L'Expresso du 2 Octobre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Pour l'Andev la semaine de 4 jours est incohérente et défavorable aux apprentissages

ÉDITORIAL

La jeunesse européenne : un investissement capital

LE SYSTEME

L'Aped analyse la politique scolaire de Sarkozy l Concours : Deux fois moins de postes en 2008 ? l Menus religieux dans les écoles lyonnaises l Angleterre : Les conservateurs jouent la peur

L’ÉLÈVE

L'Etat prend encharge la scolarité à l'étranger l Paris jeunes assoces

LA CLASSE

La motivation l 11ème édition du concours Histoires croisées

CITOYENNETE

DEI France appelle les sénateurs à rejeter la loi sur l'immigration

LES DISCIPLINES

Maths : Mathematice n°6 l SES : L'Apses soulagée après sa rencontre avec Darcos l EDD : Journées Rivières vivantes du WWF

LES TICE

Les Etats-Unis créent leur commando anti-terrorisme informatique

 

Le fait du jour

 

Pour l'Andev la semaine de 4 jours est incohérente et défavorable aux apprentissages

"La diminution du nombre d'heures du service public de l'enseignement  apparaît d'autant plus étonnante qu'elle est contradictoire avec différentes orientations récentes". Pour l'Andev, association des directeurs de l'éducation des villes de France, la suppression des cours du samedi matin n'est pas que néfaste pour les enfants. Elle augmente les charges des communes.

 

"Ce n'est sans doute pas l'intérêt des enfants qui a prévalu dans cette orientation" affirme l'association. L'Andev rappelle plusieurs études sur les rythmes scolaires, dont celle du CNRS (2003) : "ayant concerné 800 enfants de CE2 et CM2 (elle) tire les enseignements suivants : globalement, les enfants sont particulièrement fatigués le lundi matin, surtout en semaine de 4 jours du fait du long week-end; il y a de grosses variations de forme des élèves dans la semaine lorsqu'il y a un "trou" le mercredi". Pour l'Andev ce n'est pas le nombre d'heures de cours qui est trop important mais le nombre de jours de classe qui est trop faible et par conséquent les journées qui sont trop longues.

 

La suppression des cours du samedi matin semble aussi incohérente aux yeux de l'Andev. Elle contredit la politique ministérielle la plus récente. "Le Ministre appelait récemment les enseignants à effectuer réellement les trois heures de sports prévues dans les programmes, et certaines académies ont même incité les écoles à pratiquer 4 heures de sports hebdomadaire. De l'autre le ministre dans sa déclaration  insiste sur les enseignements fondamentaux "tous les enfants entrant en 6ième doivent savoir lire écrire et compter". Tout cela devra donc être mis en œuvre par les enseignants dans le cadre d'un nombre d'heure d'enseignement diminué".

 

Surtout, la décision ministérielle ignore les contrats éducatifs locaux et l'action des communes. "Une telle décision a des conséquences importantes pour les communes notamment en terme d'organisation de leur personnel. Les communes qui pour la plupart organisent de nombreuses activités le matin, le midi le  soir,  les mercredis et les vacances scolaires interviennent déjà auprès des enfants sur un temps beaucoup plus long que l'éducation nationale. La plupart, en complément de l'école, sont aussi présentes dans le soutien scolaire en mettant en place des études surveillées et de l'accompagnement à la scolarité. L'organisation de nouvelles activités à l'école le samedi  matin augmenterait donc encore leurs responsabilités auprès des enfants et les coûts de prise en charge des enfants. C'est pourquoi l'Andev estime que les heures d'enseignement libérées devraient être mise à la  disposition des communes en compensation de ce désengagement de l'Etat".

 

La décision unilatérale du ministre intervient au moment où il appelle les collectivités locales à participer financièrement au programme d'accompagnement scolaire. Pourra-t-il le mener à bien sans l'aide communale ?

L'Andev

 

 

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La jeunesse européenne : un investissement capital

Le nombre de jeunes en Europe diminue, leur contribution pour la prospérité européenne est d’autant plus nécessaire. C’est simple et mathématique : plus la population vieillit et plus on a besoin des jeunes pour faire vivre la communauté.

 

Partout en Europe, les plus jeunes sont confrontés à des difficultés d’insertion : réussir ses études, trouver un emploi, un logement. Ce n’est simple ni à Rome, ni à Paris encore moins en Hongrie mais beaucoup plus au Danemark. 17,4 % des jeunes européens sont au chômage soit près de 4,6 millions de personnes. Dans une communication récente, la Commission Européenne plaide pour « promouvoir la pleine participation des jeunes à l’éducation, à l’emploi, à la société ». Les coûts sociaux et économiques de l’inactivité sont élevés. Un jeune en difficulté d’insertion professionnelle se projette difficilement dans l’avenir, a du mal à s’intégrer dans la société, à construire sa propre famille.

