L'Expresso du 25 Septembre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Paris a son Ecole de la seconde chance

ÉDITORIAL

Le calme avant la tempête

LE SYSTEME

Installation de la commission sur le métier d'enseignant l L'école perd le samedi l Le Snes écrit à Sarkozy

L’ÉLÈVE

Que deviennent les jeunes Franciliens ?

LA CLASSE

Correction en ligne : le risque d'erreur

LA RECHERCHE

L'interculturel en éducation l L'histoire de l'éducation à Marseille

LES DISCIPLINES

EDD : Les biocarburants polluent-ils davantage que les carburants fossiles ? l Histoire : Auschwitz vue par les ss l Espagnol :le cubisme l Ses : L'Apses contre attaque l Professionnel :lancement de l'équipe de France des Olympiades.

LES TICE

Symposium Internet et réseaux de connaissances

 

Le fait du jour

 

Paris a son Ecole de la seconde chance

Aider les jeunes de 18 à 25 ans, sortis sans qualifications du système scolaire et en recherche d’emploi infructueuse, à déboucher sur une intégration professionnelle réussie, tel est l’objectif premier du dispositif européen des « Ecoles de la Deuxième Chance », E2C. Créé en 1997 par Edith Cresson, alors commissaire européenne, ce dispositif reconnu réglementairement, implanté dans 11 pays d’Europe, compte aujourd’hui 17 écoles en France. Toutes sont bâties sur le même modèle. Une association support regroupe des collectivités (Ville de Paris pour l’E2C Paris), des institutions (Chambre de commerce et d’industrie de Paris) et un solide panel d’entreprises (ici Veolia environnement, Accor, Vinci). L'école est subventionnée par les collectivités, parfois, l'Etat, le FSE, la taxe d'apprentissage.

 

Le programme de formation de 8 à 12 mois en alternance (moitié du temps en entreprise) conçoit « l’innovation pédagogique comme une nécessité » et fixe, au-delà du niveau général de formation (de VI à IV), un objectif d’ouverture et d’apprentissage de la vie sociale et citoyenne. Les entreprises s’avèrent demandeuses de tels partenariats, qui leur fournissent un vivier de candidats à l’emploi déjà connus et qui sont susceptibles de promouvoir des métiers mal connus ou à image négative.

Le reportage de F Solliec

 

 

 

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Le calme avant la tempête ?

Presque un mois après la rentrée, pas facile de savoir comment va tourner le vent. La déferlante des annonces ministérielles qui concernent, de près ou de loin, les personnels d’éducation serait pourtant de nature à faire réagir : suppressions d’emplois et restrictions annoncées dans les recrutements, risque de réintroduction des filières au collège, volonté d’individualiser « au mérite » les carrières, multiples injonctions parfois bureaucratiques à prendre en charge les élèves à besoins éducatifs particuliers sans moyens, réductions de volumes de formation continue, nouvelles menaces sur les retraites… La liste est longue.

 

Pourtant, la récente déclaration unitaire des fédérations de l’Education reste sur une prudente réserve, appelant seulement à construire progressivement une campagne d’explication envers l’opinion publique. C’est sans doute le signe que les leaders syndicaux craignent pour l’instant de ne pas pouvoir construire un rapport de force suffisant. Plus prosaïquement, qui connaît la réalité des écoles et des établissements scolaires connaît cette capacité que peuvent avoir les enseignants de faire le gros dos, voire de se réfugier vers la sphère privée lorsque le métier devient plus difficile. « Le ministres passent, les enseignants restent » dit l’adage. Et parfois, lorsque les choses paraissent trop difficiles, on est tenté de se replier sur soi.

 

Or, on sait que pour mieux prendre en charge les difficultés des élèves, pour défendre les valeurs du système éducatif, les enseignants peuvent certes réclamer des moyens supplémentaires, mais sont condamnés à inventer du neuf. Sauf à reporter sans cesse leurs griefs sur l’étape précédente du système, à jouer contre leur camp en réclamant l’éviction des élèves qui posent problème, les acteurs du système se doivent de répondre aux interrogations des parents et des élèves. Les syndicats ne sont pas les derniers à devoir prendre leurs responsabilités, et oser enrichir leurs réflexions des constats de la recherche. On ne peut rester sourd aux propos de ceux qui pointent les insuffisances de liaison entre les cycles, la difficulté du primaire à réduire les inégalités devant le savoir, l’impérieuse nécessité de construire dans les établissements une réflexion cohérente pour permettre la prise en charge de la diversité des élèves, le besoin de repenser les idées toutes faites sur l’alternance, les carences de l’Université lorsqu’elle persiste à lire son avenir dans son passé.

 

Dans les prochaines semaines, le débat va s’aiguiser, sur les meilleurs moyens de s’opposer à la dérive libérale et consumériste de l’Ecole et des services publics. Ni diabolisation, ni renoncement, la fenêtre est étroite pour tous ceux qui, dans ou hors l’Ecole, veulent « défendre et transformer l’école », pour reprendre une image d’un appel lancé il y a déjà dix ans....

