Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Selon le Se-Unsa, le budget 2008 est plus restrictif qu'annoncé
ÉDITORIAL
Que faire du samedi matin ?
LE SYSTEME
Qui sont les volontaires des collèges expérimentaux ? l Un nouveau sondage sur l'Ecole
L’ÉLÈVE
Une enquête met en évidence la discrimination ethnique dans l'accès aux stages l La révolution numérique au service des étudiants parisiens l Mini Frimousse un concours del'Unicef
LA CLASSE
Forum@tice à Reims
CITOYENNETE
A propos du 22 octobre
LES DISCIPLINES
Maths : Un hors-série des DIE l Physique : A Fert prix Nobel
LES TICE
Faille dans Internet Explorer,Word, Outlook l Les pirates se professionnalisent
Selon le Se-Unsa, le budget 2008 est plus restrictif qu'annoncé
"Travailler plus pour gagner plus" : ce n'est pas ce qu'on lit dans le projet de budget selon le Se-Unsa. Les restrictions budgétaires iraient bien au-delà des 11 000 postes annoncés. La lecture du projet de budget effectuée par le syndicat décrit une austérité renforcée.
Selon le Se-Unsa, il n'y aurait en réalité que 300 postés créés au primaire, contre 700 promis, soit un poste pour 123 élèves de plus.. Inversement , au secondaire, un poste est fermé pour 5 élèves en moins.
Résultat : les concours sont touchés. Dans le primaire 670 emplois de stagiaires sont supprimés, dans le secondaire 2150. "C’est la confirmation du remplacement de moins d’un enseignant sur deux partant en retraite" analyse Luc Bérille." Compte tenu de la remontée attendue des effectifs, ces décisions auront pour corollaire une réduction importante de l’offre d’enseignement (horaires, options…). Quant aux étudiants qui, depuis quatre ans, se préparaient aux concours, ils voient se refermer cruellement des possibilités d’emplois importantes".
Le budget ne permettra aucune amélioration salariale. "Le projet de budget 2008 ne prévoit aucune augmentation salariale collective pour les personnels. Le gouvernement scelle ainsi une perte de pouvoir d’achat qui atteindra 10 % cumulée depuis 2001 ! Pour la seule fraction d’enseignants qui voudra et pourra s’adonner au « travailler plus », un abondement massif en heures supplémentaires tiendra lieu de revalorisation salariale …
Communiqué
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Que faire du samedi matin ?
Nous avions déjà des interrogations sur les motivations réelles ou supposées de l’inventivité des ministres… Marquer son passage, se démarquer de son prédécesseur, être un collaborateur appliqué du président de la République…
Avec la suppression annoncée du samedi matin, le ministre de l’éducation nationale entend peut-être faire les trois. Ce qui est certain c’est que sa précipitation crée la plus grande confusion. Cette décision n’est assurément pas dictée par l’intérêt des enfants et des élèves. Ni pour leur qualité de vie, ni pour leur scolarité dont nous savons maintenant qu’elle sera amputée de deux heures par semaine pour l’Ecole primaire.
Répond-elle à une évolution des temps sociaux et des vies familiales ? Oui pour arranger les départs en week-end des 10% de familles qui partent, oui pour faciliter l’organisation des familles pluriparentales… mais non pour les parents isolés qui travaillent le samedi matin, très souvent des mères. De plus, nous savons que les enfants qui ont peu de ressources culturelles à la maison ont plus de difficultés à raccrocher après une coupure de deux jours…
Cette décision, prise sans véritable concertation, est une façon partiale et partielle d’entrer dans la difficile question de l’organisation des temps de vie et d’apprentissages des enfants. L’imposition de la semaine de 4 jours sans accompagnement local intelligent et pérenne est le pire des scénarios pour les enfants.
Des collectivités locales ont réuni des acteurs nombreux pour articuler tous les dispositifs et prendre en compte les temps de l’enfant, qui ne sont pas toujours ceux des adultes.
On retrouve d’ailleurs le même risque à propos de la politique annoncée de développement progressif de l’accueil éducatif après le temps scolaire avec une généralisation dans les 4 ans à tous les élèves des écoles primaires et des collèges. Les décideurs n’étant pas les organisateurs et les payeurs, ou seulement pour partie, une bonne politique de droit commun affichée peut avoir de redoutables effets de développement des inégalités territoriales. Les meilleures intentions peuvent être discréditées par de telles méthodes.
Ainsi la volonté de donner toute son importance à l’éducation artistique et culturelle, de renforcer la place du sport à l’Ecole, ne peut que trouver une alliée dans la Ligue, ses initiatives culturelles et sa fédération sportive scolaire USEP, qui concernent plus 3 millions d’enfants.
La Ligue de l’Enseignement s’étonnera toujours que de telles politiques fassent l’objet d’effets d’annonces là ou l’ambition éducative et la cause partagée et reconnue de la réussite scolaire devraient faire une large place à l’évaluation des politiques et pratiques existantes et l’association étroite de tous les acteurs concernés : personnels, parents, élus des collectivités, associations, autres institutions éducatives…
La Ligue a bien entendu la volonté du ministre de l’éducation nationale exprimée ce mardi 2 octobre lors de la réunion du Conseil National des Associations Complémentaires de l’Enseignement Public de corriger la méthode et d’établir un véritable dialogue avec tous les acteurs de l’éducation.
