L'Expresso du 18 Janvier 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Cinq collèges Cohn-Bendit à la rentrée

ÉDITORIAL

Le plan cartable est un plan Ecole

LE SYSTEME

L'Ecole sera un des piliers du plan banlieue  l Bac pro : Manif le 30 janvier l Lycée : La filière STG au cœur des débats.

L’ÉLÈVE

Faire savoir : un réseau pour partager le savoir l Seine – Maritime : Alléger le cartable avec une clé USB l La campagne de la Jeunesse au Plein Air.

LA CLASSE

Le brevet

LA RECHERCHE

Le bilinguisme familial ne nuit pas forcément aux apprentissages

CITOYENNETE

Les jeunes Allemands initiés à la tolérance

LES DISCIPLINES

Primaire : L'éducation artistique à la maternelle l Alsacien

LES TICE

Super plats ou ultra peu chers :les nouveaux portables l Les ENT et l'Ecole étendue

 

 

Le fait du jour

 

Cinq collèges Cohn-Bendit à la rentrée

C'est le Collectif d'Initiatives Educatives (CIE), formé par Gabriel Cohn-Bendit, qui l'annonce. A la prochaine rentrée, 4 académies (Aix-Marseille, Créteil, Lyon, Versailles) proposeront 5 collèges aux enseignants volontaires réunis par le CIE. Deux autres académies pourraient annoncer d'ici la fin du mois leur participation au projet. Le projet participera du volet éducatif du plan banlieue gouvernemental. Les recteurs organiseront dans les semaines à venir des réunions avec les équipes de volontaires.

 

Répondant à l'appel de Gabriel Cohn-Bendit, environ 300 enseignants se sont portés volontaires pour construire en équipe des projets d'établissement innovants dans des établissements difficiles de banlieue.

Sur le Café, la communauté du projet

 

 

 

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Le plan cartable est un plan Ecole

"Je vous demande d’agir de façon pragmatique et de trouver sans délai des solutions concrètes afin de diviser, sous brève échéance, le poids du cartable par deux". Xavier Darcos l'avait annoncé en octobre. Le plan cartable prend forme le 17 janvier avec une circulaire ministérielle qui prend un ton quasi martial : pour soulager le cartable des élèves, le ministre mobilise ses troupes sac au dos ! A l'origine de cette campagne, l'étude de la Fcpe qui a montré que les cartables des collégiens étaient réellement trop lourds et les demandes de l'Unaf.

 

La circulaire impose un calendrier. Dès ce trimestre, les conseils d'administration des collèges devront aborder la question et proposer des solutions organisationnelles : en jouant sur les salles et les emplois du temps on doit pouvoir réduire le nombre de livres à transporter. Le ministre recommande aussi de privilégier les fournitures légères, par exemple de remplacer les gros cahiers par des cahiers de 96 pages. A la rentrée 2008, le ministère distribuera un guide ergonomique et les professeurs d'EPS devront enseigner de bonnes postures aux élèves. Les éditeurs devront également alléger les nouveaux manuels. Enfin, un concours est ouvert pour la réalisation d'un cartable léger et solide.

 

Trois éléments semblent particulièrement intéressants dans ce plan. Le premier est sans doute de penser l'organisation de l'établissement en fonction du bien être des élèves. Ce n'est pas dénigrer le système éducatif que dire que souvent d'autres critères organisationnels ont la priorité, quand la routine ne domine pas. N'empêche, la fabrication des emplois du temps était déjà complexe, l'élément "cartable" va complexifier  davantage. Le second élément concerne l'éducation aux bonnes postures. Le professeur principal devra apprendre aux élèves à s'organiser : il le faisait déjà très souvent.  Il devra aussi "alerter les parents sur leur rôle dans la préparation du cartable des enfants". On a là une prise de contact avec les parents assez originale, même si le ministère demande de passer par les canaux traditionnels.

