L'Expresso du 13 Novembre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

L'état de l'école : une radiographie signée Darcos

ÉDITORIAL

L’innovation entre modèle finlandais et fonds privés

LE SYSTEME

Grève du 20 novembre : le privé aussi ! lLe Snpden interpelle le ministre l Agressions et grève à Grigny

L’ÉLÈVE

Enfants turbulents :L'enfer est-il pavé de bonnes préventions ? l Lettres : Le Goncourt des lycéens l Le concours de BD scolaire

LA CLASSE

L'éducation du citoyen internaute l Les prix Evens pour l'éducation interculturelle l Le TBI, réponse ou question ?

CITOYENNETE

Faut-il laisser faire des statistiques ethniques ? l L'Europe culturelle

LES DISCIPLINES

Documentation : Visite à Jungang l EPS : Le Snep écrit à Darcos l Professionnel : La 39ème Olympiade des métiers commence mercredi

LES TICE

Droit de l'Internet et EPN

 

 

Le fait du jour

 

L'état de l'école : une radiographie signée Darcos

La nouvelle édition de L'état de l'école, une publication statistique du ministère, illustre le changement d'angle voulu par Darcos. Certes la brochure s'intéresse au budget, aux enseignants et à leur vieillissement. Mais une large partie du document est dédiée pour la première fois  aux évaluations des élèves. Tout y passe : la lecture au regard  de la JAPD, les acquis en fin d'école et fin de collège, la maîtrise des compétences de base, les qualifications et le chômage.

 

On a là un recueil extrêmement utile puisqu'il concentre les résultats de nombreuses études qui, encore aujourd'hui, ne sont pas toujours connues des acteurs du système éducatif. Faire circuler ces informations est nécessaire. Mais c'est aussi un document qui annonce le nouveau mode de pilotage du ministère. Un pilotage qui pourrait s'en tenir aux chiffres et ignorer les facteurs sociaux et humains qui encadrent les bilans pédagogiques.

L'état de l'école (en pdf)

 

 

 

N’hésitez pas à réagir sur les actualités qui vous interpellent, comme sur la plupart des articles du Café en vous rendant dans le forum correspondant (menu de droite).

Pour pouvoir réagir, il faut préalablement s’être inscrit sur le site et être identifié. À très vite !

 

 

L’innovation entre modèle finlandais et fonds privés

La semaine dernière, des enseignants innovants avaient rendez-vous à Helsinki, capitale de l’excellence pédagogique, selon l’enquête Pisa. Microsoft y célébrait l’école du futur. L’incursion de l’entreprise dans l’univers de l’école n’est pas neutre. Elle s’immisce là où les finances publiques sont défaillantes par des soutiens à des projets ou des accords nationaux pour la mise à disposition de logiciels. En contrepartie, la firme chercherait-elle à nous imposer un modèle pédagogique ?

 

La créativité des enseignants constitue sans nul doute un barrage à une possible dérive. Quel modèle imposer à ces profs venus du monde entier à Helsinki qui trouvent dans l’innovation une réponse aux insuffisances du système face aux demandes nouvelles de leurs élèves, de leur environnement ? Du prof de sciences gallois qui transforme ses cours en énigme policière à cet enseignant thaïlandais qui sensibilise ses élèves aux questions vives avec la réalisation d’animations, toutes ces initiatives semblent anecdotiques mais rassemblées les unes aux autres, elles forment un patchwork fort créatif. Le rôle de la technologie semblait bien pâle comparé à l’ingéniosité pédagogique.

 

C’est aussi le message perçu du modèle finlandais. La dimension humaine, celle qui régit la relation entre l’enseignant et les élèves, celle qui prédomine dans la gestion de l’école finlandaise, est la clé de voûte du système. L’enseignant est reconnu, dans sa professionnalisation comme dans sa rémunération. De même, l’enseignement technique n’est pas en Finlande considéré comme une voie de garage. Jusqu’à seize ans, tous les élèves suivent la même formation et s’orientent ensuite soit vers la voie générale, soit vers la voie professionnelle, le passage de l’une à l’autre est toujours possible par la suite. La Finlande n’est pas la France et le modèle n’est certainement pas exportable tel quel chez nous, mais il disqualifie un certain nombre d’arguments en vogue contre le collège unique par exemple.