Depuis une dizaine d’années de véritables politiques éducatives locales et territoriales se sont construites grâce à l’engagement conjoint des collectivités, des services déconcentrés de l’Etat et du système scolaire en particulier, des militants associatifs, des associations, des structures de quartiers. Elles se sont appuyées sur des dispositifs parfois compliqués, contradictoires, empilés, dont elles ont su souvent tirer le meilleur. Pourquoi gaspiller ces acquis dans la précipitation ?
Comme son action témoigne depuis toujours, la Ligue entend mettre à profit toutes les politiques publiques qui confortent le projet d’une Ecole démocratique. Elle en est par nature et par conviction partenaire avec son réseau de fédérations départementales et d’associations locales qui oeuvrent au quotidien avec des millions d’enfants et de jeunes, les établissements scolaires, les familles et les élus locaux. Mais elle veillera à mettre en lumière les contradictions entre les volontés affichées et leur traduction, surtout dans une période ou la logique de gestion comptable semble inspirer les choix du gouvernement.
Olivier Masson
Secteur Education, Ligue de l’Enseignement
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Qui sont les volontaires des collèges expérimentaux ?
Hussard noir ? Militant envoyé à "l'établi" ? Pédagogue prêcheur ? A la veille d'une réunion importante avec le représentant du ministre, le projet de collèges expérimentaux lancé ici-même par Gabriel Cohn-Bendit enregistre son 235ème volontaire. Le groupe de pilotage du projet a bien prévu de les rencontrer tous mais, pour le moment, ils restent un peu mystérieux. Qui sont ces profs prêts à quitter le ronron douillet des salles des profs des établissements "ordinaires" pour affronter le collèges difficiles ? Qu'attendent-ils de ce projet ? Quelles conditions mettent-ils .à leur collaboration ?
A la guitare, Hervé Grau, 46 ans, prof de physique dans un lycée nantais. "Je ne crains rien de plus que la routine" nous dit-il. Mais son engagement est plus profond. "Nous ne pouvons pas laisser cette population de jeunes en échec plus longtemps" ajoute-il. "Ce serait une forme de suicide de société, et nous avons besoin de ce vivier de ressources humaines. Trop peu d’élèves du collège « ambition réussite » qui est pourtant sur notre secteur arrivent jusqu’à mon lycée. Ce n’est pas normal, quant à ceux qui y arrivent, ils sont déjà bien persuadés qu’ils ne sont pas comme les autres et cela m’est de plus en plus intolérable...".
Laurence Chabod, prof de maths en collège à Saint-Brieuc, cherche à travailler autrement. "Je supporte de moins en moins de ne pas venir en aide aux élèves auxquels le système ne convient pas" nous confie-t-elle. "Je m’interroge sur les raisons qui transforment des enfants de sixième encore plein de l’envie d’apprendre en élèves qui subissent les cours quelques mois plus tard (alors qu’on devrait tout faire pour conserver cette envie précieuse). Je souhaite qu’on cesse de demander à tous les élèves d’avoir acquis la même chose au même moment, j’aimerais que l’esprit de compétition ne soit pas mis en avant".
C'est des collègues comme Laurence que Sabine Massiani, une jeune prof de SVT en région parisienne, cherche. "L'immobilisme des collègues … à la fin on en a marre." J'ai juste envie d'autres choses et de pouvoir parler pédagogie au sein d'une équipe pour rendre plus efficace l'enseignement que l'on apporte aux élèves et répondre au mieux à leurs difficultés".
L'équipe c'est le vœu de nos trois enseignants. "Travail en équipe, sans hiérarchie (partage des rôles et des tâches sans notion de « supérieur » ou « inférieur »)" demande Laurence qui demande un travail " en équipe avec l’aide de chercheurs, pédagogues, théoriciens, philosophes". "J’attends un changement en terme d’autonomie.." précise Hervé. "S’il y avait deux caractéristiques indispensables à ces collèges à retenir elle seraient pour moi les suivantes : tout le monde enseigne, d’une manière ou d’une autre ! Pas de personnel non enseignant ; tous les élèves doivent être amenés à travailler avec des adultes ; donner aux élèves la responsabilité d’un certain nombre de taches traditionnellement dévolues aux adultes (d’où mon point précédent) : on demande aux élèves d’être responsables, et ils ne le sont jamais. Dans les écoles primaires, de nombreuses tâches sont déléguées aux élèves, ceci disparaît au collège. C’est un grave non sens".
L'appel de Gabriel Cohn-Bendit
Un nouveau sondage sur l'Ecole
En lien avec une émission de France 2, Le Figaro et RTL publient un sondage sur l'Ecole. On retiendra des aspirations confuses. Les deux tiers ou les quatre cinquièmes des français souhaitent l'accueil des handicapés en classe, des études encadrées, l'obligation pour les élèves de se lever quand le professeur entre, l'interdiction du téléphone portable dans les établissements, le service minimum des enseignants. Mais ils veulent aussi les après-midi libres,le samedi libre et l'anglais dès la maternelle. Alors ils veulent tout changer ? Oui mais ils sont majoritairement satisfaits de l'école. Surtout la leur…
Sondage en pdf
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