur les salaires et les emplois.
" Le contrepoids syndical est une nécessité absolue en démocratie" rappelle Luc Bérille pour le Se-Unsa. Il interpelle le futur ministre sur les dossiers en attente "celui des « emplois vie scolaire » rendus au chômage par les prochaines fins de contrat,… celui du respect du principe de continuité de l’État avec la mise en oeuvre des engagements financiers du précédent ministre (augmentation de l’indemnité de direction d’école, augmentation des ratios de hors classe de certains corps du second degré); celui, enfin, de l’abrogation des nouveaux décrets dégradant les services des enseignants du second degré, avec l’engagement d’un collectif budgétaire pour ce faire".
Philippe Guittet, secrétaire général du Snpden, le principal syndicat de chefs d'établissement, interroge directement les projets du ministre sur l'Ecole. "Si notre syndicat souhaite une plus grande autonomie pour les établissements, parce qu’elle est une réponse pertinente au regard des besoins pour favoriser la réussite scolaire, il s’opposera à toute concurrence exacerbée entre les établissements que risque d’entraîner la totale suppression de la carte scolaire. En tout cas, l’obligation de mixité sociale qui, selon le programme présidentiel, devra peser sur tous les établissements, nécessitera une concertation avec les organisations syndicales et les fédérations de parents avant toute décision… Toute autre conception extensive de la concurrence entre établissements ne pourrait qu’entraîner la disparition du service public national de l’éducation et de l’Ecole publique laïque fondée sur des valeurs de progrès et d’égalité. Sans la défense et l’affirmation de ces valeurs, les notions de travail et de mérite prendraient malheureusement un tout autre sens".
Seul le Snalc semble satisfait. Il approuve " les propos du candidat Sarkozy relatifs au collège unique dont l'idéologie égalitariste et laxiste a depuis 1976 dévalorisé l'enseignement professionnel et engendré frustration, démotivation et violence". Mais voilà il demande le respect des promesses quant aux décrets Robien.
Les communiqués :
http://www.snes.edu/snesactu/spip.php?article2544
http://www.se-unsa.org/page_cadres.php?id=41
http://www.snalc.fr/publi_documents2.tpl?sku1=3387475374670820
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Evaluer les enseignants selon les résultats : juste politique ou chimère ?
L'idée de la rémunération des enseignants au mérite est-elle en train de s'imposer ? Nicolas Sarkozy l'a officiellement mise dans son programme. "Je veux que souffle sur lui (l'enseignant) un vent de liberté et d’évaluation. Liberté pédagogique des enseignants…. Mais évaluation des enseignants selon les résultats des élèves". Cette proposition en rejoint directement une autre. Cette semaine, aux Etats-Unis, le Teacher Leaders Network, une association qui regroupe un certain nombre de professeurs récompensés pour leurs qualités pédagogiques, demande lui aussi une paie différenciée. L'affaire fait grand bruit outre-Atlantique. Ces enseignants demandent que soient mieux payés les professeurs qui font progresser les résultats de leurs élèves ou qui obtiennent de nouveaux diplômes ou encore qui acceptent d'aller en zep, à condition qu'ils soient qualifiés. Le Teacher Leaders Network promeut l'avancement selon la réussite plutôt qu'à l'ancienneté. En France, d'ailleurs, il faut le reconnaître, tous les professeurs sont capables de désigner des collègues plus efficaces que d'autres.
Sont-ils pour autant capables de s'entendre sur les critères de cette efficacité ? Ecartons d'abord l'idée simpliste de graduer l'efficacité sur le taux de réussite aux examens. L'erreur est souvent commise par les parents or, si on le faisait, on récompenserait les enseignants des établissements de centre-ville par rapport à ceux de banlieue.
Alors quels critères retenir ? L'enseignant efficace n'est ce pas aussi celui qui aide les élèves à construire une bonne estime de soi ? C'est sans doute celui dont les élèves ont des acquis supérieurs à ceux de classes comparables. Mais dans ce cas comment faire la part des relations entre les élèves dans ces progrès et celle du maître ? Ces acquis profitent-ils à tous les élèves de façon égale ou le maître n'est-il pas plus efficace avec certains ? Plusieurs études ont pu montrer que, selon les représentations qu'ils se font de leurs élèves, les enseignants sont meilleurs avec certains qu'avec d'autres. On mesure alors la complexité de ces interactions.
