Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Le ministère instaure le livret de compétences et inclut le B2i dans le brevet
ÉDITORIAL
Evaluation en CE1 : Le dernier gâchis de Robien
LE SYSTÈME
Service minimum :Le droit de grève en question? | Xavier Darcos et prime aux résultats | Le président demande qu'on lise la dernière lettre de Guy Môquet en classe | Les parents demandent la LV2 en 6ème l CPGE : Objectifs et horaires des CPGE littéraires l Quand l'évaluation par les résultats pousse à la triche… l Roland Veuillet court toujours
L’ÉLÈVE
La scolarisation des enfants handicapés bute sur le secondaire | Familles : Des écarts importants en Europe l Bourses de collège : nouveaux taux ! Des livres pour les jeunes Anglais
LA CLASSE
Tice et innovation pédagogique en Ile-de-France
LES DISCIPLINES
Primaire : Evaluation en CE1 : Le Snuipp demande l'annulation de l'évaluation en CM2 l EPS : A quoi sert l'EPS ? Les réponses dans les Dossiers de l'enseignant l EEDD : L'Allemagne construit la plus grande centrale solaire du monde l SES : L'Ocde va accueillir 5 nouveaux pays l Professionnel : BP installations électriques
Le ministère instaure le livret de compétences et inclut le B2i dans le brevet
Le b2i sera exigible pour avoir le brevet. Deux textes importants paraissent au Journal Officiel des 15 et 16 mai. Un arrêté modifie les conditions de délivrance du brevet à partir de 2008. Il serait acquis à trois conditions : " une note moyenne égale ou supérieure à 10 résultant de la division de la somme des notes de contrôle continu et des notes des épreuves écrites par le total des coefficients attribués à chacune de ces notes; le brevet informatique et internet (B2i) niveau collège; le niveau A2 dans une langue vivante étrangère". Une condition semble être fortement problématique : l'obtention du B2i. Selon le ministère, seulement 14% des collégiens obtiennent le B2i collège. Le ministère croit-il qu'il suffise de le mettre au brevet pour qu'il se généralise ? On aurait alors une approche strictement bureaucratique de la question de l'intégration des Tice dans l'éducation.
Un décret et un arrêté instituent le "livret personnel de compétences" destiné à accompagner à partir de la rentrée 2007, chaque élève de l'école au lycée. Il " permet à l'élève, à ses parents ou représentants légaux et aux enseignants de suivre la validation progressive des connaissances et compétences du socle commun". Il comporte "la mention de la validation du socle commun de connaissances et de compétences pour chacun des paliers : à la fin du cycle des apprentissages fondamentaux pour ce qui relève de la maîtrise de la langue française, des principaux éléments de mathématiques et des compétences sociales et civiques ; à la fin de l'école primaire et à la fin du collège ou de la scolarité obligatoire pour chacune des sept compétences du socle commun de connaissance et de compétences" ainsi que des attestations : Assr, formation aux premiers secours, B2i école et collège (le niveau lycée est curieusement oublié), certificats de langues vivantes.
Le livret de compétences
Le livret de compétences
Le brevet
B2i : seulement 14%
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Evaluation en CE1 : Le dernier gâchis de Robien
Ainsi donc, l’info donnée par le Café dès novembre 2006 était juste : en triturant un protocole d’évaluation CE1 pour le rendre conforme à sa manière de penser, le ministère Robien n’a pas seulement jeté à la poubelle trois ans d’efforts d’une commission composée des meilleurs spécialistes de l’apprentissage. Il a contribué à déconsidérer, auprès des enseignants des écoles, l’idée que cette évaluation pouvait être un outil pour venir en aide à ces 15% d’élèves qui devraient être l’objet de toutes les attentions…
Rappelons que les résultats de cette évaluation 2006 faisaient apparaître, en début de CE1, un taux d’élèves en échec beaucoup plus nombreux que l’année précédente.
C’est la docte Inspection Générale qui l’affirme, avec ces mots, dans un rapport qu’elle vient de rendre public : "Le changement de cap imposé en 2006 a eu pour conséquence la construction d’indicateurs peu fiables et donc peu exploitables. Les chiffres ainsi agglomérés ne sont pas significatifs, ni des acquis des élèves, ni des résultats des écoles". On a ainsi rompu « le contrat initial ».
Que va-t-il maintenant se passer ? Le rapport est sceptique : " La circulaire de préparation de la rentrée 2007 ne tranche pas nettement sur l'usage qui doit être fait de l’évaluation des élèves au début du CE1, elle maintient les cadres et les enseignants dans une certaine ambiguïté. Cette ambiguïté doit être levée".
