Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Darcos rappelle les profs à l'ordre sur l'immigration
ÉDITORIAL
Lire ou ne pas lire Guy Môquet ?
LE SYSTEME
Eric Maurin : La démocratisation scolaire bénéficie à toute la société l 18 octobre : la Fsu appelle à "l'action" l La Fcpe inquiète pour l'enseignement agricole
L’ÉLÈVE
Les immigrés entre réussite et désillusions scolaires l Découvrez les métiers du bâtiment au féminin
LA CLASSE
TPE : Un rapport officiel arrive à la conclusion qu'il faut bien deux ans…
LA RECHERCHE
La journée d'étude d'Education et devenir
CITOYENNETE
ECJS : La liberté (selon) le peuple l Le futur traité européen est prêt l Quand la police veille sur l'icône présidentielle l Une justice aveugle…
LES DISCIPLINES
Français : Plurilinguisme et dynamiques identitaires à l'école le 20 octibre l EDD : 600 enseignants vendéens en formation l EDD : Ls prix Nobel lancent l'appel de Postdam l Langues : La Chine en Alsace l SVT-ST2S : Contraception : une campagne qui touche aussi les prescripteurs
LES TICE
Les difficultés d'intégrer les tice mises en évidence en Aquitaine l Le livre,l'écran et Roger Chartier l Le wi-fi sous surveillance au Royaume-Uni.
Darcos rappelle les profs à l'ordre sur l'immigration
La réponse ne s'est pas fait attendre. Le 11 octobre l'intersyndicale de l'éducation écrivait au ministre de l'éducation nationale pour protester contre les 25 000 reconduites à la frontière annoncées et rappeler les engagements internationaux, comme la Convention internationale des droits des enfants. "Nous ne pouvons accepter de voir remis en cause le droit des enfants et des jeunes à l'éducation quels que soient leur origine et leur statut juridique ou celui de leurs parents" écrivaient les syndicats.
Selon l'AFP, Le ministre fait connaître un courrier qu'il a adressé aux recteurs fin septembre. Il y rappelle à la fois l'obligation pour les enseignants d'accepter en classe les enfants sans papiers et celle de respecter la loi. "Je tiens à rappeler à chacun ces deux règles fondamentales: l'accueil de tous les enfants à l'Ecole et le respect par tout agent public des lois de la République".
Le 25 septembre, Armen Vera, 7 ans, a été arrêté par la police dans son école, l'école Fernand Buisson de Montauban. Ses parents sont des demandeurs d'asile albanais de nationalité serbe.
Dépêche AFP
L'arrestation d'Armen
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Lire ou ne pas lire Guy Môquet ?
S'il revenait parmi nous Guy Môquet serait sans doute bien surpris de voir à quel point son souvenir occupe et divise les Français ou parfois les réunit curieusement. A une semaine du 22 octobre, jour officiel de la lecture de la lettre de Guy Môquet ordonnée par le président de la République, la discussion est loin d'être close chez les enseignants. Des lettres ouvertes venues du terrain se croisent avec les consignes des organisations syndicales et on peut déjà prédire une belle confusion là où le président voulait une cérémonie glacée.
Pourtant les instructions officielles sont difficilement contestables. Le B.O. du 30 août appelle à "rappeler aux élèves des lycées l’engagement des jeunes gens et jeunes filles de toutes régions et de tous milieux qui firent le choix de la résistance", quitte à utiliser d'autres exemples y compris la jeune allemande Sophie Scholl. La lecture de la lettre de G. Môquet pourra être confiée à des résistants ou déportés ou "toute personnalité dont l’engagement, le rayonnement ou la notoriété pourraient sensibiliser les élèves", ce qui devrait quand même écarter bon nombre de politiciens locaux… Enfin "le programme se poursuivra par une réflexion collective menée dans le cadre de la classe. On exploitera notamment les thèmes liés à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale dans les programmes d’enseignement notamment d’histoire, de lettres, de philosophie". Que demander de plus?
Les premières critiques reposent sur le fait que la cérémonie en elle-même est anti-éducative. "C’est une lettre à sa famille d’un adolescent qui va mourir" écrit un professeur d'histoire-géographie. "Que ce soit de la fusillade ou du cancer, la lettre convient toujours. Il s’agit de provoquer l’émotion". Il ajoute que "l'émotion rend manipulable, pas autonome" ce qui est précisément l'objectif de l'enseignant. Or l'émotion est forcément présente assez souvent en cours, et particulièrement en histoire, et elle n'est pas sans rapport avec la mémorisation. Pour autant elle est difficilement conciliable avec la compréhension de la complexe réalité historique.
