L'Expresso du 23 Octobre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Sept fédérations de la Fonction publique appellent à la grève le mardi 20 novembre

ÉDITORIAL

Du contrat… de travail.

LE SYSTEME

Réussite scolaire, LOLF et pilotage l Môquet : impossibles évaluations l La politique prioritaire anglaise remise en question l Les médias en zep à Montfermeil l Le procès de F. Guimard.

L’ÉLÈVE

Samedi sans école,que faire ? l Eat Well, Do Well

LA CLASSE

La nouvelle vidéo du Café

LA RECHERCHE

Rêves et réalités des chefs d'établissement

CITOYENNETE

La loi sur l'immigration adoptée aujourd'hui ?

LES DISCIPLINES

Histoire :le manuel franco-allemand l ST2S : L'enzyme de la schizophrénie

 

 

Le fait du jour

 

Sept fédérations de la Fonction publique appellent à la grève le mardi 20 novembre

"Face aux exigences d’augmentation de la valeur du point d’indice pour un réel maintien du pouvoir d’achat pour tous, et de refonte globale de la grille indiciaire, sont évoquées par le gouvernement des « mesures concrètes et ciblées » sur une partie des agents de la Fonction publique". Les fédérations de la Fonction publique CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires, CFTC appellent "à faire grève, à se rassembler et à manifester le 20 novembre 2007 (jour du vote du budget à l’Assemblée Nationale) dans toute la France".

 

Communiqué

 

 

N’hésitez pas à réagir sur les actualités qui vous interpellent, comme sur la plupart des articles du Café en vous rendant dans le forum correspondant (menu de droite).

Pour pouvoir réagir, il faut préalablement s’être inscrit sur le site et être identifié. À très vite !

 

 

Du contrat… de travail.

C’est l’époque de la contractualisation. Dans les inspections académiques et les rectorats, on reçoit les chefs d’établissement pour définir avec eux comment va se traduire cette nouvelle exigence de la LOLF : indicateurs, objectifs prioritaires, évaluation… Est-ce une nouvelle montée de la bureaucratie, ou une nouvelle culture du dialogue de gestion ?

 

Dans le même temps, la commission Pochard audite les partenaires sociaux et écoute leurs propositions sur l’évolution du métier d’enseignant. Nouvelle déréglementation en vue ou indispensable réflexion pour mieux d’école dans les établissements ?

 

La contribution du SGEN-CFDT fourmille de propositions que d’aucuns jugeront iconoclastes, mais qui ont le mérite de tracer des pistes de réflexion.

 

S’appuyant notamment sur ce qui existe déjà dans l’enseignement agricole, où l’enseignant complète sa mission traditionnelle avec des suivis d’élèves ou de l’animation de projet, le syndicat demande de rompre avec l’actuelle division du travail dans les établissements, et propose un service en plusieurs blocs : enseignement et soutien scolaire d’une part, projets de l’établissement et vie scolaire de l’autre. Le syndicat invoque la nécessité d’organiser un service « TCC » (toutes charges comprises) intégrant toutes ces missions « avec une baisse significative du nombre d’heure de face à face ». Et concernant la dotation aux établissements, il réclame donc une dotation en deux morceaux : « l’une correspondant au fonctionnement « nécessaire » pour assurer l’horaire officiel élèves, l’autre contractualisée avec les autorités de tutelle et les collectivités territoriales. Dans le même temps, il réclame pour le chef d’établissement un rôle d’animateur de projet, et demande de rompre avec une vision strictement hiérarchique. Il réclame également un volant de remplaçants « formation continue » comme cela existe dans les écoles, pour permettre de développer la formation sans reporter la charge sur les collègues.

 

Parce qu’elles ont le mérite d’une certaine cohérence, ces propositions méritent sans doute d’être discutées par les différentes professions. En demander l’application pour des personnels qui les refuseraient serait évidemment contre-productif.

 

Mais qui risquerait quoi à tenter le coup dans des établissements où les personnels souhaiteraient jouer le jeu ? On peut même imaginer, dans le même établissement, des services modulés, ceux qui le souhaitent pouvant rester strictement dans les tâches d’enseignements, d’autres accepter de « faire leur métier » avec d’autres convictions.

 

Parce que dans l’enseignement agricole, roi des filières-passerelles et des nouvelles certifications, même si tout n’est pas rose, ça ne marche pas si mal ?

