L'Expresso du 13 Décembre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Bac Pro : Le ministre "réfléchit"

ÉDITORIAL

Ce que la géomatique nous apprend de l'Ecole

LE SYSTEME

Pisa : Analyse syndicale l Concours : "A quand les annonces ?" demande le Se-Unsa  l Incidents à Aulnay : un collège arrêté.

L’ÉLÈVE

Les politiques d'accompagnement des parents en Europe

LA CLASSE

24 Janvier : La Grande Lessive III l Mettre en œuvre le socle commun

LA RECHERCHE

Spirale 40 : Des images pour apprendre

CITOYENNETE

Rétention : Protestation des professionnels de la justice l La pauvreté en Ile-de-France

LES DISCIPLINES

Primaire : Les heures du samedi matin en discussion l Primaire : Le Défi Internet en Pas-de-Calais l Maths sans frontières

LES TICE

Failles de sécurité dans Windows et Internet Explorer

 

 

Le fait du jour

 

Bac Pro : Le ministre "réfléchit"

"Le ministre a tenu à réaffirmer son attachement au principe de la généralisation du bac pro en trois ans. Il a déclaré, cependant, qu’il n’était pas insensible à nos arguments. Il a envisagé de modérer la montée en puissance de l’implantation de nouveaux bacs pro en 3 ans à la rentrée 2008". Le 11 décembre, l'intersyndicale (SE-UNSA - SGEN-CFDT – SNALC-CSEN - SNFOLC – SNUEP-FSU – UNSEN-CGT) a été reçue par Xavier Darcos. Elle entendait faire part de "l'émoi suscité dans les académies par cette mesure, l'inquiétude légitime qu'elle fait naître chez les personnels, les élèves et leurs familles" et demander une concertation.

 

La réponse de X. Darcos confirme ses déclarations lors de sa conférence de presse (voir L'Expresso d'hier). Il reste attaché au bac pro en 3 ans car il en attend une croissance du nombre de bacheliers. Mais il envisage des aménagements "dans certaines filières".

 

C'est peut-être que les critiques portées par les lycéens et les syndicats sont les mêmes que celles  du rapport de l'Inspection générale : le bac pro en 3 ans nécessiterait de vrais programmes qui ne sont toujours pas faits, il est inadapté aux élèves les plus en difficulté. L’intersyndicale a convenu de se revoir le jeudi 13 décembre afin de faire le point sur la situation.

Communiqué

 

 

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Ce que la géomatique nous apprend de l'Ecole

Alors que le grand public  a découvert la géomatique à travers Google Earth,  Mappy ou encore les GPS, l'Ecole française s'est –elle appropriée ces outils ? La question prend sens si on la rapproche d'un certain immobilisme scolaire et si on considère la géomatique comme un exemple représentatif des injonctions apportées à la fois par les savoirs populaires (qui n'a jamais vu Google Maps ?) et par les savoirs savants (la géomatique a largement pénétré les pratiques géographiques professionnelles). Comment l'Ecole s'adapte-elle à ces nouveaux outils ? Comment cette école se les approprie-t-elle ? Quels freins rencontre-elle ? Sylvain Genevois et Eric Sanchez (INRP) apportent des réponses à ces questions grâce à une enquête qui a touché près de 900 enseignants de SVT et histoire-géographie.

 

La première information c'est que l'Ecole s'est bien emparée de ces nouveaux outils. Environ la moitié des enseignants utilisent en classe Google Earth ou Maps, un sur trois (29%) le Géoportail de l'IGN, un sur 10 (12%) Worldwind. L'enquête établit donc le grand succès des globes virtuels, et particulièrement de Google Maps par rapport au Géoportail, loin devant les SIG (système d'information géographique) utilisés par 21% des professeurs mais seulement par 9% en classe. Malheureusement les usages restent souvent ceux du grand public et dépassent rarement le cadre de la visualisation.

 

Pour S. Genevois et E. Sanchez, on est dans "un processus de scolarisation des outils géomatiques" qui s'appuie sur des outils grand public. Car le succès de la géomatique repose d'abord sur Internet où les enseignants trouvent des outils gratuits.

 

L'analyse des freins renvoie directement au fonctionnement de l'Ecole. Quand on interroge les enseignants sur les freins rencontrés, il n'est pas étonnant qu'ils citent le coût élevé des logiciels Sig et la difficulté de leur prise en main. Les enseignants déplorent également  le manque de données gratuites. Il est plus révélateur de constater que les programmes officiels sont un frein pour un enseignant sur quatre, comme la réduction des dispositifs de  pédagogie de projet (TPE par exemple). Les demandes des professeurs concernent trois points : un logiciel sig adapté au contexte éducatif, des données libres pour l'alimenter, de la formation.