 

L’inclusion de tous les jeunes a bien entendu une importance sociale forte. C’est aussi un enjeu économique. Un jeune sur six est en décrochage scolaire alors que la moitié des nouveaux emplois créés nécessite un niveau de qualification élevée. Le développement du capital humain, en tant que facteur clé de la réussite économique de l’Union Européenne, est devenu une nécessité. Il devrait induire une politique d’investissement dans le domaine social et éducatif. De la petite enfance à l’enseignement supérieur, la commission préconise une meilleure efficacité du système, tantôt pour assurer l’inclusion sociale de tous, tantôt pour mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi.

 

Ce sont les sirènes économiques qui viennent souligner l’absurdité de restrictions budgétaires appliquées à l’éducation. Moins d’enseignants, moins de moyens, des classes surchargées, des dotations horaires réduites, des projets en manque de budget : la logique de Bercy fait fi de la notion de capital humain, pourtant libérale, et l’Europe se contorsionne entre politique de rigueur et nécessité d’investir dans sa jeunesse.

On a coutume de dire que ce qui est rare est cher ; la jeunesse est un bien trop précieux pour la sacrifier sur l’autel d’une gestion à court terme.

 

Monique Royer

 

L’Union Européenne veut davantage d’investissement pour sa jeunesse :

La communication de la commission

Les chiffres de l’emploi des jeunes en Europe :

 

 

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L'Aped analyse la politique scolaire de Sarkozy

"Voici les chiffres qui condamnent la politique éducative sarkoziste" annoncent Nico Hirtt et l'Aped. "Une étude comparative, réalisée par l'Aped et portant sur les systèmes éducatifs européens, apporte désormais la preuve irréfutable que les réformes annoncées par le gouvernement de Nicolas Sarkozy - assouplissement de la carte scolaire et suppression du collège unique - conduiront à une augmentation catastrophique de la fracture sociale dans l'enseignement français. L'étude démontre en effet que le degré d'inégalité dans les systèmes éducatifs européens est directement corrélé, pour plus de 66%, au degré de liberté de choix d'une part, au caractère plus ou moins précoce de la première sélection hiérarchisante d'autre part. L'étude montre enfin que la suppression de la carte scolaire et l'abaissement de 14 à 12 ans du premier palier d'orientation conduiraient l'enseignement français à rejoindre la Belgique et l'Allemagne dans le peloton de tête des systèmes éducatifs les plus ségrégateurs sur le plan social". L'Aped publie un document de plusieurs pages   mettant en parallèle inégalités sociales, carte scolaire et sélection précoce.

 

L'analyse est intéressante mais a aussi ses failles comme par exemple le fait de ne pas distinguer dans l'affectation des élèves les différents systèmes d'affectation qui existent en Europe. On en reste donc à un niveau assez grossier d'analyse.

 

Nous en voudra-t-on de signaler à nouveau la publication prochaine de l'ouvrage de Nathalie Mons "Les Nouvelles Politiques Educatives" ( à paraître aux PUF). Dans cet ouvrage, N. Mons met en évidence l'inefficacité pour tous les élèves, y compris les plus favorisés, de la sélection précoce et d'une certaine forme de désectorisation. C'est déjà un ouvrage très attendu.

Etude Aped

Sur le Café : La France fait-elle le bon choix

 

Concours : Deux fois moins de postes en 2008 ?

"Les premières annonces sur le projet de loi de finances pour 2008 laissent apparaître la suppression de 3 000 emplois de stagiaires dans le second degré. Ceci aura nécessairement des conséquences dramatiques sur les recrutements de cette année" affirme le Snes. Selon le syndicat le nombre de postes aux concours externes pourrait être divisé par deux (6 500 contre 10 000 l’an passé).

Communiqué

 

 

Menus religieux dans les écoles lyonnaises

Selon Libération Lyon, la municipalité lyonnaise aurait invité les chefs religieux locaux à coopérer pour définir un menu sans viande compatible avec les différentes religions. Il s'agit de couper court aux demandes de cantine hallal.

Libé Lyon

 

Angleterre : Les conservateurs jouent la peur

A les écouter, si les conservateurs étaient au pouvoir en Angleterre, tout rentrerait dans l'ordre. Les chefs d'établissement pourraient exclure comme ils le voudraient. Les profs accusés de mauvais traitements auraient droit à l'anonymat. Bref "nous inverserons le rapport de force dans la classe" explique le ministre fantôme de l'éducation... Ce qui ne l'empêche pas de promettre aux parents "le choix et le contrôle" sur l'école.

Article BBC News

 

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