L'Expresso du 3 Octobre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Accompagnement scolaire : L'efficacité à quel prix ?

ÉDITORIAL

Entrer à l'école maternelle

LE SYSTEME

Commission sur le métier : premières auditions l Pour l'OZP, Darcos oublie les zep l Les enseignants du privé : enthousiastes mais inquiets l Des actions mi-novembre ? l Angleterre : Un établissement secondaire sur quatre est "inacceptable"

L’ÉLÈVE

Lire en fête du 19 au 21 octobre l Les parents de la Peep entre fantasme et réalité l Les Français aiment davantage leur école que leurs voisins européens l Paris refuse Base élèves l Valeurs de la famille, valeurs de l'école

LA CLASSE

Vous avez dit autorité… l Le guide de scolarisation des enfants handicapés l Concours Onisep

LA RECHERCHE

Les jeunes et les institutions

CITOYENNETE

Orange mécanique à l'Assemblée

LES DISCIPLINES

Maths : Sesamath récompensé par l'Unesco l EDD : Le bioéthanol en accusation l SES : Le rapport 2007 sur les PMA

LES TICE

Quizfaber pour les nuls

 

 

Le fait du jour

 

Accompagnement scolaire : L'efficacité à quel prix ?

L'accompagnement scolaire est-il efficace ? Si oui à quelles conditions ? "Si l’on se centre uniquement sur les résultats scolaires, c’est-à-dire l’amélioration des acquisitions ; d’un point de vue global, la fréquentation de l’accompagnement scolaire ne se traduit pas par des progrès notables".  Alors que l'accompagnement scolaire devrait être généralisé en 2008, Bruno Suchaut (Iredu) fait le point des études sur ce sujet. On dispose ainsi d'une synthèse fort utile.

 

Mais les effets varient selon les dispositifs. Et Bruno Suchaut discerne quatre facteurs qui permettent de le rendre plus efficace. "Les dispositifs les plus efficaces sont ceux qui sont directement en prise avec le travail scolaire" estime-t-il, ce qui revient à soutenir l'idée d'études dirigée effectuées par le professeur. Cette information est à recouper avec une autre : l'accompagnement scolaire est plus efficace en groupe. " Il s'agit d'éviter une trop forte individualisation de l'aide (entre 8 et 15 élèves par groupe semble être un choix pertinent) et de composer des groupes, autant que cela est possible, de profils hétérogènes tant sur le plan scolaire que social".

 

"Un des premiers critères qui joue sur l’efficacité des dispositifs", poursuit B. Suchaut, "est le niveau scolaire des élèves au moment où la prise en charge débute. Il apparaît, au CP et au CM1, que les élèves qui abordent l’année scolaire avec le plus de difficultés (environ un quart des élèves) tirent le plus de profit un avantage de l’accompagnement à la scolarité alors que ce n’est pas le cas pour les autres. Un constat similaire est relevé au niveau d’autres caractéristiques : les élèves d’un milieu social très modeste et les redoublants bénéficient davantage des actions".

 

Enfin, l'accompagnement scolaire est plus efficace quand il associe les parents. "Un des éléments d’efficacité sans doute le plus intéressant, par son caractère transversal et généralisable, est l’implication des parents dans les dispositifs".

L'étude de B. Suchaut

Sur le Café : l'Ecole et le politique

 

 

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Entrer à l'école maternelle

La rentrée la plus importante pour les enfants est sans conteste l'entrée à l'école maternelle, celle qui ne commence pas par un R. Pas de recommencement, c’est bien pour eux la première fois. En ce début du mois d’octobre, cette entrée est faite depuis un mois. Est-elle pour autant terminée?

 

Cette première entrée inaugure une longue série de 15 ou 20 rentrées pour l'enfant… comme pour ses parents. Mais l'enjeu ne s'arrête pas là : cette première entrée dans l'école est pour beaucoup d'enfants la première socialisation. Peu nombreux sont ceux qui ont fait l'expérience de la crèche, de l'éloignement de la structure familiale pour une longue période, où l’on peut manger, dormir, pleurer, jouer, faire ses besoins… loin du regard de ses parents ou de sa fratrie.

 

Cet enjeu de socialisation continue une fois franchie la porte de l'école maternelle : socialisation par le jeu, qui ouvre l’expérience de la relation, des règles, de l'imaginaire... socialisation par la parole qui introduit aux codes de notre société. Il est surprenant de voir que cet enjeu – l'entrée à l'école par la socialisation – est masqué par des attentes implicites à l'égard de l'école. Des parents, des décideurs ont tout-à-fait intégré l'idée que la scolarisation sera longue. Du coup, ils admettent l'idée que les apprentissages commencent le plus tôt possible. On est bien alors dans une logique de pilotage par l'aval. C'est l'aval qui commande, en l'occurrence l'élémentaire pour la maternelle, le collège pour le primaire, les classes préparatoires pour le secondaire, etc.

