Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Accompagnement scolaire : un nouveau dossier du Café
ÉDITORIAL
La journée d’un écolier à l’école maternelle : ne pas oublier la pause méridienne avec le temps du repas au restaurant scolaire !
LE SYSTEME
La lecture, PIRLS et la réforme du primaire l E. Maurin : il faut poursuivre la démocratisation l Seconde carrière : Un décret élargit la mobilité des fonctionnaires l In memoriam Madeleine Freinet l Bulgarie : Que faire au bout de 26 jours de grève ?
L’ÉLÈVE
Le Salon de l'éducation : J – 21 l Illettrisme : Portrait robot
LA CLASSE
Lalonde 2007 : L'éducation en débats l Le 3ème Forum des enseignants innovants à Helsinki l A Nantes, l'université d'automne des Clionautes l Premiers secours
LA RECHERCHE
Recherches en éducation n°4
CITOYENNETE
Rééquilibrage ou renforcement : le projet de réforme de la constitution
LES DISCIPLINES
Documentation : Le lire, l'arbre, le CDI l Primaire : le groupe de travail sur la maternelle l EPS : Une image positive, une place à défendre l EDD : L'Onu publie Géo 4 l EDD : La censure de Washington l Histoire : Colloque de Craonne l SES : Dessine-moi la société l SES : Le colloque de l'Apses
LES TICE
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Accompagnement scolaire : un nouveau dossier du Café
"Coup de pouce", "permanence devoirs", "aide aux devoirs", les appellations sont multiples, mais il s’agit de la même famille : offrir aux élèves un espace gratuit (ou à très bas coût) permettant de travailler hors de l’école à une meilleure réussite scolaire. Initiés dans les années 70, largement développés dans les années 80 avec la décentralisation, il n’est aujourd’hui pas une ZEP qui ne compte sur son territoire un ou plusieurs de ces dispositifs. On estime que 150 000 à 200 000 élèves sont concernés. Ils devraient être encore plus nombreux en 2008 puisque le ministre a décidé de généraliser l'accompagnement scolaire. Dans ce nouveau dossier mensuel, le Café interroge la légitimité et l'efficacité du dispositif sur lequel on met autant d'espoir.
L’efficacité de l’accompagnement scolaire est-elle mesurable en terme de résultat scolaire ? Le Café interroge les spécialistes comme Dominique Glasman ou Bruno Suchaut. Il enquête également dans des collèges à Nevers et en Ile-de-France. Il interroge les associations partenaires comme les Cemea ou l'Andev.
Quel avenir pour cet accompagnement ? La mesure est-elle capable d'établir "l'égalité des chances" ? Ce Dossier mensuel vous aide à construire une opinion.
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La journée d’un écolier à l’école maternelle : ne pas oublier la pause méridienne avec le temps du repas au restaurant scolaire !
L’école maternelle est un sujet qui revient souvent à l’actualité. D’ailleurs à l’heure où j’écris ces lignes se terminent la consultation des partenaires sur l’école maternelle au ministère de l’Education nationale. Beaucoup de questions se posent lorsque l’on cherche à définir la qualité de l’accueil à l’école des jeunes enfants. Une des questions, qui n’est sans doute pas toujours traitée avec le soin qu’elle mérite, est de savoir la place qu’il faut accorder au temps de repas et de pause méridienne. En effet, de plus en plus d’enfants, pour répondre aux besoins ou aux attentes des parents, restent déjeuner au restaurant scolaire.
Un élément de la loi d’orientation sur l’Education de 1989, repris dans la loi de 2005, affirme que les temps périscolaires doivent faire partie du projet d’école. Certes, ce temps est sous la responsabilité de la collectivité locale, mais, pour l’enfant, personnage central de cette « histoire d’un jour d’école », la journée est une continuité. Il ne peut comprendre les subtilités des passages de responsabilités d’une structure à l’autre. Il est donc essentiel que les partenaires concernés construisent ensemble un projet d’accueil global et cohérent, respectueux du rythme et des besoins de l’enfant. Le projet d’école doit par conséquent intégrer ce temps de pause méridienne.
Respecter le rythme de l’enfant voudra dire prendre en compte son besoin de s’alimenter et son besoin de se reposer, voire de dormir en fonction de l’âge de l’enfant. La question se pose donc pour ces enfants qui ont besoin de faire la sieste. L’idéal est qu’ils puissent se coucher après le repas sans avoir à attendre le retour du temps scolaire. Encore faut-il que la collectivité locale et les enseignants se soient mis d’accord pour bien l’organiser ! De toutes façons, plus tôt se sont couchés les enfants, mieux ils dormiront et plus tôt ils seront réveillés pour reprendre, dans de bonnes dispositions, les activités scolaires de l’après midi. Alors pourquoi ne pas profiter du fait que respect du rythme et efficacité font bon ménage.
Une autre question qui se pose est la continuité. Ces enfants de maternelle ont particulièrement besoin de repères et bon nombre d’entre eux ont du mal à vivre les ruptures. Or, passer du temps scolaire, avec un binôme enseignant-ATSEM, au temps de la pause méridienne peut être brutal si ce sont de nouvelles personnes qui s’occupent d’eux. Plusieurs communes ont mis en œuvre une solution qui consiste à organiser le temps de travail des ATSEM, qui étaient présentes sur le temps scolaire le matin, afin qu’elles assurent l’encadrement éducatif des enfants durant le temps du repas et de la pause méridienne. A condition d’avoir, en accord avec l’équipe enseignante, leur propre temps de pause, elles deviennent les personnes référentes qui peuvent ensuite être les relais d’informations auprès des enseignants.