 

Patrick Picard

 

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Installation de la commission sur le métier d'enseignant

François Fillon a installé lundi 24 septembre la Commission sur le métier d'enseignant. Elle compte 12 membres dont son président Marcel Pochard, Michel Rocard, les sociologues Eric Maurin et Agnès Van Zanten, Christian Forestier, ancien recteur, Antoine Compagnon, Collège de France, Philippe Manière, Institut Montaigne etc.

Communiqué

Sur la commission

 

L'école le samedi supprimée ?

Le ministère ne le confirme pas. Mais selon Libération, la suppression de l'école (primaire) le samedi devrait être effective dès la rentrée 2008.  Le ministre trancherait ainsi une question qui partage les spécialistes." La profession est partagée. Certains enseignants souhaitent que le samedi soit supprimé, d'autres qu'il soit déplacé au mercredi, d'autres encore qu'il soit supprimé et qu'en contrepartie on écourte les petites ou les grandes vacances. Quoi qu'il en soit, le premier élément à prendre en compte est l'intérêt de l'élève. La question est de savoir si cette mesure est ou non favorable à l'apprentissage" estime Gilles Moindrot (Snuipp) dans le quotidien.

Article de LIbération

Article d eLibération

 

Le Snes écrit à Sarkozy

"Personne, et surtout pas les jeunes les plus en difficulté, n’a à gagner dans un moins d’école qui interdira la patience dans la construction des savoirs et entretiendra la confusion entre enseignement et accompagnement. La réduction systématique des horaires élèves n’est donc pas la voie qui nous mènera vers un meilleur équilibre du travail des élèves" estime le Snes dans une lettre ouverte au président.

Communiqué

 

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Orientation : Que deviennent les jeunes Franciliens ?

Deux publications permettent de suivre les jeunes Franciliens dans leur parcours vers l'emploi. Focale, la revue de l'Observatoire régional de l'emploi et de la formation, met en valeur l'importance du diplôme dans l'accès à l'emploi.  " Les jeunes sortis du système éducatif en ile-de-France ont accédé plus rapidement et durablement à l’emploi (67 % ont une trajectoire d’insertion durable et rapide contre 62 % en province). Néanmoins, il existe de fortes disparités selon les niveaux de diplôme et les spécialités suivies.  Plus les jeunes sont diplômés, plus ils ont suivi ce type de trajectoire : 88 % des sortants de grandes écoles et 78 % des sortants de troisième cycle sont dans ce cas contre seulement 62 % des sortants non diplômés du supérieur. A niveau de diplôme égal, le fait d’avoir suivi une filière professionnelle est un avantage : 78 % des sortants de BtS et Dut ont eu une trajectoire d’accès rapide et durable à l’emploi contre 70 % des sortants de DeuG. Parmi les sortants du secondaire, seuls les diplômés de baccalauréats professionnels ou techniques rencontrent plus souvent qu’en moyenne cette trajectoire". Ce sont donc surtout les non qualifiés, les sortants non diplômés (venant d'un cap, bep ou première) , et les titulaires d'un cap et bep tertiaire qui doivent affronter chômage et postes précaires.

 

Mais les caractéristiques sociales ont aussi leur importance. "En ile-de-France, être une femme diminue la probabilité d’occuper un emploi un an après la sortie du système éducatif…. L’origine géographique des parents peut être un facteur pénalisant. le fait d’avoir des parents originaires d’Afrique Noire ou du Maghreb induit une diminution des chances d’emploi".

 

Une autre étude, l'enquête IVA 2006, permet de connaître les débouchés réels des différentes filières technologiques et professionnelles. Elle aussi montre l'impact du niveau de formation : " Un niveau de formation élevé reste le meilleur atout pour s’insérer dans la vie active. À niveau égal de formation, l’obtention du diplôme améliore encore l’insertion… La proportion de jeunes en emploi s'élève à 43 % pour les titulaires d’un CAP ou d’un BEP. Elle avoisine 60 % pour les détenteurs d’un baccalauréat technologique ou professionnel et atteint 70 % à l’issue d’un BTS."

 

Pour autant l'insertion se passe très différemment d'une spécialité à l'autre. "Parmi les filières relevant des services, cinq spécialités assurent des conditions d’insertion favorables avec un taux d’accès à l’emploi très supérieur à la moyenne : « la santé » (63 % de jeunes en emploi), « l’accueil, l’hôtellerie et le tourisme » (64 %), le « travail social » (66 %), « l’informatique et le traitement de l’information » (72 %) et surtout « les finances, la banque et les assurances » (79 %)".  En secrétariat et compta-gestion, l'insertion varie selon le niveau de diplôme. Elle est dans la moyenne au niveau BTS alors qu'elle est faible en cap et bep. L'assainissement -nettoyage, les spécialités plurivalentes sanitaires et sociales connaissent une insertion difficile.  Dans le secteur industriel,les technologies de commandes des transformations industrielles, le génie civil s'insèrent facilement. L'étude donne des taux précis filière par filière.

Focale

Enquête IVA

 

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