Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
L'enseignement supérieur discrimine-t-il les Arabes ?
ÉDITORIAL
Ecole ouverte : le temps de l'autonomie
LE SYSTÈME
Le Snes souligne ses désaccord avec Darcos l Université : le texte gouvernemental l La paix passe par les manuels scolaires l Sénégal : la difficile scolarisation des filles
L’ÉLÈVE
En 6ème et dopé l Handicap : Une pétition pour une législation européenne
LA CLASSE
Le bac vu de Copenhague
LA RECHERCHE
Sorties sans diplôme et inadéquation scolaire
CITOYENNETE
Arrêt sur images définitif
LES DISCIPLINES
Anglais : spécial jeux l Histoire :Histoire @ Politique
L'enseignement supérieur discrimine-t-il les Arabes ?
Le fait d'avoir un prénom arabe ou musulman a-t-il des effets discriminants ? Une étude de l'Ores (Observatoire régional des études supérieures) de Lille s'est penchée sur cette question. Elle a étudié précisément le devenir de ces jeunes dans l'enseignement supérieur de la région.
"L’étude prouve que porter un prénom d’origine arabe ou musulmane a bien des effets discriminants sur l’orientation et la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur. Toutefois, ces effets s’associent à ceux produits par d’autres caractéristiques attachées à cette population spécifique d’étudiants : la série de baccalauréat, la précocité au baccalauréat, l’origine sociale et le sexe. S’ils n’ont pas les mêmes chances d’accéder aux mêmes filières de l’enseignement supérieur que les autres, ni d’y réussir, c’est aussi qu’ils sont, moins bien lotis que les autres, tant socialement que scolairement".
L'étude illustre cette conclusion d'un exemple. "Quand on tient compte simultanément de toutes les variables peut-on observer que l’orientation dans l’enseignement supérieur de la région Nord – Pas de Calais des nouveaux bacheliers 2004 ne dépend pas prioritairement du prénom porté. C’est plutôt leur proximité avec les bacs professionnels (eux-mêmes associés aux origines sociales modestes et au fait d’être “en retard” au baccalauréat) qui “tire” les étudiants porteurs d’un prénom arabe ou musulman vers certaines orientations (en particulier DEG – AES). Néanmoins, si on examine isolément l’effet de chacune des variables considérées sur l’orientation, le prénom apparaît de manière très significative comme celle qui produit les discriminations les plus fortes. Porter un prénom arabe ou musulman plutôt qu’un autre favorise l’inscription dans toutes les filières universitaires sauf en Sciences. Dans les filières sélectives, le fait de porter un prénom arabe ou musulman n’a quasiment pas d’influence (toutes choses égales par ailleurs) sur celui de s’inscrire en IUT ou en CPGE (plutôt que de ne pas s’y inscrire) ; par contre, il réduit considérablement les chances de s’inscrire en STS".
C'est que la discrimination est visible en amont de l'université. Les étudiants portant un prénom musulman sont plus âgés (la proportion de plus de 20 ans est doublée), leur origine sociale est plus modeste (ils sont deux fois plus nombreux à avoir un père ouvrier ou employé) , ils ont deux fois moins de chance d'avoir une mention au bac. Ils sont aussi 3 fois plus nombreux dans les bacs professionnels.
Etude de l'Ores
Sur le Café : article de G. Felouzis
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Ecole ouverte : Le temps de l'autonomie
Avec l’été, voici venu le temps des vacances, et paradoxalement des Ecoles ouvertes…
L'Ecole ouverte, est née il y a quinze ans d’un mince point de départ : ouvrir les collèges et les lycées pendant les vacances scolaires, pour accueillir des enfants et des jeunes qui ne partent pas ou peu en vacances. Ainsi cette opération interministérielle ne s’est-elle pas mise en place facilement :
- Des enseignants avaient beaucoup de réticences. Ils craignaient que le collège ne devienne un grand centre aéré, qu’il y ait un brouillage de repères, qu’on se trompe sur les missions de l’école. Ce regard critique au départ n’empêche pas certains d’entre eux de s’investir aujourd’hui de façon remarquable dans cette action.
- Du côté des mouvements d’éducation populaire et des associations complémentaires de l’école par ailleurs souvent engagées dans l’organisation de centre de loisirs et de vacances, le fait de construire durant les vacances scolaires un projet d’enrichissement culturel et d’accompagnement éducatif des enfants dans les murs de l’école, n’allait pas de soi non plus. C’est pourtant au côté d’autres démarches éducatives un véritable travail public et militant.