Pourquoi aussi avoir choisi un repère aussi brouillé ? Car honorer Môquet c'est se souvenir d'un otage et non d'un résistant. C'est, comble du paradoxe sarkozyste, comme l'a écrit l'historien Jean-Pierre Azéma, rappeler le rôle de la droite française dans la répression allemande puisque Môquet fut choisi par Vichy pour être supplicié ("si dans la Résistance n'ont pas milité seulement des femmes et des hommes de gauche, si tous les hommes politiques de droite ne se sont pas retrouvés à Vichy, ce sont bien des hommes de la droite qui, par haine de la gauche,ont aidé l'occupant à établir la liste des 27 suppliciés"). La France compte des figures résistantes plus affirmées, pas forcément martyres d'ailleurs.
Imposer cette cérémonie c'est aussi rappeler les récentes incursions de la droite dans l'enseignement de l'histoire. On se rappelle la tentative des députés UMP pour imposer l'enseignement des "aspects positifs" de la colonisation. Il aura fallu la mobilisation des historiens et de nombre de professeurs d'histoire pour faire abandonner cette loi, pourtant votée. Aussi la curieuse initiative présidentielle, qui prétend inclure le passé dans le champ de l'autorité présidentielle éveille immédiatement… la résistance.
Quel sens donner à la lecture de la lettre de G.Môquet ? Il faut d'abord rappeler que la loi Fillon sur l'Ecole reconnaît la liberté pédagogique des enseignants. Mais on peut se fier au B.O. du 30 août pour apporter la bonne réponse à cette interrogation. En demandant aux enseignants une réflexion collective avec exploitation des thèmes au programme, il rappelle l'exigence pédagogique que doivent avoir les professeurs. Lire la lettre de G. Môquet n'a de sens que si on a la possibilité d'une véritable exploitation historique en classe. A défaut on irait contre les instructions officielles.
C'est d'ailleurs ainsi que l'ont compris les IPR de Lettres, histoire-géo, philosophie et IEN de Lettres histoire de Nantes qui ont signé en commun un document qui demande "un projet pédagogique cohérent". C'est aussi dans cet esprit que deux enseignants, Pierre Papet et Jean-Pierre Roux, ont mis au point un travail qui apprend à distinguer l'histoire de sa récupération politique. C'est finalement à cela que peut servir l'injonction du 22 octobre.
Au B.O.
Le dossier nantais
Le cours et les documents de P. Papet et JP Roux
Les réactions des profs d'histoire-géo sur la liste des Clionautes
L'avis duSgen Cfdt
L'avis du Snes
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Eric Maurin : La démocratisation scolaire bénéficie à toute la société
Economiste, Eric Maurin entre dans le débat en synthétisant plusieurs enquêtes, menées dans plusieurs pays européens, visant à comprendre l’efficacité des différents systèmes éducatifs. Il décortique donc méthodiquement plusieurs décennies de résultats statistiques sur les salaires, les diplômes, l’accès à l’emploi des différentes générations, dans le but de comprendre si les réformes de la scolarisation amènent des évolutions dans la démocratisation, c’est à dire un meilleur accès des enfants des catégories sociales inférieures à l’emploi, à un salaire correct ou à un statut social. A toutes les questions, sa réponse est oui.
Au moment où il faudrait « franchir une nouvelle étape de démocratisation », il déplore donc qu’une « certaine gauche » s’unisse à la droite pour « revenir sur les acquis » des précédentes étapes. C’est au contraire à une nouvelle étape de démocratisation qu’il appelle, pour contrer les effets d’immobilisme engendrés par le coup d’arrêt porté à la démocratisation à partir des années 80. En ces temps où l’opinion prend le pas sur l’analyse précise des chiffres et des faits, l’ouvrage d’Eric Maurin est un précieux viatique pour qui souhaite prendre sa place dans les débats en cours sur l’Ecole, sans se limiter aux idées toutes faites. Exigeant, mais salutaire.
Le compte-rendu de P.Picard
Sur le Café : La France fait-elle les bons choix de N.Mons
18 octobre : La Fsu appelle à "l'action"
Grève, pas grève ? " Le Snes appelle les personnels à s’ engager (dans l'action) en participant massivement aux actions décidées localement de grèves, manifestations, et rassemblements".
Communiqué
La Fcpe inquiète pour l'enseignement agricole
"L'enseignement agricole souffre d’une logique purement budgétaire qui vise à supprimer des postes et à dégrader les conditions de fonctionnement du service public au détriment de la qualité de l'enseignement et de la réussite des élèves" écrit la Fcpe qui dénonce "les conditions d’accueil des élèves (qui) se dégradent d’année scolaire en année scolaire".
Communiqué
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