L'Expresso du 4 Décembre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Collèges innovants : où en est-on ?

ÉDITORIAL

Veillée d'armes

LE SYSTEME

Profs : Une nouvelle évaluation ? l Etats-Unis : La violence recule à l'Ecole

L’ÉLÈVE

Noélanie, 8 ans, victime du "bullying" ? l Pour les enfants, l'école avant tout…  l Les entretiens juridiques de l'APCEJ l L'Icem Freinet s'inquiète des droits des élèves l Accompagnement scolaire : Un colloque du Crap

LA CLASSE

Les trophées des usages Tice l Imagine, la banque d'images de Montpellier

LA RECHERCHE

L'Ecole juste hier et aujourd'hui

LES DISCIPLINES

Maternelle : Le Se-Unsa pour la scolarisation obligatoire à 3 ans l L'enseignement des langues en Europe l Maths : Filles et garçons dans les manuels : quelle parité ?  l SVT – Géo – ECJS : Manger trop ou trop peu ? l Sciences : Un manuel d'enseignement intégré des sciences au Cameroun

 

 

Le fait du jour

 

Collèges innovants : où en est-on ?

Il y a plus de deux mois, Gabriel Cohn-Bendit lançait par l’intermédiaire du Café pédagogique un appel à constituer des équipes de volontaires prêts à s’engager dans un projet innovant pour redynamiser les collèges de banlieue menacés, avec la disparition de la carte scolaire, de perdre une grande partie de leurs effectifs. En réponse à cet appel, plus de trois cents personnes se sont mobilisées, des rencontres se sont effectuées, des propositions se dessinent tandis que les initiateurs du projet sont en liaison continue avec les services du ministère pour en définir le cadre administratif.  

Lire l'entretien avec G. Cohn Bendit

 

 

 

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Veillée d'armes

Il y a quelques jours, les résultats de l'enquête internationale PIRLS montraient qu'en lecture les écoliers français voyaient leurs résultats stagner à un niveau médiocre. C'est ce matin que devraient être publiés les résultats d'une autre enquête internationale, d'une dimension encore plus grande, Pisa 2006. Elle évalue les compétences en culture scientifique, mathématique et littéraire des jeunes de 15 ans dans une cinquantaine de pays. Or nous savons déjà que les résultats français sont mauvais : depuis 2003, l'école française recule de la 10ème à la 17ème place.  La publication du rapport Pisa devrait préciser ce recul et l'évaluer sur les trois principales compétences.

 

Faut-il accuser le thermomètre ? En 2003, la publication de Pisa n'avait soulevé qu'un intérêt relatif. Les enseignants avaient souvent boudé l'information. Le ministère avait publié une analyse qui minimisait l'impact du rapport. Ailleurs on avait carrément décidé de casser le thermomètre en le soumettant à une critique acide. On trouve encore traces de ces positions dans un séminaire francophone tenu au CIEP en 2006, où on dénonce "un degré de certitude disproportionné" à propos de Pisa. Bref son arrogance.

 

C'est que ces enquêtes dérangent. Pisa prétend comparer avec les mêmes items des systèmes éducatifs qui ont une histoire et des fonctionnements différents. En elle-même Pisa est un outil normatif puissant. Mais Pisa a encore deux défauts aux yeux de l'univers éducatif. Pisa compare systématiquement les résultats aux investissements. Dans le climat de réduction budgétaire, tout résultat insuffisant peut être utilisé pour accélérer le désengagement public. Mais, pire encore, ces résultats sont publiés et font pénétrer l'usager et ses exigences au cœur des problèmes de l'Ecole. Un viol pour l'école française.

 

Mais voilà : sans diagnostic pas de traitement. La publication de Pisa 2006 devrait mettre en évidence des points faibles du système éducatif français. Et c'est la première étape d'un redressement. Car Pisa 2006, on le sait déjà, montre qu'un nombre sensible de pays a progressé depuis 2003.  C'est le cas de l'Allemagne qui, après des résultats catastrophiques en 2003, a largement remonté son rang. Elle apporte ainsi la preuve et l'espoir de l'utilité de Pisa.

 

Le Café sera donc présent à la conférence de présentation des résultats. Nous les publierons dès ce soir. Ils seront suivis des analyses réalisées par des spécialistes reconnus du système éducatif. Car s'il est certain que le niveau scolaire évalué par Pisa a baissé depuis 2003, il va falloir tenter de comprendre pourquoi et de cerner les responsabilités.

Le dossier Pisa 2006 – Pirls

 

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Profs : Une nouvelle évaluation ?

