L'Expresso du 1er Octobre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Week-end obligatoire à l'école comme au collège

ÉDITORIAL

Redéfinition du métier : premières auditions, premières attentes ?

LE SYSTEME

Réduire la semaine scolaire : bricolage ou levier ? l HCE : On suggère de s'intéresser à la maternelle l Non au papotage social l  Créteil : le Snes appelle à la grève le 18 l Les profs bulgares en grève pour des moyens.

L’ÉLÈVE

Des parcours scolaires inégaux selon l'Insee l Etre parent en milieu rural

LA CLASSE

Deux samedis pour la pédagogie institutionnelle l Forum de la visite scolaire

LA RECHERCHE

La Revue internationale d'éducation de Sèvres récompensée

CITOYENNETE

3 ans, 5 ans privés de cantine et de papiers l 8ème FIFET

LES DISCIPLINES

Primaire : les acquis des élèves en langues l Français : L'Afef écrit àDarcos l EDD : Grenelle de l'environnement : la consultation publique commence

LES TICE

Paris capitale du net avec Paris Wi-Fi

 

 

Le fait du jour

 

Week-end obligatoire à l'école comme au collège

Week-end chômé obligatoire sauf pour le ministre. Vendredi 28 septembre, Xavier Darcos annonçait la suppression des cours du samedi matin à l'école primaire dès la rentrée 2008. Dimanche 30, il étendait la formule au collège.

 

Au primaire, les 2 heures de cours du samedi matin seront supprimées dès la rentrée 2008 partout pour les élèves. La semaine scolaire passe à 24 heures, l'année scolaire comportera 864 h de cours au lieu de 936. Pour les enseignants, les 25ème et 26ème heures de cours restent dues. Ils les utiliseront, à un moment encore inconnu, pour du soutien scolaire auprès des enfants en difficulté. L'heure de concertation n'est pas supprimée. Pour les  écoles (26% en 2007) qui pratiquaient la semaine de 4 jours, le grand changement c'est qu'il n'y a plus de récupération sur les vacances. Cependant le ministre demande aux communes de laisser les écoles ouvertes le samedi matin pour que puissent y avoir lieu des activités d'accompagnement.

 

Le ministre justifie sa décision par trois arguments : la confusion du système actuel où les calendriers varient souvent à l'intérieur d'un même département; une charge horaire trop importante pour les écoliers français; la nécessité d'aider les écoliers en difficultés.

 

Au collège, le ministre demande que les cours du samedi matin aient lieu le mercredi. Il n'y aura pas de réduction horaire.

 

Les réactions portent toutes sur le primaire et sont plutôt critiques, à l'exception de la Peep. La Fcpe, première association de parents d'élèves, appelle aux grands principes et demande que les heures de soutien "soient affectées à tous les enfants selon le principe d'égalité des citoyens devant le service public". L'association rappelle que l'horaire français tient compte de l'Eps et des arts, ce qui n'est pas forcément le cas à l'étranger, et demande si le ministre souhaite les externaliser.

 

Du côté syndical, le Snuipp estime que les 2 heures de soutien sont insuffisantes et demande une transformation de l'école. Pour le Se-Unsa, la mesure est "un non-sens pédagogique" : "tous les spécialistes savent que la fatigue accumulée dans une journée de 6 heures, déjà trop longue, diminue les capacités d'apprentissage, particulièrement pour les enfants en échec. Ce sont pourtant eux qui verraient leur journée rallongée par des activités de soutien délivrées par les enseignants !" Le Sgen-Cfdt évoque un "bricolage" ministériel.

 

C'est aussi sur le terrain des rythmes que La Jeunesse au Plein Air (JPA) critique l'initiative de Darcos. "Nous avons évalué sur le terrain les effets catastrophiques de quatre jours secs" écrit sonprésident F. Testu dans Libération. Un week-end a sur les enfants (surtout ceux qui subissent les rythmes de leurs parents qui n’ont pas d’occupations) des conséquences qui durent jusqu’au lundi, voire mardi midi. Ils ont du mal à s’y remettre. Le vendredi est perturbé à cause d’un phénomène d’aspiration (l’attente du samedi). La semaine des quatre jours casse le rythme des enfants… Enfin, seuls certains enfants peuvent profiter d’activités intéressantes le mercredi, ce qui accroît les injustices culturelles et sociales". Les maires, même UMP, ont aussi réagi négativement, tel J. Myard qui dénonce "une décision nationale et jacobine".

 

Car là où se retrouvent tous les acteurs du débat, c'est pour dénoncer la décision unilatérale du ministre. Sur un sujet qui a un impact sur la vie quotidienne de millions de personnes et qui faisait débat, X. Darcos a tranché seul et sans aucune consultation. Est-ce possible en démocratie ? 

Synthèse sur la situation actuelle (pdf)

Déclaration ministérielle

Communiqué Se-Unsa

 Communiqué Fcpe

 Communiqué Snuipp

Testu dans Libération

 

 

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Redéfinition du métier : premières auditions, premières attentes ?