 

Quand des enseignants innovants visitent une école innovante, ils se disent souvent "mais ça je le fais déjà", et pour notre système, c'est plutôt encourageant! Pour peu que le système reconnaisse et soutienne ces projets. Alors, un jour peut-être, nous n’aurons plus besoin d’une entreprise privée pour favoriser la rencontre entre enseignants et chercheurs du monde entier autour de l’innovation. L’école sera devenue (ou redevenue) une vraie cause publique.

 

Monique Royer

 

Le reportage du Café Pédagogique à Helsinki

 

 

Revenir au sommaire

 

 

Grève du 20 novembre : le privé aussi !

" Onze mille deux cents postes seront supprimés l’an prochain dans l’Education nationale dont mille quatre cents pour l’enseignement privé. Cette réduction, qui s’ajoute à celle des années précédentes, dégrade un peu plus les conditions de travail que l’enquête menée par la Fep- CFDT dénonce déjà comme insatisfaisantes". Le premier syndicat enseignant du privé,la Fep Cfdt, participera à la journée de grève du 20 novembre aux cotés des fédérations FAEN, FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT et UNSA Education.

Communiqué

 

Le Snpden interpelle le ministre

"Le SNPDEN entrera à nouveau dans l’action si les décrets d’application ne sortent pas rapidement." Fort du succès de son mouvement de l'année dernière, le principal syndicat de chefs d'établissement exige du ministre qu'il tienne ses engagements (ou plutôt ceux de Robien).

 

"Seuls à ce jour, les décrets sur le reclassement des établissements, la circulaire sur le temps de travail et la charte des pratiques de pilotage sont parus. Même si nous ne doutons pas de la mise en œuvre de toutes les autres mesures (IRD pour les adjoints, majoration pour les chefs sans adjoint, majoration de l’ISS pour les établissements ambition réussite, augmentation du volume de la hors-classe à 20 %), le retard est inexplicable et inadmissible " estime le syndicat.

Communiqué

 

Agressions et grève à Grigny

Selon l'AFP, après les agressions et les vols commis sur trois enseignantes des écoles de Grigny (91), la quasi-totalité des écoles de la ville se sont mises en grève lundi 12 novembre.

Dépêche AFP

 

Revenir au sommaire

 

 

Enfants turbulents : l’enfer est-il pavé de bonnes préventions ?

Paris 9 novembre. Le collectif "Pas de 0 de conduite" réunit à Paris médecins, psys, pédagogues pour échanger sur les enfants turbulents et le traitement politique de cette turbulence. Il s'agit de poursuivre la réflexion menée par le collectif depuis la célèbre étude de l'Inserm. La mobilisation est toujours au rendez-vous, mais elle prend ce 9 novembre la forme d'une mobilisation des neurones. Pascal Ourghanlian nous fait partager ce moment.

Lire le reportage

 

Lettres : Le Goncourt des lycéens

Les lycéens ont choisi Philippe Claudel pour "Le rapport de Brodeck". " Entre conte et allégorie politique sur la monstruosité de la Shoah, "Le rapport de Brodeck" est un roman qui se situe à la lisière du conte fantastique et de l'allégorie politique, autour du thème de la haine de l'autre et du mal infligé au nom de cette haine" écrit le ministère.

Communiqué

 

Le concours de BD scolaire

Organisé par le CDDP de Charente et la Caisse d'épargne, le Concours de BD scolaire est ouvert à tous les élèves de la maternelle à la terminale. Le principe est simple : créer une bande dessinée dont le thème est libre.

Le concours

Sur le Café, le 29ème Festival d'Angoulême

 

Revenir au sommaire

 

La classe

 

L'éducation du citoyen internaute

" Nous nous méfions des TIC. Nous nous méfions aussi de notre jeunesse. Bien sûr, nous aimons nos enfants, nos élèves, et nous admirons aussi sans retenue les prouesses de l’informatique et des telécommunications. Nous pouvons à la fois aimer, admirer et nous méfier. Sans méfiance, l’amour est aveugle, l’amour de la jeunesse n’est que du jeunisme et l’amour de la science du scientisme. L’affaire serait donc entendue ? Pas vraiment. Lorsque la méfiance nous tient à une trop grande distance de son objet, elle nous empêche de le connaître et de le comprendre. Et comment pourrions-nous raisonnablement aimer ce que nous ne comprenons pas ?" Serge Pouts-Lajus ouvre ce nouveau numéro des Dossiers de l'ingénierie éducative sur cette apostrophe qui amène à une réflexion sur l'Ecole et ses rapports au mond