C'est le Sgen Cfdt qui alerte : " Le Sgen-CFDT a pris connaissance par la presse de l’annonce par Xavier Darcos d’une réforme imminente de l’évaluation". Or selon le syndicat, "le diagnostic comme les objectifs fixés à l’évaluation par le Ministre de l’Education Nationale sont de nature à rencontrer certaines préoccupations des personnels. En revanche, les pistes tracées pour faire évoluer les pratiques actuelles d’évaluation peuvent apparaître contradictoires et il faudra bien faire un choix". Le Sgen appelle donc au dialogue. On sait que, dans la vision sarkozienne, l'évaluation des résultats des enseignants doit devenir un outil de pilotage.

Communiqué Sgen

Surle Café : évaluation renouveau de l'éducation

Surle Café : évaluation : rapport des IG

Sur le Café : Darcos évaluation et pilotage

 

Etats-Unis : La violence recule à l'Ecole

N'en déplaisent aux films à la mode, les faits divers médiatiques ne reflètent pas la réalité. En 2005-2006, la violence a encore régressé dans les écoles américaines, affirme l'enquête annuelle du National Center for Education Statistics. Certes, pour 55 millions d'élèves, il y a eu 17 décès dont 14 homicides. Et on peut encore dénombrer 868 000 vols et 628 000 actes de violence. 86 des écoles ont connu au moins un incident violent ou un vol. Un quart des adolescents rapportent qu'il y a un gang dans leur école. 6% ont porté une arme (pas forcément à feu !) à l'école. Mais le taux de victimisation a baissé de 5 à 4% des 12-18 ans depuis 2003 (violence 1%, vols 3%). La grosse préoccupation aux Etats-Unis c'est d'abord le harcèlement entre élèves, qui est la forme la plus commune de violence scolaire : 28% des 12-18 ans en ont ét victimes dont 8% à un rythme quotidien.

Statistiques

Sur le Café : Article D'E Debarbieux

 

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Noélanie, 8 ans, victime du "bullying" ?

De quoi est morte Noélanie ? Cette fillette de 8 ans est morte le 19 novembre à Montpellier des suites d'un malaise épileptique.  Selon Le Figaro, celui-ci résulterait directement du harcèlement dont était victime la fillette. D'origine polynésienne, elle aurait été le souffre douleur des écoliers de Cabestany (PO) selon sa mère. Elle aurait elle-même, à 8 ans, écrit aux gendarmes et au directeur de l'école.

 

Une enquête est ouverte. Ce triste événement  nous rappelle que le harcèlement , le "bullying", est la forme la plus répandue de la violence scolaire. C'est aussi en France la forme la moins médiatisée et la moins connue malgré son impact désastreux sur ses victimes.

Article du Figaro

 

Pour les enfants, l'école avant tout…

Mieux vaut réussir à l'école qu'être bien en famille. C'est le message qu'adresse les enfants anglais à leurs parents si on en croit un sondage de CBBS. 31% des 6-12 ans place au premier rang de leurs priorités la réussite scolaire contre 28% le plaisir en famille. Les copains, le sport, l'argent viennent loin derrière.

 

Le sondage montre également l'isolement de ces jeunes. Ils passent en moyenne 3,5 h par jour en famille, soit nettement moins qu'à l'école. 13% ne mangent jamais en famille et un enfant sur quatre ne compte pas son père dans sa famille proche…

Article BBC News

 

Les entretiens juridiques de l'APCEJ

"Les mineurs droits et devoirs". "Quelle est la réalité de la délinquance des jeunes ?" "Qu'est ce que la veille éducative ?" "Faut-il réformer le droit à l'adoption ?" Ces thèmes sont abordés par des spécialistes reconnus (respectivement JP Rosenczveig, L Muccielli, JL Auduc, C Daubigny) lors des entretiens juridiques de l'association pour la promotion de la citoyenneté des enfants et des jeunes. 

Le programme

 

L'Icem Freinet s'inquiète des droits des élèves

Après les violences qui ont envoyé un manifestant lycéen à l'hôpital à Nantes, l'Icem Freinet rappelle que les lycéens ont aussi des droits. "Il est temps de rappeler que sont reconnues aux lycéens les libertés fondamentales d’expression, de réunion, d’association et que manifester n’est pas un délit. Si l’encadrement policier n’est pas capable ou ne se donne pas la capacité d’agir comme force d’apaisement dès lors qu’elle a affaire aux jeunes, on peut craindre que, dans les mêmes circonstances, les mêmes comportements fassent de nouvelles victimes".

 

Mais l'Icem vise également l'éducation nationale. "Aujourd'hui, que ces libertés fondamentales d’expression, de réunion, d’association, reconnues aux lycéens s’arrêtent aux portes de la classe et parfois même, aux portes du lycée. Les lycéens sont-ils informés de leurs droits au sein des établissements, savent-ils qu'ils ont le droit à la parole sur toute affaire les concernant (article 12 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant) ?"

Icem Freinet