Dans "Enseigner" (éditions des PUF), Pascal Bressoux conclue une réflexion sur l'efficacité des enseignants en disant qu'elle "apparaît donc moins comme une caractéristique intrinsèque de l'enseignant que comme le résultat d'une interaction avec la situation d'enseignement et les élèves". La façon la plus simple d'avoir de meilleurs enseignants c'est peut-être de changer l'économie de l'Ecole et les représentations qui y ont cours. On tient là la limite du raisonnement sur l'évaluation de l'enseignant.
Teachers Leaders
http://www.teacherleaders.org/teachersolutions/index.php
Sur l'ouvrage "Enseigner"
http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/larecherche/Pages/82EnseignerRechercheChemin.aspx
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Nomination de la Commission d'évaluation de la formation des maîtres
"La Commission nationale d'évaluation de la formation des maîtres expertise les plans de formation élaborés par les établissements dans le cadre de la politique contractuelle. A cette fin elle apprécie la qualité et la cohérence de la proposition au regard des dispositions définies par le cahier des charges de la formation des maîtres, par les instructions nationales de mise en oeuvre et par les orientations de la politique éducative menée au sein de l'académie ; elle évalue la qualité des partenariats conduits tant avec les autres établissements universitaires qu'avec les autorités académiques". Crée par un décret publié le 2 mai, la Commission est installée par un arrêté publié au J.O. du 8 mai.
Parmi ses 20 membres, on retrouve Viviane Bouysse (IG), Pierre Léna (fondateur de La main à la pâte), le recteur William Marois (président de la commission), et Liliane Sprenger-Charolles (Cnrs).
Au Journal Officiel
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENS0752151A
Meirieu : L'Ecole caporalisée ?
" Je crains que nous ne soyons pas vraiment armés pour résister à la remise au pas qui se profile. Je crains que de nouvelles attaques contre « le pédagogisme » et de nouveaux retours aux « bonnes vieilles méthodes » nous laissent sans voix, tétanisés, incapables de réaction. Je crains qu’ainsi l’École de la République – qui est aussi celle de la formation à la démocratie – soit caporalisée du haut jusqu’en bas. Je crains que nous ne fassions l’impasse, au moment où nous en avons plus que jamais besoin, sur la nécessaire formation à la démocratie…" Philippe Meirieu analyse sur son blog la victoire de Nicolas Sarkozy.
Sans croire qu'un engagement plus "pro-pédagogique" de S. Royal aurait eu un effet électoral sensible, il estime que "le ralliement de Jean-Pierre Chevènement - qu’on sait proche idéologiquement des positions anti-pédagogiques d’un Sarkozy ou d’un de Robien - brouilla les cartes… La focalisation sur la transmission fit passer au second plan l’idée, pourtant fondamentalement républicaine, que l’éducation doit être aussi émancipation… et que, pour cela, « l’école active » - avec la méthode expérimentale, la recherche documentaire et la démarche créative - vaut mieux que « l’école assise ». La peur de paraître laxiste paralysa toute véritable réflexion sur une nécessaire relance politique de la prévention. La volonté de ne pas déplaire aux anti-pédagogues - sans voir à quel point ils étaient profondément enracinés dans la pensée de droite - nous fit, une nouvelle fois, rater l’occasion d’ouvrir un vrai débat éducatif approfondi et constructif, y compris avec les parents… "
Sur le blog de P. Meirieu
http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm
Le Crap demande "de l'ambition pour l'école"
"Pour la plupart de nos lecteurs, pour sans doute même la majorité des enseignants, l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République n’apparaît pas comme une bonne nouvelle" estime le Crap Cahiers pédagogiques.
Pour autant le mouvement pédagogique ne baisse pas les bras. "Nous lançons d’ores et déjà un appel, « De l’ambition pour l’école ! », signé de nombreuses personnalités, pour pointer les principaux chantiers à venir. Une des bonnes nouvelles de cette campagne aura été le retour des débats politiques dans bien des établissements scolaires, tant dans les salles des professeurs que parmi les élèves. Espérons que cette passion pour le débat d’idées, pour l’engagement civique et citoyen, se poursuivra d’ici les prochaines élections législatives, et même au-delà, et pourra contribuer à peser sur les orientations politiques du prochain gouvernement, à faire émerger de nouvelles perspectives pour l’école et la société de l’avenir".
http://www.cahiers-pedagogiques.com/
Le Snuipp prépare son congrès
Le premier syndicat du primaire publie les premières contributions à son prochain congrès qui aura lieu début juin à Nevers. De façon très transparente, le Snuipp rend public le profil de ses syndiqués et leur évolution. Le Snuipp connaît une légère érosion (le taux de syndicalisation a reculé de 1% depuis 2004) et s'inquiète du renouvellement générationnel.