Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Visite au pays des Tice (2)
ÉDITORIAL
Qui veut lutter contre la violence scolaire ?
LE SYSTEME
Contre la violence, Darcos instaurera un enseignement du droit en lycée l Violence scolaire : Changer de paradigme pour Claude Lelièvre l Quelle réforme pour l'Ecole ? l Le défi du socle commun au colloque Se-Unsa l Quelles missions pour les personnels de direction ? l Grève du 24 janvier : Le Privé suit l Le recteur Morvan règle ses comptes.
L’ÉLÈVE
Des films pour secouer les neurones
LA CLASSE
Concours de Unes le 18 mars l Le Ramadan
CITOYENNETE
La Halde s'oppose à la loi sur l'immigration
LES DISCIPLINES
E.D.D. : La Nina l Histoire – géo : Le Labo n°3 l S.E.S. : L'offensive continue l Allemand : 22 Janvier : Journée de l'amitié franco-allemande
LES TICE
Les ENT selon Scolastance l Une faille dans Excel
Visite au pays des Tice (2)
"Les enseignants sont nombreux parmi le public du Bett et cela se voit, pas grâce à un uniforme ou un look particulier que possèderait l’enseignant anglais, mais par le nombre impressionnant de stands dédiés à l’accompagnement, aux ressources pour les enseignants". Monique Royer, envoyée spéciale du Café au Bett, le salon mondial des Tice, alimente le blog de cette expédition.
Et il y a des choses curieuses à voir. Imaginez des association, comme le Café, qui arrivent à dégager des moyens grâce au soutien de leurs adhérents… "Les associations disciplinaires ont leur stand : mathématiques, sciences, histoire, entre autres. A titre d’exemple, l’association des enseignants de sciences comprend 15 000 membres qui payent 99 livres (à peu près 133 euros) pour trois ans. La qualité des sites et des supports distribués nous fait entrevoir des moyens à faire pâlir leurs cousines françaises. Pourtant, elles semblent vivre essentiellement des cotisations et de la vente de ressources qu’elles produisent. Ces associations constituent un vecteur important dans le développement des Tice"…
Le reportage de Monique Royer
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Qui veut lutter contre la violence scolaire ?
Tous les profs vous le diront. On entre dans une période difficile, celle où les actes de violence et d'indiscipline se multiplient. Elle durera jusqu'au printemps. La déclaration de X. Darcos sur la violence scolaire est donc "de saison". Pour autant on ne peut qu'être sceptique devant ce énième "plan violence".
D'abord parce que le trait principal de la violence c'est sa stabilité. Même si on ne dispose plus des chiffres de Signa, les enquêtes de victimation montrent une quasi stabilité depuis une dizaine d'années. Dans un entretien qu'il nous accorde aujourd'hui, C. Lelièvre évoque le caractère ancien et inéluctable de la violence. Si elle est bien inhérente au système éducatif, impossible de viser le risque zéro. Mieux vaut apprendre à la gérer.
Ensuite parce qu'il y a erreur sur le diagnostic. Si toutes les formes de violence scolaire sont à combattre, le ministre, et les médias aussi, privilégient toujours les formes les plus spectaculaires de la violence, souvent celles qui font des victimes adultes. Or la violence scolaire c'est à 80% le harcèlement (le bullying) exercé par des élèves sur d'autres élèves. Cette forme là, qui n'est pas spectaculaire, a des effets négatifs très importants.
L'erreur de traitement n'est donc pas surprenante. Le rappel à la loi demandé par X. Darcos est déjà largement utilisé. Les règlements intérieurs sont généralement étudiés en classe. Croire que l'étude du règlement suffit à écarter la violence scolaire c'est méconnaître nombre d'études qui montrent l'importance du climat scolaire dans la lutte contre la violence.
Si les liens entre établissement et police ne sont pas inutiles c'est bien pour ce qu'ils peuvent apporter sur ce terrain-là. L'enseignant se sent davantage protégé; les incidents sont transmués en procés-verbaux ce qui apprend à chaque partie à prendre du recul et à connaître les droits de l'autre. Ce qui n'est pas inutile pour le climat scolaire.
Mais aucun code au monde n'aidera un jeune à apprendre à contenir sa colère. Aucun code ne remplacera un emploi de surveillant. Aucun code ne permettre de sortir du ghetto ou même d'accepter l'injustice sociale.