Une autre question à traiter est la valeur éducative de la restauration scolaire. En effet le temps du repas doit être un temps éducatif. Il permet, certes, d’évoquer l’éducation nutritionnelle mais aussi l’éducation comportementale autour des besoins d’autonomie et de socialisation. Ces besoins visant la construction identitaire et l’épanouissement de l’enfant rejoignent les objectifs de l’école maternelle. Le lien avec le projet d’école trouve encore ici son évidence afin que toutes les personnes, chacune dans leurs missions respectives, agissent en cohérence pour lui apprendre progressivement à faire seul (dessiner, compter mais aussi utiliser ses couverts et se servir) et à vivre en groupe (respect des autres et du matériel mais aussi apprendre à se servir et à participer aux tâches collectives).
Tous ces aspects de complémentarité, entre le temps scolaire et le temps de pause et de repas le midi, favorisant un accueil global sont évoqués dans la norme de service restauration scolaire publiée par l’AFNOR en octobre 2005. Il est tout de même important de préciser qu’une telle complémentarité ne peut se construire ni se réguler sans des temps de réunions et de concertation programmés entre les différentes équipes.
Michel Le Jeune
Chargé de mission restauration d’enfants et de jeunes, Ligue de l’enseignement.
Retrouvez tous les mercredis la tribune de la Ligue de l'enseignement !
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La lecture, PIRLS et la réforme du primaire
"Encore nous avons perdu des places… Aujourd'hui, sur 40 pays, nous sommes dans les six derniers. Même la Bulgarie est devant nous". S'exprimant au grand jury RTL, Xavier Darcos a annoncé de mauvais résultats pour la France à l'enquête internationale PIRLS 2006. Il a aussitôt annoncé une "clarification" des programmes de l'école : "Il faut que dans les objectifs de l'école primaire que nous centrions sur l'écriture, la lecture, le français. Sans maîtrise de la langue, nous ne ferons rien"
Les premiers résultats de l'enquête PIRLS 2006 devraient être publiés dans trois semaines. PIRLS évalue les habiletés des élèves de 9 ans par rapport à la lecture de textes littéraires et informatifs. 43 pays ont participé à cette enquête qui fait suite à Pirls 2001 et à une première étude en 1991.
L'enquête de 2001 avait déjà montré une position médiocre de la France. 12 pays faisaient mieux qu'elle, 15 moins bien et 7 avaient des résultats similaires. A noter que la Bulgarie, citée par le ministre en repoussoir, obtenait d'excellents scolaires en 2001, se classant 4ème. Les résultats français étaient un peu plus faibles en 2001 qu'en 1991. Les propos de X. Darcos laissent penser que la position de la France a continué à empirer depuis 2001.
Comment expliquer ce phénomène ? Nous avons interrogé Bruno Suchaut, qui avait travaillé sur les résultats de 2001. Qui est responsable de ce fiasco éventuel ?
" Il est vrai que depuis 30 ans", nous dit B. Suchaut, "le classement de la France dans les évaluations internationales est moins favorable. Pour l'école primaire on ne dispose que peu d'évaluations et les résultats de PIRLS 2006 constitueront une base de comparaisons pertinente (mise en rapport des résultats de PIRLS 2001).
Les causes de cette baisse relative de qualité n'est en tout cas pas à mettre du côté des ressources car, le coût par élève a augmenté significativement dans la même période. Les conditions globales d'enseignement se seraient donc plutôt améliorées (en termes de taux d'encadrement notamment). La problème est que le système éducatif français (école primaire notamment) n'a pas pu transformer efficacement les ressources en résultats.
La recherche des causes de ces moindres performances n'est pas aisée, car elle demande à bien séparer ce qui tient au contexte économique et sociale du pays (et donc des caractéristiques socio-économiques de la population) de ce qui tient au fonctionnement de l'école. La mise à disposition des données de PIRLS 2006 permettront d'examiner plus en détail la part de chacun de ces facteurs.
Ce que l'on sait en revanche, c'est que le pilotage de l'école primaire n'est pas efficace actuellement, d'autant plus que des réformes se succèdent sans qu'elle ne puissent véritablement être appliquées. Mais de là à penser que c'est la seule raison des baisses de performances....
On peut supposer que les enseignants ont besoin de repères stables pour leurs pratiques, ce qui n'est pas le cas actuellement dans les discours successifs des ministres (comme on peut le voir au sujet du débat sur l'enseignement de la lecture par exemple)
Je ne pense pas que les solutions soient à rechercher du côté de prescriptions officielles car on sait que les modalités de mises en oeuvre des textes portant sur les pratiques sont difficiles. C'est sans doute plus dans une réflexion sur une nouvelle organisation du pilotage de l'école, plus proche des classes, des enseignants et des élèves qu'il faut s'orienter.
Après tout, la société a beaucoup évolué ces dernières décennies, l'école a connu aussi des évolutions dans son organisation, mais rien n'a changé dans l'organisation des mécanismes de gestion pédagogique, de pilotage et d'évaluation des enseignants, des établissements et des élèves".
Déclarations Darcos
Pirls 2006