L'Expresso du 10 Décembre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

E.N.T. : Où en est-on ?

ÉDITORIAL

Orientation : Une vidéo qui interroge

LE SYSTEME

Rassemblement pour l'éducation l Bac pro : ça coince l Lycées : Les blocages continuent l Le Sénat et la gestion de l'éducation nationale l Pisa : En Espagne, le choc l Directions : Les applications nationales l Un enseignant jugé aujourd'hui pour sa participation aux manifestations anti-Cpe l

L'ÉLÈVE

Des progrès trop lents pour les enfants du monde l Des lycéens mobilisés pour Miora l Internet : La France sauvée par ses jeunes ?

LA CLASSE

"A vos blogs !" un concours Onisep

CITOYENNETE

Aide alimentaire : des familles en sursis

LES DISCIPLINES

Maternelle : Le retour des leçons de mots l Langues : Cyber Langues 2008 l EDD : Journée polaire à l'académie de Paris l Sciences : Les recommandations de l'Académie des sciences l S.E.S. : Bernard Thomas suscite le trouble l Professionnel : Un état des lieux de l'enseignement professionnel

LES TICE

Vulnérabilité dans Skype

 

 

Le fait du jour

 

E.N.T. : Où en est-on ?

On nous les avait promis dans tous les établissements pour la rentrée 2007…  De nombreuses collectivités et académies se sont investies dans la mise en place d’espaces numériques de travail (ENT) dans les établissements du second degré. Cependant le choix et l’utilisation de ces ENT représentent en fait pour beaucoup une aventure qui est loin d’être achevée. Aujourd’hui on dénombre un peu moins de 200 établissements du second degré équipés d’une solution industrielle. Même en tenant compte des expérimentations non recensées et des solutions locales, l’ENT est encore très loin d’avoir pénétré les quelque 12 000 établissements potentiellement concernés.

 

Mais, pour ceux qui l’utilisent régulièrement, l’ENT révolutionne la communication dans l’établissement et induit une nouvelle relation entre la communauté scolaire et les familles. C'est ce que donne à voir ce dossier spécial du Café qui réunit des expériences prises à travers le pays et accorde une place plus large à ENTEA, un projet qui semble avoir une longueur d'avance.

Découvrez le dossier spécial du Café

 

 

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Orientation : Une vidéo qui interroge

La publication de l'intervention de Bernard Thomas, délégué interministériel à l'orientation, devant la commission Pochard va certainement faire du bruit. D'abord parce que le délégué condamne sans complexes et sans s'embarrasser de circonlocutions, nos collègues de SES, accusés de détourner des entreprises les jeunes générations (voir plus bas). Mais aussi par ce qu'il dévoile de ses projets de refonte de l'orientation. 

 

Le diagnostic posé par B. Thomas semble solide. Il estime que "l'effort (pour l'orientation) est fait et pourtant ça ne fonctionne pas". Il peut montrer que le pays connaît un taux de chômage des jeunes record et un taux d'échec scolaire important. Enfin il dépenserait un milliard d'euros pour l'orientation, soit 825 millions pour l'ISO (Indemnité de suivi et d'orientation), cette indemnité versée à tous les enseignants du secondaire, le reste servant à entretenir le réseau des CIO. Face à ce milliard, le taux d'échec apparaît scandaleux. Même les dispositifs récents (découverte professionnelle) lui semblent peu efficaces.

 

B. Thomas a des solutions. Et d'abord récupérer le milliard. La suppression de l'Iso et des CIO permettrait de réaffecter cette somme directement aux chefs d'établissement qui pourraient la gérer pour créer des événements en lien avec le tissu d'entreprises locales et rémunérer des personnels pour faire le travail d'orientation. Ces professionnels seraient aidés par les enseignants qui verraient, grâce à la commission Pochard, l'orientation entrer dans leur mission et seraient amenés à faire une véritable éducation aux métiers en glissant des informations sur les métiers dans leur enseignement disciplinaire. L'initiation aux métiers et à l'économie pourrait débuter dès le collège et être confiée aux professeurs d'histoire-géographie.

 

Certains points de ce projet constitueraient une sorte d'aggiornamento pour l'école française. Pour une école traditionnellement fermée à la communauté qui l'entoure, mieux la connaître, intégrer une information économique à jour pourraient être des atouts supplémentaires. L'exemple que donne B. Thomas d'insérer une information sur le métier de sage femme dans un chapitre sur la reproduction humaine en SVT n'apparaîtrait pas aux yeux des élèves comme décalé.

 

Pour autant sur bien des points ce projet interroge. C'est évidemment le cas pour l'ISO. Cette indemnité versée à tous les enseignants n'a jamais correspondu à un travail précis. Dans la tradition de la fonction publique, cette prime a été un moyen d'augmenter les salaires sans en assumer toutes les conséquences (de retraite, par rapport aux autres corps etc.). Tenter de la reprendre sera ressenti comme une injustice insupportable. Deux autres points méritent une analyse plus approfondie. Peut-on vraiment affirmer que c'est une information insuffisante des élèves qui explique le taux d'échec scolaire ? On voit bien que celui-ci est le plus fort dans des filières professionnelles où le lien avec le tissu économique est étroit. Dans ces filières c'est des structures de raccrochage dont on aurait besoin et d'un soutien éducatif massif à des jeunes (spécialement pour ceux qui sont issus de l'immigration). De la même façon l'idée que c'est par manque d'information que les bacheliers professionnels ou technologiques s'inscrivent en université est un peu courte. C'est souvent le manque de place en BTS et IUT qui les y pousse ou plutôt le coût de ces formations associé à leur sélectivité.