 

Patrick Picard

 

Sur le site du Sgen

 

 

Revenir au sommaire

 

 

Réussite scolaire, LOLF et pilotage

Le LOLF (nouvelle loi de finances) est-elle l'instrument d'une politique comptable à l'éducation nationale ou peut-elle venir au secours des pratiques pédagogiques ? Le Café interroge Bernard Pouliquen, président de l’association des secrétaires généraux d’académie. Pour lui, la LOLF offre vraiment des possibilités extraordinaires en termes de pilotage et d’amélioration de la performance dans une académie.

Le reportage de F. Solliec

 

Guy Môquet : Impossibles évaluations

A en croire le ministère, " 99% des lycées des académies de Bordeaux, Lille, Dijon et Orléans-Tours ont eu leur lecture, 98% dans l'académie de Rennes, 97,5% à Paris. Le chiffre le plus bas a été atteint dans l'académie de Créteil et dans le département de l'Allier (95%)". Pourtant le même jour, Libération a fait le tour des lycées parisiens et en tire une autre conclusion. Celle du refus de la majorité des professeurs de lire la lettre. Celle aussi du regard critique porté par les lycéens sur cette opération.

Dépêche AFP

Article de Libération

 

La politique prioritaire anglaise remise en question

Bill Boyle et Joanna Bragg, de l'Université de Manchester, font les titres de la presse britannique. Au terme d'une étude sur 375 établissements secondaires, ils sont arrivés à la situation que les grands programmes d'éducation prioritaires mis en place en Angleterre n'ont été qu'une "perte de temps coûteuse". Selon eux 2 milliards de livres auraient été gaspillées. Les programmes n'auraient eu aucun effet sur le niveau en calcul et maîtrise de la langue des élèves.

 

Leur rapport met en question le pilotage par l'évaluation mis en place dans le cadre de ces projets. Les écoles ont vite appris à plier leurs enseignements aux exigences des tests.

 

Le rapport est contesté par le ministère des écoles. Parmi ces programmes, Excellence in Cities est souvent donné en exemple en France,par exemple dans "Améliorer l'école" (Puf 2006). Il fait appel à des tuteurs pour améliorer le comportement et le niveau des élèves et à des "groupes de soutien à l'apprentissage" qui prennent en charge les élèves les plus en difficulté. Les évaluations faites par l'Ofsted montrent une baisse de l'absentéisme et un meilleur taux de réussite aux examens.

Université de Manchester

 

Les médias en Zep à Montfermeil

"Le séjour sur place nous a surpris. Par le calme et la relative sérénité des professionnels comme des élèves". Un journaliste de 20 minutes a osé passer une semaine au collège Jean Jaurès de Montfermeil (93). Bilan : "bien sûr, il y a des bagarres, des insultes….Mais dans l'ensemble, on étudie à Jean-Jaurès comme ailleurs". Pour Serge Pouzet, le problème est ailleurs :les préjugés des habitants qui les poussent à quitter le collège. Justement la carte scolaire est en disparition…

Article de 20 Minutes

Article de 20 Minutes

 

Le procès de Florimond Guimard

Selon l'AFP, deux mois avec sursis ont été requis contre le professeur des écoles Florimond Guimard. Il comparaissait le 22 octobre devant le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence pour rébellion. Il est poursuivi pour s'être opposé à l'expulsion d'un père de famille dont les enfants étaient scolarisés. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté devant le tribunal.

Dépêche AFP

Sur le Café :l'affaire Guimard

 

Revenir au sommaire

 

 

Samedi sans école, qu'en faire ?

L'annonce de la suppression des heures de cours du samedi matin a pris de court les enseignants comme les parents.  Comment organiser la  centaine d'heures qui sera réaffectée aux élèves "qui en ont le plus besoin" ? Fenêtres sur cours n°303 fait le point des propositions d'organisation de ce moment. Et interroge Jacques Bernardin (gfen) sur l'aide aux élèves en difficulté.

 

Pour lui, " l'aide, sous cette forme, peut induire un marquage, une stigmatisation et donc développer chez les élèves une mauvaise image d'eux-mêmes. Sans compter que la relation de proximité et d'assistance accroît la dépendance par rapport à des adultes « experts »