La gestion de ce dossier résume en soi le sentiment que laissera ce ministre : des certitudes assénées contre tous, des effets de manche, pour arriver au final à de splendides gâchis, une défiance des enseignants envers leur administration, et une grande solitude pour ceux qui, sur le terrain, cherchent de vraies solutions.
Dès que le nom du nouveau ministre sera connu, Xavier Darcos ou un autre, ce sera sans doute son premier chantier : convaincre les enseignants qu’il peut regagner de la crédibilité à leur yeux. Il faudra qu’il soit très fort.
Patrick Picard
Lire notre article complet : Explications et analyse
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/EvaluationenCE1.aspx
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Service minimum : Le droit de grève en question ?
Selon Le Figaro, N. Sarkozy aurait annoncé à la Cftc son intention d'instaurer le service minimum dans l'éducation nationale. Les établissements scolaires seraient tenus d'accueillir les élèves en cas de grève. Si dans le secondaire les établissements restent déjà ouverts, dans le primaire la mesure impliquerait soit que les municipalités payent des animateurs qualifiés ou que des enseignants soient réquisitionnés.
Le Snuipp, premier syndicat du primaire, prévient déjà le futur gouvernement "il s'opposera à toute remise en cause du droit de grève". On pourra retenir deux choses de ces déclarations : la campagne gouvernementale et médiatique sur l'éducation est lancée et elle va chercher à opposer enseignants et parents.
Article du Figaro
Communiqué Snuipp
Xavier Darcos et prime aux résultats
La presse cite Xavier Darcos comme le probable futur ministre de l'éducation. Il devrait être annoncé le 18 mai. X. Darcos est un ministre expérimenté : il avait déjà été ministre délégué au coté de Luc Ferry où il avait montré une bonne connaissance des dossiers. Il avait dû inaugurer la politique de réduction de postes lancée par J.P. Raffarin. Il en reste une certaine impopularité chez les enseignants : selon un sondage Ifop de février 2007, son action rue de Grenelle avait été notée 7,3 / 20 par les enseignants, soit à peine plus que Gilles de Robien (7) et… François Fillon (6,9). Il a également co-rédigé avec Philippe Meirieu un ouvrage (Deux voix pour une école, Desclée de Brouwer) où les deux hommes opposent leurs conceptions sur l'Ecole. Il y défend des positions conservatrices avec une certaine modération.
Le Monde donne une idée de sa feuille de route. On y relève la volonté de faire de nouvelles économies et la création d'une prime "selon les résultats des élèves, mais qui peut très bien être attribuée collectivement". Un point plus positif : l'abrogation de l'apprentissage à 14 ans.
Mais le rapport remis en mars 2007 par X. Darcos à N. Sarkozy montre que l'on ne sort pas d'une approche comptable en éducation. Il recommande l'application des audits : suppression de toutes les décharges, annualisation etc.
Article du Monde
Article du Monde
Le débat Darcos Meirieu (Ecoles différentes)
Sondage Ifop
L'Ecole devant la réaction, le changement ou la continuité ?
Sur le rapport Darcos
Le président demande qu'on lise la dernière lettre de Guy Môquet en classe
"Aimez la France parce que c'est votre pays et que vous n'en avez pas d'autre". L'argument donné par N. Sarkozy en conclusion de son discours aux martyrs du Bois de Boulogne peut sembler pour le moins curieux. A cette occasion, le président de la République a demandé qu'on lise en classe la dernière lettre adressée par Guy Môquet à ses parents le 22 octobre 1941. Fils d'un député communiste, il avait été interné par Vichy puis livré aux Allemands comme otage et exécuté par eux.
Cette première décision suscite des réactions dans le monde éducatif. Ainsi, pour Philippe Meirieu, "ce qu’il faut transmettre aux lycéens, au-delà de l’immense et nécessaire respect dû à un jeune militant martyr, c’est la capacité à discerner les signes de la montée de la barbarie, où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent… Il s’agit d’aider les lycéens à comprendre que le combat pour la démocratie et la dignité des hommes n’est pas un combat périmé, que la civilisation est encore bien fragile, que la planète reste menacée par bien des dictatures et que l’engagement pour la liberté n’est pas seulement un objet de commémoration. Il faut des célébrations. Il faut des actes symboliques. Mais il ne faut pas qu’ils nous exonèrent d’une réflexion de fond et d’une vigilance citoyenne quotidienne".
Pour un enseignant, sur une liste de discussion :"nous voilà appelés à faire une leçon de morale en lisant une piètre lettre pleine de pathos, appelant plus à l'esprit de sacrifice et aux devoirs qu'aux idéaux démocratiques". On y signale également le détournement de mémoire. La mémoire sociale communiste, celle des luttes ouvrières, serait utilisée par le nouveau président de droite.
La lettre