C'est aujourd'hui que la Commission sur le métier d'enseignant inaugure ses auditions en recevant Claude Allègre, P.Meirieu, C. Thélot et l'inspecteur général J.-P. Obin. Installés il y a tout juste une semaine par le premier ministre, ses 12 membres, où se distinguent des experts (C. Forestier, A Van Zanten, E. Maurin), un grand homme politique (M. Rocard), des hauts fonctionaires (M. Pochard, P.-Y. Duwoye), ont une lourde tâche. Ils doivent  réfléchir à la mission des enseignants, à son exercice, à la durée du service, à la formation, la carrière, l'évaluation,la rémunération et la reconnaissance du métier d'enseignant. Et tout cela ils doivent le faire au pas de course puisqu'on attend d'eux la remise d'un "livre vert" à la fin du premier trimestre.

 

Il faut peut-être rappeler ce qu'on sait du métier d'enseignant. A commencer par sa lourdeur. Selon le ministère, le professeur du secondaire travaille 39h47 par semaine. Aux 18h 46 d'heures d'enseignement, s'ajoutent 21 heures consacrées aux préparations, corrections, suivi des élèves,  rencontres avec les parents ou encore réunions avec les collègues. Le rappel de ces chiffres, la pénibilité des heures de cours affirmée par 83% des enseignants, montrent d'ailleurs les limites du slogan "travailler plus pour gagner plus". La pénibilité du métier est aussi liée à l'isolement de l'enseignant, à l'émiettement des temps de formation, au climat scolaire souvent lourd dans nombre d'établissements. Les experts ont pu mettre en avant une complexification croissante du métier, liée aux réformes, génératrice d'un "malaise enseignant" que les études officielles confirment.  Selon une étude de l'Esen, "9 enseignants sur 10 reconnaissent l'existence d'un malaise interne. 6 sur 10 se sentent personnellement concernés". Le malaise touche particulièrement les enseignants les plus expérimentés, le cap des 20 ans de métier étant déterminant".  Pour C.Maroy, "les enseignants vivent des sentiments de déprofessionalisation ou de tensions entre leurs orientations normatives et celles des politiques dans la mesure où la dimension " affective " et éducative du métier tend à devoir être mise en veilleuse, au profit d'une logique d'enseignement plus instrumentale. La surcharge de travail peut aussi être paradoxalement liée dans ces contextes aux tentatives des enseignants de satisfaire simultanément les demandes officielles et leurs propres conceptions du métier".

 

Mais la commission devra aussi tenir compte des attentes légitimes des familles. Elles sont en droit d'attendre des enseignants des relations plus fréquentes (on sait que c'est un des points faibles du système français), un suivi plus individualisé de leur enfant, plus de cohérence dans l'organisation, les exigences et les attentes des enseignants au sein de la même classe.

 

La commission est-elle à même de faire évoluer positivement la condition enseignante ? Les qualités de ses membres peuvent le laisser espérer. Pourtant plusieurs éléments penchent vers un diagnostic pessimiste.

 

Le premier a été fourni par X. Darcos lui-même ce week-end. Il a montré comment, sur un enjeu qui concerne tous les acteurs de l'Ecole, le temps scolaire, il est capable de trancher sans prendre l'avis de personne. Voilà qui augure mal des auditions et du rapport.

 

Le second élément est évidemment budgétaire. On sait à l'avance que, quelles ques soient les recommandations de la commission, elles devront être compatibles avec une baisse programmée des dépenses d'éducation. Pas facile d'améliorer le métier d'enseignant alors qu'on supprime des postes et qu'une série d'audits préconisent une "rationalisation" parfois absurde du métier (par exemple ramener les langues vivantes à deux ou encore enseigner les disciplines générales à des amphis de 120 élèves…).

 

Améliorer le métier sans dépenser plus serait peut-être possible sur un certain temps à condition de changer les cadres  mêmes d'exercice. Car, comme M. Gather – Thurler et O. Maulini viennent de le montrer, les conditions d'exercice du métier  organisent le rapport pédagogique et la façonnent. C'est dire que le travail de la commission aurait pu être aidé s'il était accompagné d'une définition du type d'école voulu par le pays. Mais le gouvernement se garde bien d'avoir des conceptions originales sur l'Ecole en dehors du registre budgétaire. Or faute d'avoir élaboré un projet pour l'Ecole,de lui avoir donné des objectifs, on voit mal comment le gouvernement pourrait proposer une réforme du métier capable de répondre aux besoins et aux attentes. On ne peut pas changer positivement le métier d'enseignant sans poser la question de l'école que l'on veut.

La commission

 

 

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Réduire la semaine scolaire : bricolage ou levier ?

Réagissant à l'annonce de la suppression de l'école le samedi matin, Pierre Frackowiak, inspecteur et militant syndical, analyse l'évolution du temps scolaire. "24 heures, c'est bien… N'ayons pas de honte à le dire. Mais il faut vraiment en profiter pour réformer". Une analyse éclairée qui montre les enjeux de ce débat, à découvrir sur le site du Café.

Lire la tribune de P. Frackowiak

 

 

 

H.C.E. : "On suggère de s'intéresser à l'école maternelle"

Le rapport annuel du Haut Conseil de l'Education (HCE) a déjà suscité des réactions diverses sur le site du Café. Il a exaspéré une partie des enseignants qui se sont sentis mis en accusation. Il a été accueilli