L'Expresso du 19 Octobre 2007 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Les suppressions de postes se feront principalement aux dépens des stagiaires

ÉDITORIAL

Pas de politique c'est déjà une politique…

LE SYSTEME

Guy Môquet : les risques d'une lecture l Grève : 10 à 20% l Au Cameroun de la transe à l'émeute l Une école clandestine découverte à Brème l Le Café mensuel en pdf

L’ÉLÈVE

Les enfants victimes des conflits l Leçons de démocratie dans Les Clés de l'actualité

LA CLASSE

Lire en fête du 19 au 21 octobre l Le concours des classes découvertes

LA RECHERCHE

Littérature et handicap

CITOYENNETE

Histoire nationale et concurrence des mémoires l L'Europe à la recherche de sa culture

LES DISCIPLINES

Primaire : L'université d'automne du Snuipp l Maths, histoire et français l Langues : Epreuve orale au bac STG l SES : Le Japon vieux et dynamique l Physique chimie…

LES TICE

Une faille dans Opéra

 

 

Le fait du jour

 

Les suppressions de postes se feront principalement aux dépens des stagiaires

Où le ministère va-t-il récupérer des moyens ? Publiés en ligne ,les "jaunes budgétaires" permettent de répondre à cette question par une lecture exhaustive du budget 2008.

 

Au primaire, selon le programme gouvernemental, il n'y aurait que 30 créations d'emploi, et non 700 comme annoncé. En effet, si 700 postes d'enseignants supplémentaires apparaissent au budget 2008,ils sont contrebalancés par la récupération de 670 postes d'enseignants stagiaires. Enfin, les enfants de maternelle vont être mis à contribution pour équilibrer le budget. L'Etat récupérera 200 millions sur ce poste. C'est dire que le taux de scolarisation à deux ans va diminuer.

 

Dans le secondaire également, les stagiaires portent le poids des restrictions : 2 130 emplois de stagiaires sont supprimés. A cela s'ajoutent près de  7 000 emplois d'enseignants. Enfin le personnel administratif va encore perdre 400 personnes. Depuis 2005, 8 000 postes de personnels administratifs ont été supprimés.

Les bleus et les jaunes financiers

 

 

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Pas de politique c'est déjà une politique…

Le ministère défend-il une pédagogie ? La publication du compte-rendu d'une réunion entre le climope (comité regroupant les principaux mouvements pédagogiques) et un adjoint de Darcos (selon un compte-rendu publié dans  le dernier Gfen Actu) amène à poser cette question. Officiellement, non. La loi Fillon a  institué la liberté pédagogique et les déclarations ministérielles vont en ce sens. "La liberté sera conditionnée aux résultats, les expérimentations aussi" dit-on rue de Grenelle.

 

D'après ce texte, si le ministère proclame la liberté pédagogique, c'est dans l'idée de l'offrir à tous, y compris aux mouvements les plus  réactionnaires. Il évaluerait ensuite les résultats pour maintenir ou supprimer les soutiens. Cette position appelle quelques remarques.

 

D'une part elle est faussement neutre. Elle permet de maintenir un soutien officiel à des groupuscules reconnus par Robien. Peut-être un jour sauveront-ils la patrie mise en danger par les affreux pédagogues. Mais , jusqu'à présent, leurs exploits ont eu lieu davantage sur les plateaux télévisés ou dans les congrès UMP que dans les salles de classe. On est bien éloigné de la renommée des organisations du Climope, présentes sur le terrain au niveau national et depuis longtemps. 

 

D'autre part on y perçoit l'idée sarkozienne du pilotage par l'évaluation. Or, très concrètement, les résultats d'une évaluation dépendent directement de ses critères. Ainsi entre un lycée de  centre ville et un établissement de banlieue, retenir le critère du taux de réussite au bac aboutirait évidemment à une évaluation truquée. Tant que cette question là n'est pas définie, attribuer des moyens selon évaluation est tout sauf transparent.  D'autre part l'idée même d'un pilotage par les résultats, c'est-à-dire de la mise en concurrence des établissements a conduit, là où elle est tentée, à des déviations nocives comme par exemple une perte de sens des enseignements au bénéfice des tests. Aux Etats-Unis cela a même conduit une proportion non négligeable d'établissements à falsifier les tests.