 

La traduction en est bien connue pour les enseignants de maternelle et de CP : tout faire pour préparer les enfants à la lecture-écriture, sésame du métier d'élève. Pour que tous les enfants sachent vraiment lire et écrire, il est peut-être utile de prendre la mesure des enjeux de socialisation en lien avec les apprentissages. D’abord avec les enfants, surtout ceux dont les familles sont les plus éloignées de l’univers scolaire : rien ne sert de les soumettre  à un stress en leur préparant des activités auxquelles ils ne peuvent mettre de sens. Ensuite avec les parents. Par exemple, il est parfois utile de dire aux mères et aux pères non francophones, qu'elles et qu'ils peuvent parler à leur enfant dans leur langue maternelle. Au moins les objets auront une existence pour l'enfant - avant d'avoir un nom français - et leurs parents se sentiront autorisés à tenir un rôle symbolique essentiel pour la scolarisation. Cette dimension-là est aussi vraie pour les parents francophones…

 

Pour « refonder l’école maternelle », la mission confiée à Alain Bentolila par le ministre est claire : "faire de l'école maternelle le premier rempart contre les inégalités linguistiques et sociales". "Elle doit retrouver sa spécificité dans l'organisation des apprentissages dès le plus jeune âge."

 

La logique d’organisation sera-t-elle encore pilotée par l’aval, comme le suggère la référence au rapport du Haut Conseil de l’Education sur l’école primaire ? Permettra-t-elle de lever la référence injustifiée à l’illettrisme, comme nous le dénoncions la semaine dernière ? La Ligue de l’Enseignement sera attentive aux propositions qui seront formulées.

 

Olivier Masson,

chargé de mission Education à la Ligue de l’Enseignement

 

Retrouvez tous les mercredis la tribune de la Ligue de l'enseignement

 

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Commission sur le métier : premières auditions

Moins d'heures de cours contre moins de redoublements ou plus d'investissement dans les activités hors cours. C'est selon l'AFP, ce que Philippe Meirieu a proposé à la Commission sur le métier d'enseignant. Il a aussi demandé à ce que les professeurs principaux de 6ème, 3ème et 2de soient déchargés partiellement de cours et dotés d'un bureau pour qu'ils fassent l'interface avec les familles et les collègues. La Commission doit remettre en décembre un "livre vert" sur le métier d'enseignant.

Dépêche AFP

Sur le Café éditorial du 1er octobre

 

Pour l'OZP, Darcos oublie les zep

"A cette rentrée scolaire, lorsque le ministre de l‘Education nationale parle de l’éducation prioritaire, c’est uniquement à propos de l’accompagnement éducatif, qui démarrera en ZEP avant d’être généralisé à la prochaine rentrée. Mais il garde le silence sur l’essentiel : la poursuite de la réforme engagée par son prédécesseur". L'Ozp est probablement le seul mouvement pédagogique à regretter Gilles de Robien. Elle avait jugé positive la création des Réseaux Ambition Réussite (RAR) dans la mesure où ils étaient axés sur une logique d'équipe éducative.  

 

Aujourd'hui, l'Ozp s'inquiète du silence ministériel d'autant que la question des établissements zep qui ne font pas partie des Rar n'est pas tranchée.

 

L'Ozp a aussi détecté la disparition de l'annuaire des zep sur le site ministériel. "Il est étonnant que cet annuaire ait disparu. De plus, les zones et réseaux deviennent, selon le titre en ligne, des « établissements ». L’éducation prioritaire, basée sur un territoire interdegrés et partenarial serait-elle en train de muter ?" interroge l'Ozp.

Communiqué

Communiqué

 

Les enseignants du privé : enthousiastes mais inquiets

"Dans leur très grande majorité, les collègues aiment leur métier, travaillent en équipe, “se défoncent” souvent pour aider les jeunes à réussir scolairement et humainement. Mais ils souffrent de ne pas être reconnus à la hauteur de leur investissement, ils regrettent l'absence d'un véritable pilotage du système éducatif, pilotage sans lequel il n'y a ni sens ni permanence". L'enquête réalisée par la Fep-Cfdt auprès d'environ 5 000 professeurs du privé sous contrat apportent des éclairages qui dépassent probablement l'enseignement privé.

 

D'abord sur l'engagement des enseignants : 29% trouvent leur métier passionnant, 55% intéressant, des taux qui montent à 51 et 43% chez les plus jeunes. Les profs du privé se reconnaissent plutôt dans l'image de l'éducateur : dans l'ordre le métier c'est "apprendre à apprendre" (56%), "éduquer" (50%) puis "transmettre des savoirs" (44%).

 

Ils se sentent peu soutenus pour 40% d'entre eux. Seuls 4 enseignants sur 10 considèrent, par exemple, que leur dernière inspection leur a apporté de vrais conseils pédagogiques. Enfin surgit la peur de l'avenir : 44% demandent une possibilité de reconversion en fin de carrière. On sait qu'au Café, avec la rubrique Carrière, on veille à y aider.

Fep Cfdt

Sur le Café la rubrique Carrière

 

Des actions mi-novembre ?