Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Darcos tire les leçons de Pirls et Pisa
ÉDITORIAL
Etre élève de LP aujourd’hui
LE SYSTEME
Service minimum : les syndicats hostiles l Lycées : Des heurts à Brest l Enseignement agricole : La Fcpe demande son intégration à l'éducation nationale l Formation tout au long de la vie : la France en queue
L’ÉLÈVE
L'Angleterre lance un nouveau programme pour sa jeunesse l Laporte veut créer un service civil l Les jeunes et la culture numérique : une révolution culturelle l Discrimination positive à Sciences Po Lille l Angoisse chronique : 4 ans et déjà en soutien scolaire
LA CLASSE
Diriger un établissement scolaire
LES DISCIPLINES
Primaire : L'anglais par visioconférence l Français : Baroque et classicisme
Darcos tire les leçons de Pirls et Pisa
Quel beau diagnostic ! Une semaine après la publication de l'enquête internationale Pisa, Xavier Darcos en a analysé pour la presse les résultats d'une voix ferme, en présentant son programme pour les 2ème et 3ème trimestre, dans une lecture qui a dû faire de la peine aux conservateurs. Pour le ministre,Pisa montre "que notre système scolaire se trouve aujourd'hui à un tournant de son histoire. Il a été de tous les succès de notre société au cours des dernières décennies. Il ne doit pas devenir un symbole de ses échecs. L'école a réussi le pari de la massification, elle doit désormais relever le défi de la qualification des publics scolaires".
De ce "constat alarmant", Xavier Darcos tire 4 enseignements. La France recule d'année en année dans les enquêtes Pisa "à cause d'un nombre élevé d'élèves faibles". Ce n'est pas en rapport avec les financements, "c'est ailleurs que ça se passe". Le système français est "moins équitable" que d'autres. Or "les systèmes qui sélectionnent le moins sont les meilleurs" assène le ministre. Ni l'augmentation des heures de cours, ni les redoublements ne règleront le problème. "Je ne crois pas que la multiplication des heures de cours suffira à répondre aux difficultés" estime X Darcos, qui précise même que sur ce point il a changé d'avis. Alors que l'on pouvait craindre une remise en cause des enseignants et l'apologie des vieilles méthodes, le ministre a écarté nettement ces tentations, dénonçant les déclinologues.
Le diagnostic est sans doute bon, mais le docteur Darcos est-il capable de guérir le malade ? On attendait du ministre des mesures à la hauteur du problème. En fait il est revenu sur 5 points déjà annoncés précédemment.
Le ministre veut d'abord jouer sur le temps scolaire. Au primaire, il a rappelé qu'il avait dégagé 2 heures hebdomadaires de soutien scolaire (les heures du samedi matin). Au secondaire, il entend regagner le mois de juin sur les examens. 13 départements expérimentent une nouvelle organisation du bac. L'année prochaine le calendrier des examens devrait être légèrement retardé : début du bac les 20 (général) et 24 (technologique) juin (au lieu des 18 et 20). L'EAF passerait du 13 au 20 juin. Celui des conseils de classe sera repoussé à fin juin. Le bac se terminera le 11 juillet. Durant la seconde quinzaine de juin, les enseignants seront exemptés de surveillance. Ils feront cours et devront en même temps corriger les copies d'examen. Pour tenir compte de ce surcroît de travail les corrections seront mieux payées.
Les activités extrascolaires devraient être étendues à tous les collèges à la rentrée 2008 ainsi qu'aux écoles volontaires.
Le développement du bac pro en 3 ans est défendu par le ministre qui y voit un moyen d'augmenter le nombre de bacheliers. Le ministre admet cependant que "dans certaine filières" on puisse garder le bac en 4 ans.
La carte scolaire sera totalement supprimée à la rentrée. Mais dans les établissements où il y aura trop de demandes, on donnera la priorité aux boursiers en premier lieu avant d'autres critères (rapprochement d'un frère ou d'une sœur). Ainsi cela lui semble conforme à l'équité. Dans les établissements qui perdront de 5 à 10% de leurs élèves, les moyens seront maintenus. Dans les 30 collèges qui perdront probablement plus de 10% de leur effectif, "j'augmenterai le nombre d'adultes, jusqu'à multiplier par deux le taux d'encadrement des élèves et j'inciterai ces équipes renforcées à s'appuyer sur un projet pédagogique innovant" affirme Darcos. Interrogé par le Café, il a mentionné par exemple les projets développés suite à l'appel de Gabriel Cohn-Bendit. C'est la première fois que le ministre témoigne publiquement de son soutien à cette initiative.
Enfin, le ministre veut rétablir l'autorité des professeurs. Pour cela il envisage de généraliser des procédures simplifiées de signalement au procureur de la république.
Ces mesures répondent-elles au diagnostic ? Puisque le système éducatif français souffre d'un fort groupe d'élèves de plus en plus faibles, il est clair qu'une forte politique sociale, et plus précisément une politique d'intégration, est indispensable. Mais cela dépasse le ministre. Sur le terrain de l'équité, la suppression de la carte scolaire devrait vider certains collèges et augmenter la ségrégation. On sait en effet, grâce à l'exemple anglais, que les familles défavorisées n'utilisent pas les possibilités dérogatoires.
Les dispositifs de soutien ne sont pas plus convaincants. Si le ministre sait que les redoublements sont de peu d'utilité, il ne propose rien d'autre. Il reste également dans la logique des heures de soutien, dont l'efficacité n'a jamais été totalement établie. Le plan Darcos semble modeste devant la qualité du diagnostic. Qui rendra l'école française plus efficace et plus équitable ?