 

Bien au-delà de la géomatique, l'enquête illustre des contradictions de l'Ecole. D'abord il n'est pas indifférent que l'institution apparaisse comme un frein quand il s'agit d'aider les élèves à accéder à une culture de haut vol en SVT et géographie. L'inadaptation des programmes et des cadres pédagogiques, le manque d'outils adaptés et gratuits sont relevés par les professeurs. Mais l'enquête inscrit elle-même en creux une autre question qui devrait l'interroger : celle des usages des élèves. Il serait intéressant que cette enquête se double d'un travail sur les pratiques des élèves. Car incontestablement eux aussi utilisent Google Maps et le GPS.  Certains ont des usages déjà affirmés, on le découvre parfois en classe, parfois même scolaires mais hors des disciplines étudiées (dans des disciplines technologiques par exemple). Comprendre ces usages, les représentations que les élèves ont construit à partir et sur ces outils,la façon dont ils influent sur la construction des savoirs disciplinaires serait plus qu'un moyen d'aider à l'intégration de ces outils dans la classe. Ce serait aussi participer à la  création culturelle de ce siècle. Une mission pour l'Ecole.

L'étude

Sur le Café, article de S. Genevois

Sur le Café, dossier spécial géomatique

 

 

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Pisa : Analyse syndicale

"Notre école façonne des élèves qui manquent de confiance en eux et redoutent l’erreur ; notre école ne sait pas traiter efficacement la difficulté scolaire et le pourcentage d’élèves très faibles est en augmentation ; notre école ne corrige pas les inégalités sociales mais les entérine" estime le Se-Unsa dans un article donné au Café.  "Le bilan est inquiétant. Il confirme que la «  fracture scolaire » s’accentue. Ses conséquences pour notre pays sont redoutables à très brève échéance".

Sur le Café,l'article

Sur le Café ,le dossier Pisa

 

Concours : "A quand les annonces ?" demande le Se-Unsa

"Alors que les premières épreuves commencent en janvier, la répartition du nombre des places mises aux concours de recrutements d’enseignants des premier et second degrés n’est toujours pas connue. L’an dernier, les données avaient été publiées depuis plus de deux mois" relève le Se-Unsa.

 

Pour le syndicat, ce retard n'est pas le fruit du hasard : le gouvernement tarde à faire connaître précisément les postes supprimés aux différents concours. Xavier Darcos avait annoncé que le nombre de places mises aux concours  en 2008 passerait de 21 000 à 18 000.

 

L'effet de ces réductions sur les conditions d'accès aux concours et sur le travail étudiant peut être montré à travers l'exemple de l'EPS. En 2003 au capeps externe 1330 postes étaient à pourvoir et le taux de succès était de 17%, en 2006 avec 400 postes il n'était plus que de 6%. Entre ces deux dates combien d'étudiants désillusionnés ?

Communiqué Se-Unsa

Statistiques des concours d'EPS (site académique de Lyon)

 

Incidents à Aulnay : un collège arrêté

Selon l'AFP, un deuxième incident a éclaté au collège Christine-de-Pisan d'Aulnay-sous-Bois (93). La semaine dernière, la principale avait été giflée par une élève. Mardi une bouteille contenant de l'acide a été lancée dans la cour de récréation. Les enseignants ont cessé le travail.

Dépêche AFP

 

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Les politiques d'accompagnement des parents en Europe

L'Europe connaît différents modèles d'accompagnement parental. Les pays anglo-saxons agissent à travers des programmes concrets de lutte contre la pauvreté bien ciblés. Les pays nordiques ont une tradition de forte protection infantile, alors que l'Europe du sud délègue ces fonctions aux familles. La France elle dispose d'un important réseau associatif nous rappelle La Note de veille du Centre d'analyse stratégique n°85.

 

Mais partout ces modèles évoluent sous la pression. "La généralisation de la problématique de l’accompagnement des pères et des mères dans leurs rôles de parents semble le fait d’un ajustement de l’action publique aux transformations récentes de la famille (développement de la précarité socio-économique, instabilité des liens conjugaux, monoparentalité, installation permanente de migrants et de leurs familles, etc.). Elle reflète également une inquiétude croissante quant à l’action éducative des familles (crise de l’autorité, dysfonctionnement, etc.). D’un objectif initial de rupture de la transmission intergénérationnelle de la pauvreté (modèle anglo-saxon) ou de promotion d’un mieux-être (modèle continental ou nordique), on tend à évoluer vers un accompagnement d’un ensemble plus large de familles considérées comme « vulnérables » ou temporairement déstabilisées par des facteurs qu'elles maîtrisent peu ou mal".

La Note