L'Expresso du 10 Juillet 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Quel lycée demain ?

ÉDITORIAL

Le départ en vacances de tous les enfants

LE SYSTEME

Le CSE dénonce les suppressions de postes l Darcos, Boutin et la valse des palmes l Le budget de l'éducation en hausse de 8%

L’ÉLÈVE

4 000 jeunes privés de L.P. en Haute Garonne  l La Peep pour le livret de compétences

LA CLASSE

Le Prix de l'innovation éducative récompense huit équipes éducatives

LA RECHERCHE

Les effets sociaux de l'éducation

CITOYENNETE

La Cnil met en garde l'opinion

LES DISCIPLINES

Sciences : Dysfonctionnements au Palais de la Découverte

TICE

L'enseignant et la Mashup l Journées "porteurs de projets ENT"

 

 

Le fait du jour

 

Quel lycée demain ?

"A quoi pourrait ou devrait ressembler un lycée en 2050 ? L’investissement nécessaire à la construction de bâtiments prévus pour durer plusieurs décennies oblige en effet à anticiper sur les évolutions que l’on prévoit ou que l’on souhaite. Dans le lycée de 2050, aura-t-on toujours besoin d’autant de salles de classes pour 30 à 40 élèves, de salles informatiques et combien, ou seulement un réseau sans fil parce que tous les élèves auront alors un portable dans leur cartable ou leur poche ? Aura-t-on encore besoin de rayons pour les livres dans le CDI ou seulement de points d’accès à des ressources numériques ? Le CDI sera-t-il toujours un centre ou sera-t-il distribué dans tout l’établissement ?" Ces questions accompagnent l'enquête du numéro 7 du Café francilien sur les nouveaux lycées en Ile-de-France.

 

Qui décide la construction d'un nouveau lycée ? Selon quel mode opératoire ? Avec qui ? Le Café francilien interroge les services régionaux et des architectes qui ont imaginé trois nouveaux lycées.  Anne-Marie Bardi, inspectrice générale, Jean-Loup Bourrissoux, Datice de Créteil, réfléchissent à la place des Tice dans ces bâtiments du futur.

Le Café francilien n°7

Sur le Café : Quel espace pour la classe du futur ?

Sur le Café : quand Microsoft imagine l'école du futur

 

 

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Le départ en vacances de tous les enfants : un devoir de justice sociale

Aujourd’hui, les vacances sont considérées comme une pratique courante accessible à tous. Les chiffres publiés par le ministère du tourisme accréditent cette vision : la France est considérée comme la première destination touristique au monde et les effets positifs dans l’économie sont importants. Pour autant ces données ne concernent pas le départ des Français en vacances et encore moins celui des enfants.

 

La dernière enquête a été réalisée en 2004 et les résultats n’ont été publiés que fin 2006. A priori, la situation pourrait paraître meilleure qu’en 1999 puisque que l’on a compté 74,5 % des 5 – 19 ans étant partis en vacances alors qu’ils étaient 71,2 % en 1999.

 

En 2004, on a donc dénombré que 8 250 000 enfants et jeunes étaient partis en vacances alors que 2 830 000 n’étaient pas partis (25,5 % de non partants). Parmi l’ensemble de ces enfants et de ces jeunes 927 500 jeunes ont bénéficié de vacances collectives (11,3 % des partants). Les séjours collectifs sont pratiqués de manière diverse selon les âges, avec toutefois une dominante des adolescents : 7 % pour les 5 – 7 ans, 23 % pour les 8 – 10 ans, 14 % pour les 11 – 13 ans, 31 % pour les 14 – 16 ans et 15 % pour les 17 – 19 ans.

Les revenus du ménage sont le facteur le plus déterminant pour le départ en vacances collectives. 

 

Le deuxième élément déterminant est constitué par les aides : 43 % des participants déclarent avoir bénéficié d’une aide pour des séjours collectifs ; ce sont les comités d’entreprise qui sont toujours les organismes qui aident le plus au départ en vacances : 29 % d’aides des comités d’entreprise, 13 % des Caisses d’Allocations Familiales (CAF) et 5 % des collectivités territoriales.

 

Enfin, le niveau d’étude est le troisième facteur favorisant le départ en vacances collectives puisque 40 % des 5 – 19 ans des enfants en vacances collectives ont des parents diplômés de l’enseignement supérieur alors qu’ils ne représentent que 18 % de la population de référence.

 

En 1982, 66 % des ménages déclaraient avoir reçu une aide pour le départ de leurs enfants en vacances collectives. Ils n’étaient plus que 40,7 % en 2004 et la baisse des organismes financeurs est flagrante. Pour les aides des collectivités territoriales on passe de 15 % en 1982 à 6 % en 2004, pour les aides des CAF on passe de 36 % à 15 % et enfin pour les aides des comités d’entreprise on passe de 50 % à 27 % !