 

C'est peut-être le moment de glisser que des évaluations ont déjà été pratiquées. Pour aider le ministère, signalons celle d'Yves Reuter sur une école Freinet à Mons en Baroeul. M. le ministre, Freinet ça marche….

Gfen

Sur le Café article sur Mons en Baroeul

 

 

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Guy Môquet : Les risques d'une lecture

On savait que la lecture de la lettre de Guy Môquet nuisait à la sérénité d'un établissement. Le Monde du 18 octobre interroge le psychiatre Xavier Pommereau. Frappé de la similarité entre la lettre de G. Môquet et celle de jeunes suicidés, le médecin met engarde les enseignants. " Cette lettre reste sur le registre de l'émotion et il faut éviter tout contresens. Rien ne dit que le jeune homme n'a pas choisi de mourir, y compris en se sacrifiant. Sortie de son contexte, elle peut avoir un aspect extrêmement pathétique et mobilisateur. Les lettres d'adieu que l'on trouve aujourd'hui ne sont pas celles de jeunes résistants mais de jeunes suicidants. Et le suicide est la seconde cause de mortalité chez les 15-24 ans après les accidents de la route. Je le répète, il faut impérativement lever le doute… En plus du contexte historique, les professeurs peuvent aussi rappeler que Guy Môquet était un jeune homme comme eux, qu'il avait une fiancée, Odette, ce que rien ne laisse deviner dans la lettre, et qu'il dira à ses copains, avant de mourir, combien il regrette de ne pas avoir pu l'embrasser".

Article du Monde

 

Grève : 10 à 20% de grévistes

Selon le ministère, 10% des enseignants ont fait grève le 18 octobre, un taux doublé dans certaines académies comme Paris et Créteil et Aix-Marseille.

Dépêche AFP

 

Au Cameroun de la transe à l'émeute

Que s'est-il passé au collège La Maturité à Douala ? Le Messager interroge deux émeutiers : "J'ai ma sœur qui est parmi les élèves qui sont tombés en transe" dit l'un. "Si elle meurt comme les autres, vous n'allez pas me la remettre…Cela ne va pas continuer comme ça. Nous allons détruire tout cet établissement. L'armée ne va pas rester là indéfiniment".  Au matin trois élèves de l'établissement entrent en transe. Il n'en faut pas plus pour que le chef d'établissement soit accusé de sorcellerie et le collège saccagé. L'émeute gagne alors ce quartier périphérique de Douala provoquant l'intervention de la police.

Article du Messager

 

Une école clandestine découverte à Brème

Elle fonctionnait depuis au moins 30 ans. Créée par des parents d'extrême gauche hostiles à l'autoritarisme de l'école officielle, l'école clandestine regroupait des enfants d'âge variable. La loi allemande interdit l'éducation à domicile.

Article du Guardian

 

Le Café mensuel en pdf

Le Café mensuel est disponible en version imprimable au format pdf.

Le sommaire

Le Café 86 en pdf

L'affichette pour la salle des profs

 

 

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Les enfants victimes des conflits

Comme Masika, en république démocratique du Congo, les enfants sont de plus en plus souvent pris en cible dans les conflits, estime un rapport de l'Unicef. Ils sont victimes d'attaques commises contre leurs écoles et d'enlèvements qui ont pour but de les  obliger à combattre ou à servir d'esclaves sexuels ou de domestiques. Et dans les zones de conflit, ils sont souvent encore plus vulnérables parce que la violence supprime leur première ligne de défense -leurs parents.

 

L'Unicef demande aux états de donner la priorité aux enfants y compris après le conflit.

Le rapport

 

Leçons de démocratie dans Les Clés de l'actualité

Les Clés interpellent sur deux dates importantes : le 21 octobre la Suisse élira ses députés, le 23 le Liban choisira un nouveau président. Deux élections à risques. Au Liban la menace terroriste est ben présente. En Suisse, le premie