- Enfin, si les textes fondateurs et les appels à projets annuels rappellent qu’école ouverte s’adresse d’abord aux élèves les plus en difficulté ou en voie de marginalisation, ne pas se cantonner à ce seul public, constitue un atout supplémentaire dans l’objectif d’une plus grande mixité ou mobilité sociale.
Concrètement, durant l’été la plupart des établissements ouvrent deux semaines, début juillet puis fin août. Ici, un travail sur les marionnettes avec une compagnie théâtrale permet d’aborder le scénario, la construction du castelet, avec des visites au musée. Là, un atelier carrosserie, avec la réalisation d’un kayak en matériaux composites, mobilise tout à la fois des élèves de CM2 et de 6ème, les seconds servant de boussoles aux premiers lors des premiers jours de la rentrée prochaine. En effet si on observe une fréquentation plus marquée de jeunes collégiens de 6ème et de 5ème, les plus âgés prenant davantage de distance avec le collège, les établissements inscrits dans l’opération font une place aux élèves du premier degré.
De leur côté, les associations éducatives, sportives ou culturelles, ne doivent pas simplement constituer des prestataires d’activités ludiques, mais bien davantage participer d’une mobilisation des ressources éducatives locales contribuant à une ouverture de l’Ecole sur son territoire.
En somme, Ecoles ouvertes, c’est un temps adapté pour permettre :
- aux enseignants, aux enfants et ou jeunes, aux partenaires de mettre en place des projets communs ;
- aux enfants et aux jeunes de conduire des projets autonomes dans un cadre collectif et / ou associatif, en prenant des responsabilités,
- aux enseignants, la mise en œuvre d’une pédagogie coopérative et d’assurer l’ensemble de leurs tâches d’accompagnement qui ne se limitent pas aux seules heures de cours.
Enfin, cette opération est peut-être une des réponses les plus fortes à ces stages intensifs de préparation de la rentrée scolaire, déguisés en séjour de vacances, et qui n’en finissent plus d’anticiper les contenus abordés à l’Ecole.
Damien Raymond
Ligue de l'Enseignement
Retrouvez tous les mercredis la tribune de la Ligue de l'Enseignement
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Le Snes souligne ses désaccords avec Darcos
"Si les conditions de dialogue nous semblent meilleures que celles rencontrées sous le précédent gouvernement, des désaccords importants ont été mis en lumière et l’importante diminution du nombre d’emplois qui semble se profiler pour la rentrée 2008 risque d’hypothéquer toute possibilité d’amélioration des conditions de travail des personnels et d’enseignement des élèves". A l'issue de sa rencontre avec le ministre de l'éducation nationale, le Snes souligne les désaccord avec sa politique.
Ainsi si le ministre "a reconnu les carences de l’Education nationale sur d’autres dossiers : formation continue des personnels, aménagement des fins de carrière… il a affirmé fortement son adhésion à la logique gouvernementale de réduction du nombre de fonctionnaires et laissé présager des arbitrages difficiles pour le budget 2008 de l’Education nationale".
Communiqué
Sur le Café : Portrait d'un ministre
Université : Le texte gouvernemental
"L’université se trouve aujourd’hui confrontée à des défis pressants. La mondialisation et la concurrence accrue des systèmes éducatifs, d’une part. La nécessité d’élever le niveau d’éducation de nos enfants, d’autre part. L’enjeu est clair. Nous sommes entrés dans l’ère de l’économie de la connaissance et de la société de l’innovation. La règle est connue : la compétition mondiale dessine la carte des pôles d’excellence scientifique. Pour relever ces défis, l’université doit avancer sur ses deux pieds : elle doit rester le creuset d’une recherche innovante et d’une formation qualifiante. Mon ambition est de replacer l’université au cœur de l’ambition nationale". La formulation n'est pas originale. Mais c'est en ces termes que la ministre de l'enseignement supérieur présente le projet gouvernemental de réforme des universités.
Projet de texte portant organisation de la nouvelle université
Présentation du texte par la ministre
La paix passe par les manuels scolaires
"Penser et construire la paix par une conception novatrice des manuels scolaires " est le titre d’une réunion d’experts en provenance de l’Europe et des Etats arabes qui a lieu au Siège de l’UNESCO les 14 et 15 juin.
Le but est d’élaborer des lignes directrices visant à promouvoir la paix et la compréhension interculturelle à travers les programmes d’études, les manuels scolaires et les médias d’apprentissage dans le cadre du Programme de coopération UNESCO-ISESCO.
Communiqué
Comment on raconte l'histoire aux enfants
Darcos appelle les éditeurs à la vigilance (2004)
Sénégal : La difficile scolarisation des filles
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