Le discours
Dossier de presse
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Etre élève de LP aujourd’hui
Que nous disent les élèves de lycées professionnels qui manifestent ? Tout d’abord, ils manifestent, s’expriment publiquement – ce qui n’est pas si courant - et s’inquiètent pour leur avenir… individuel et collectif. Ces jeunes et leurs familles savent bien que ce n’est pas l’annonce d’un passage à 3 ans qui donnera au baccalauréat professionnel une égale dignité aux yeux de l’opinion publique. La vraie question est celle des débouchés et des passerelles : quelle(s) porte(s) ce baccalauréat ouvrira-t-il ? On pourrait poser la même question pour les bacs technologiques qui se voient fermer depuis longtemps la porte des IUT qui leur étaient destinés à l’origine. Cette question des passerelles vaut aussi pour le Bep, appelé selon la réforme à disparaître. Pour beaucoup de jeunes que l’on met en demeure de choisir plus tôt que les autres, le Bep, n’est pas seulement un diplôme, c’est aussi une étape intermédiaire (réparatrice ?) du parcours scolaire : deux ans, c’est toujours moins que trois. Après le Bep, il est à nouveau possible de choisir une première technologique. Avec la réforme, on enterre les premières d’adaptation en lycée technologique.
Ce qui caractérise les lycéens professionnels par rapport aux autres lycéens, c’est la forte proportion de jeunes qui travaillent déjà ! C’est à la fois un moyen de financement complémentaire des études ou de la vie familiale et un mode de socialisation. Ce n’est pas un phénomène nouveau. Mais le système éducatif peine à prendre la mesure des aménagements consentis par les jeunes pour aller « le plus loin possible » comme les adultes qui les entourent le leur demandent. Pour cela aussi la densification de l’enseignement leur paraît hors de portée.
Les familles, principal creuset où se dépose la mémoire des parcours scolaires, sont sensibles à l’évolution de la carte des formations. Reconfigurer les baccalauréats professionnels fait écho aux évolutions récentes qu’ont connu les établissements : des sections, des filières ont été supprimées pour des raisons fort diverses (filières à faibles débouchés, remplacement par l’apprentissage, baisse démographique) et des familles n’acceptent pas que des perspectives anciennes se bouchent. Enfin, les établissements se sont construit une identité qui est un repère pour les familles. De ce point de vue, la stabilité de la carte des formations et l’accès à la mobilité géographique sont des enjeux forts.
L’Education nationale devrait plutôt s’appuyer sur l’expérience construite par les lycées professionnels au moment où l’on se penche sur l’exigence d’un socle commun… La notion de compétence a déjà été travaillée par les enseignants à travers des référentiels de diplômes. La pratique de l’interdisciplinarité ne se réduit pas à la présence d’enseignants bivalents, mais correspond à des croisements de disciplines. Les projets pluridisciplinaires à caractère professionnel peuvent aussi en témoigner. L’expérience du contrôle en cours de formation devrait être regardée avec attention. Il conviendrait de regarder dans quelle mesure les périodes de formation en entreprise pourraient concourir à consolider les piliers 6 et 7 du socle commun.
Et si l’on profitait justement de ce moment où les élèves de lycées professionnels s’expriment pour regarder précisément ce qui s’y passe ? On ne peut honnêtement le faire en mettant les élèves et leurs enseignants dans une situation d’incertitude sur l’avenir.
Olivier Masson
Secteur Education de la Ligue de l’Enseignement..
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Service minimum : les syndicats hostiles
"Je souhaite rendre possible, dès la rentrée prochaine, un service minimum d'accueil dans les écoles et j'engagerai, au cours des prochaines semaines, une discussion avec les représentants des collectivités locales, des familles et des partenaires sociaux pour en définir les modalités… Je souhaite que tout ou partie des retenues sur salaire opérées les jours de grève puissent être reversées aux communes volontaires pour mettre en place un service d'accueil minimum dans les écoles primaires". De la conférence de presse de X. Darcos, c'est surtout ce point que les médias ont retenu.
Les syndicats ont en effet réagi négativement à cette proposition de gardiennage. Le Sgen Cfdt "n'est pas opposé par principe aux discussions sur la prise en charge des élèves dans les écoles primaires les jours de grève…. (Mais) regrette que les annonces médiatiques aient pris le pas sur la concertation". Le Se-Unsa parle de perversion. "Le SE-UNSA n’est pas hostile par principe à l’organisation de garderies. Mais, dès lors qu’en cas de grève, le principe d’un accueil obligatoire par des enseignants serait retenu, cela signifierait remettre en cause automatiquement leur droit de grève. L’idée d’un financement étatique des garderies municipales via le salaire non versé aux grévistes révèle une vision perverse. L’Etat employeur, contre lequel la grève s’exerce, se verrait ainsi confier le beau rôle. Il s’émanciperait à bon compte, aux yeux du public, de ses responsabilités dans le déclenchement du conflit. Le comble de la perversion serait que ce système ferait des grévistes les financeurs de cette posture !"
Le Snuipp évoque un détournement de fonds. "Le SNUipp s’opposera à toute remise en cause du droit de grève des enseignants des écoles. L’annonce du financement des dispositifs d’accueil municipaux par les retenues de salaire des enseignants grévistes constituerait un véritable détournement de fond!"
Communiqué Sgen
Communiqué Snuipp
Communiqué Se-Unsa
Lycées : Des heurts à Brest
Trois cents lycéens ont manifesté à Brest contre la réforme du bac professionnel. Des incidents avec les policiers ont eu lieu.