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Contre la violence, Darcos instaurera un enseignement du droit en lycée
"Je ne saurais accepter la multiplication des entorses à la tranquillité nécessaire à l'apprentissage. Je ne saurais accepter la banalisation des faits de violence". Xavier Darcos a annoncé le 16 janvier un énième plan violence. L'idée principale c'est "la rédaction d'un code de la paix scolaire national. Ce code rassemblera, dans une langue claire, concise et accessible à tous, les règles de conduite en vigueur au sein des établissements scolaires de notre pays ainsi que les sanctions prévues chaque fois qu'elles seront enfreintes. Il sera la référence commune de l'ensemble de la communauté éducative, et c'est sur cette base que seront prises les sanctions disciplinaires décidées par les chefs d'établissement ou les conseils de discipline". Le Code sera lu à chaque rentrée. Sans doute remplacera-t-il la lecture traditionnelle à la rentrée du règlement intérieur…
Plus innovant,le ministre de l'éducation nationale a fait part de son intention de développer l'enseignement du droit au lycée. "Dans une démocratie qui repose sur un socle de près de 8 000 lois, à un moment où un nombre croissant de nos élèves se tournent vers des études et des professions juridiques, il est en effet souhaitable qu'ils puissent acquérir dès le lycée les principes fondamentaux du droit auxquels ils seront nécessairement confrontés au cours de leur vie d'adultes et de citoyens. Cet objectif doit faire partie intégrante de la réflexion que je veux mener dans les prochains mois sur l'avenir du lycée".
Il rejoint là une revendication des élèves lors de la consultation Meirieu de 1998. Le droit est enseigné dans les filières technologiques. En série générale, des éléments de droit sont utilisés dans les cours d'ECJS.
En attendant, une convention facilitera les signalements à la police des infractions commis dans les établissements scolaires. Le ministre étend à la France entière le dispositif mis en place à Paris.
Discours de Darcos
Violence scolaire : Changer de paradigme pour Claude Lelièvre
"La prise de conscience de l’ancienneté et de la généralité des violences scolaire devrait conforter le combat de ceux qui veulent ‘’changer de paradigme’’ en prenant de front une donnée incontournable : les violences scolaires ne sont pas près de disparaître". Pour Claude Lelièvre, auteur d'Histoires vraies des violences à l'Ecole, la violence scolaire est ancienne et trop généralisée pour disparaître. "Leurs victimes sont là ( non pas ‘’marginales’’ ou à la ‘’marge’’) mais au cœur même du fonctionnement ordinaire des institutions scolaires, en quelque sorte en tant qu’ ’’accidents du travail’’, à prendre dans leur contexte professionnel". IL faut donc travailler durablement à son contrôle.
Lire l'entretien avec C. Lelièvre
Quelle réforme pour l'Ecole ?
"Le collège unique à la française ne prévoit aucun moyen d’aider efficacement les élèves en difficulté, l’enseignement individualisé étant quasiment absent. De même, notre système de carte scolaire à dérogations est associé à des inégalités entre élèves qui sont très importantes, des phénomènes de ghettoïsation dont nous savons qu’ils sont un handicap pour les élèves les plus en difficulté". Triste bilan dégagé par Nathalie Mons dans un article de Fenêtres sur cours. "Pour autant, adopter un libre choix total et sauvage conduirait à renforcer plus encore les inégalités scolaires" annonce-t-elle.
"Il nous faut donc un système médian qui est développé par certains pays et que j’ai appelé le libre choix régulé. Les familles ont le droit d’exprimer des vœux en ce qui concerne le choix de l’établissement mais les décisions finales sont prises par les autorités locales en fonction de considération d’intérêt général. Au-delà des choix politiques, ce sont également les valeurs de notre système scolaire qui sont en cause. Certains pays scandinaves et anglo-saxons sont fondés sur le concept d’éducabilité, tous les acteurs du système –depuis les enseignants, l’encadrement intermédiaire et les ministres — pensent que tous les élèves peuvent réussir au moins dans l’enseignement obligatoire. Ce n’est pas le cas chez nous, il y a une tolérance face à l’échec scolaire, on accepte un pourcentage de pertes".
FSC 308
Sur le Café, la France fait-elle un bon choix ?
Le défi du socle commun au colloque Se-Unsa
Que faut-il mettre dans la culture commune que l'école doit garantir à tous les élèves, mais aussi exiger de tous les élèves ? Sur cette question, François Dubet, invité au colloque SE-UNSA sur le défi posé par le socle commun, s'exprime sans ambages. C'est une question politique à laquelle la Nation doit répondre, car les enseignants seuls ne pourront y donner qu'une réponse biaisée, marquée par la prééminence disciplinaire et le souci de permettre à leurs enfants d'accéder aux formations d'élite. Le socle commun va contre la logique du système actuel, mais il est la seule réponse à l'injustice dont ce système est porteur.
Lire le reportage de F. Solliec
Quelles missions pour les personnels de direction ?
"Considérons l'ensemble des missions reliées au cœur du métier en plus de l'enseignement : orienter, évaluer, valider, aider, accompagner le travail personnel, participer à la définition des services, gérer des projets, définir en équipe la gestion du temps, aménager des parties de programmes et individualiser des parcours, créer des dispositifs, adapter les pratiques pédagogiques, élaborer des indicateurs, étudier le devenir des élèves, communiquer vers l'extérieur, promouvoir l'établissement, etc. Toutes ces missions, et bien d'autres encore, sauraient-elles encore durablement sortir de la responsabilité effective des enseignants ?" Education & Devenir propose de redéfinir le métier,les fonctions et les missions de chef d'établissement.
"A la suite de propositions déjà anciennes de Claude Pair, ne pourrait-on imaginer de mutualiser certaines fonctions ? En regroupant plusieurs établissements sur un territoire do