 

Peut-on ramener l'orientation à l'adaptabilité à un marché local et temporaire de l'emploi ? Bien d'autres paramètres doivent entrer en compte si l'on veut respecter les droits des élèves et même leur assurer un avenir professionnel sérieux. Ce dont le système éducatif a besoin c'est d'une véritable éducation à l'orientation qui certainement reconnaisse les acteurs économiques, c'est indispensable, mais qui aussi respecte les individus et les accompagne dans la construction de leur personnalité. Sur ces questions là il revient à B. Thomas d'apporter des réponses au risque de laisser les enseignants face à une méchante vidéo.

La vidéo de B. Thomas

Dansle Café, conférence de B Thomas

 

 

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Rassemblement pour l'éducation

"Des milliers d’acteurs locaux composent la chaîne éducative : parents, enseignants, mouvements d’éducation populaires, chercheurs, sociologues, médecins, associations, artistes, conseils de la jeunesse, pédopsychiatres, sportifs, animateurs... Et pourtant, dans notre pays, l’éducation est reléguée au second rang des préoccupations du gouvernement… C’est autour de notre appel que nous vous proposons de nous rassembler afin de lancer ensemble et très concrètement la construction d’un projet éducatif national ambitieux, pertinent et d’utilité sociale pour tous les enfants". Zohra Bitan (Ma6tévachanger) et Patricia Perdrizet lancent cet appel pour un Rassemblement des acteurs de l'éducation en janvier.  Venu de la banlieue, cet appel constructif suscite déjà l'intérêt de nombreux acteurs de l'éducation. Rendez-vous est pris.

Le site du Rassemblement

 

Bac pro : ça coince

"Les réorientations, ainsi d’ailleurs que les passerelles avec la voie technologique, ne risquent t-elle pas de devenir quasiment impossibles ? Comment les programmes seront-ils traités avec un an de moins ? Ce sont les élèves les plus en difficulté qui courent le risque d’être pénalisés, et l’on voit de plus se profiler une augmentation du nombre d’élèves par classe qui rendrait plus difficile les séances de TP indispensables en voie professionnelle". L'UNL, pourtant satisfaite sur ses autres revendications, revient sur la question du bac pro en 3 ans et sollicite un entretien avec le ministre.

 

Celui-ci doit aussi encaisser un coup porté par les rapporteurs de son budget au Sénat. Ceux-ci critiquent sévèrement la généralisation du bac pro en 3 ans. "La généralisation hâtive du baccalauréat en trois ans fait courir le risque de l'impréparation, avec les conséquences qui l'accompagnent naturellement. Votre rapporteure juge donc nécessaire de prendre le temps de la réflexion à ce sujet et de se déprendre de l'idée qu'il serait nécessaire d'appliquer le même traitement à toutes les filières. Les progrès futurs de l'enseignement professionnel se mesureront bien au contraire dans sa capacité à prendre en compte les besoins singuliers des élèves, sans chercher à leur imposer un rythme d'études en particulier, qui pourrait ne pas leur convenir" écrit la rapporteure. Elle dénonce un "pilotage qui semble manquer d'ambitions claires" et émet un avis défavorable à l'adoption de ce budget.

Communiqué UNL

Rapport au Sénat

 

Lycées : Les blocages continuent

Les "grands" médias n'en parlent pas, mais nos lecteurs nous signalent que leur lycée est toujours perturbé. Ainsi à Aubervilliers (93), Montreuil (93) (où on signale une radicalisation), en Normandie etc.

 

 

Le Sénat et la gestion de l'éducation nationale

Le rapport des sénateurs Richert, Férat et Gonthier-Maurin sur le budget de l'éducation nationale, apporte des informations intéressantes. Ainsi sur les profs en surnombre qui sont un des arguments utilisés pour réduire le budget. Les données ministérielles en décomptent 2 662 (dont 500 en lettres, 300 en Eps), un pourcentage infime pour un corps d'un demi-million de fonctionnaires. La variabilité de ce nombre d'une année à l'autre est éloquente. Une page malicieuse est consacrée aux remplacements où les données officielles semblent improbables aux sénateurs…

Rapport

 

Pisa : En Espagne le choc

"Si les enfants de l'immigration, par exemple, ont des difficultés à lire, il faut adopter sans attendre des mesures de soutien scolaire ou encore d'aide à la lecture pour les adolescents" écrit Les échos dans son analyse de la presse espagnole. Les résultats de Pisa sont mauvais pour Espagne, mais leur publication secoue l'opinion.

Article des Echos

La synthèse des résultats de Pisa

L'analyse des résultats

Les données de Pisa

 

Directions : Les applications nationales

Baobac, Gfe, Iva, Sconet, Organet etc. L'Esen présente les applications nationales que doivent connaître les personnels de direction.