 

Si on comptait 2 800 000 enfants qui ne sont pas partis en vacances en 2004, parmi ceux-ci, 2 000 000 ne sont pas du tout partis, ni en vacances, ni en séjours courts, ni en week end.

 

En résumé, on peut considérer que la situation face au départ en vacances des 5 – 19 ans, en 2004, malgré un taux de départ légèrement supérieur à 1999, s’est dégradée dans la mesure où elle est plus inégalitaire. Ces inégalités reposent principalement sur une disparité importante d’accès aux aides.

Les catégories sociales les plus aisées partent encore plus en vacances et surtout l’exclusion des vacances ne touche plus seulement les catégories sociales les plus basses, mais de plus en plus les catégories sociales moyennes.

 

Jacques Chauvin

Ligue de l'Enseignement

 

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Le CSE dénonce les suppressions de postes

"Ces mesures ne peuvent qu’avoir de lourdes conséquences sur l’encadrement des élèves, sur les conditions d’apprentissage dans les écoles et les établissements scolaires, les possibilités de choix d’orientation, l’accueil des jeunes en situation de handicap ou le fonctionnement des services. Comment croire dans ces conditions à la volonté ministérielle en matière de soutien et d’aide aux enfants en difficulté, d’Education Prioritaire, de réussite de tous ?". 18 organisations siégeant au Conseil supérieur de l'éducation, FSU, SNEP, SNES, SNUIPP, SNUEP, UNSA Education, SE-UNSA, SNPDEN-UNSA, SIEN-UNSA, UNSEN-CGT, SGPEN-CGT, SUD Education, Ligue de l’Enseignement, FCPE, UNL, FEP-CFDT, SGEN-CFDT, CFDT, ont fustigé dans une déclaration commune l'annonce de 10 000 à 17 000 suppressions de postes.

 

"Cela fait craindre que les annonces répétées concernant le soutien et l’accompagnement scolaire après la classe, le développement du sport, des activités artistiques et culturelles à l’Ecole, si elles sont mises en place, le soient par affaiblissement des enseignements scolaires et remise en cause de responsabilités du service public d’état".

 

Les syndicats ont aussi jugé la lettre de mission donnée par le président de la République à son ministre. Le Snes estime que cette lettre "ne rappelle aucun objectif chiffré, sur l’accès aux qualifications par exemple, et occulte complètement tous les enjeux de société qui ne sont pas directement liés à l’entreprise". Pour le Sgen – CFdt, "au travers de la lettre de mission adressée au ministre Darcos, le président de la République dresse un inventaire de mesures dont les objectifs peuvent sembler louables. Mais pour l'essentiel, elle présente comme des nouveautés des dispositifs déjà existants et confirment des décisions prises sans concertation et sans études préalables. Cet ensemble d'annonces ne correspond pas aux besoins des jeunes, des familles et de la nation".

Communiqué des 18

Communiqué Snes

Sur le Café :L'Expresso du 6 juillet

 

Darcos, Boutin et la valse des palmes

Quelle valse danse-t-on rue de Grenelle ? En mai dernier le Prix de l'éducation était décerné au film "4 mois 3 semaines 2 jours" de C. Mungiu. Le 2 juillet, une note du directeur de cabinet de Darcos avertissait l'Inspection générale que le film ne ferait pas l'objet d'un DVD destiné aux établissements scolaires comme c'est l'usage pour le prix.

 

Le directeur de cabinet justifiait sa décision en évoquant "la dureté du film" et "le principe de précaution". Selon Rue 89, c'est une intervention de Christine Boutin qui aurait fait bloquer la diffusion de ce film qui évoque l'avortement. On se rappelle que les milieux traditionalistes s'étaient déjà mobilisés en 2005 contre un sujet du bac  qui évoquait aussi l'avortement.

 

Le 9 juillet, selon l'AFP, le ministre décidait de "suspendre" la décision de ne pas éditer le DVD. Alors qu'il est accusé de censure, interrogé par le Café, le ministère ne souhaitait pas s'exprimer sur cette affaire.

Article de Rue 89

Dépêche AFP

Le blog d'un membre du jury

 

Le budget de l'éducation en hausse de 8%

+8% pour le budget de l'éducation ! Cette décision vient d'être prise par le gouvernement allemand. Certes, le gouvernement fédéral intervient peu dans l'éducation qui dépend largement des Länder. Mais le cas allemand est représentatif d'un phénomène assez général dans les pays développés. Etats-Unis, Angleterre, Québec ont récemment relevé leur effort pour l'Ecole.

Communiqué

 

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