 

L'opération "cartable" introduit également les tice dans la classe. Le B.O. demande que "au sein de la classe le recours aux tableaux blancs interactifs et de vidéo-projection des manuels scolaires (soit) recommandé. L’utilisation du numérique, qui permet d’avoir des supports de qualité, légers, avec une mise à jour rapide et efficace, sera encouragée". La circulaire ouvre donc une nouvelle opportunité pour l'édition numérique, un secteur qui en a bien besoin. Elle permettra aussi aux enseignants de légitimer aux yeux d'une hiérarchie technophobe le recours aux tice.

 

Une très ancienne et détestable sentence de maître d'école, disait que "les oreilles de l'élève sont sur leur dos". Le plan cartable nous montre que le dos des élèves peut être le chemin d'un changement de l'école. Dès lors que l'on s'intéresse prioritairement à l'élève, on se retrouve à changer l'organisation de l'école, développer les rapports enseignants – parents,  envisager l'intégration de nouveaux outils pédagogiques. C'est aussi de tout cela que sont lourds les cartables de nos enfants.

Le plan cartable

Sur le Café, le Guide des parents conseille pour aider les enfants à apprendre

 

 

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L'Ecole sera un des piliers du plan banlieue

Annoncer le plan banlieue dans Le Figaro Madame, est-ce bien raisonnable ?  Fadela Amara a précisé que le plan Espoir Banlieue disposerait d'un milliard d'euros. Ils serviront à désenclaver une cinquantaine de quartiers. Sur le plan scolaire, F. Amara annonce des expérimentations. "Nous lancerons des expérimentations. Par exemple, nous voulons multiplier les cafés de parents aux abords des collèges et des lycées, pour que les familles rencontrent les profs et s’investissent davantage dans la scolarité de leurs enfants. Dans certains établissements, nous allons créer des pôles d’excellence, avec apprentissage du solfège, ou du chinois, ou du latin et du grec dans des collèges. On veut brasser les gens, les cultures, les savoirs, créer de la mixité. Je veux faire émerger une élite des quartiers".

Article Figaro Madame

 

Bac pro : Manif le 30 janvier

Selon l'AFP, une manifestation locale aura lieu à Paris le 30 janvier pour protester contre le bac pro en 3 ans. L'intersyndicale régionale regroupe la Cgt, Snes, Snuep, Snfolc, Sud, Cgc, Sgen-Cfdt, Sundep, Snpefp).

Dépêche AFP

Sur le Café : Bac pro une réforme qui passe mal

 

Lycée : La filière STG au cœur des débats

Comment améliorer le taux de diplômés du supérieur ? Pour l'Inspection générale, la solution est à chercher en amont, du coté du lycée. Sa revue s'interroge sur l'articulation entre deux mondes qui se parlent peu, au moment où se met en place "l'orientation active" et une réforme de la première année universitaire. Et c'est évidemment le devenir des bacheliers technologiques qui se trouve au coeur des débats.

 

Ainsi Alain Boissinot, recteur de Versailles, estime que la spécialisation est excessive en série STG. Il recommande, " compte tenu des évolutions de l’enseignement supérieur, que les voies générales et technologiques (soient)  appelées à se rapprocher autour de deux grands pôles : les sciences et technologies (actuelles séries S et STI), les lettres et sciences humaines (actuelles séries L, ES, STG). A l’intérieur de chacun de ces pôles, les séries devraient être moins spécialisées et nombreuses qu’aujourd’hui (on pourrait même penser à les remplacer par un système « à la carte », prévoyant seulement quelques points de passage obligés). Du coup, la seconde de détermination pourrait être considérablement simplifiée et allégée".

 

Christian Forestier, membre du HCE, dénonce lui aussi la déprofessionnalisation de la série STG. " Le baccalauréat technologique, et notamment le baccalauréat technologique tertiaire, prépare-t-il à toutes les

formes d’enseignement supérieur ou bien est il uniquement conçu pour l’enseignement technologique court ? Si c’est la seconde réponse qui est la bonne, il faut se donner les moyens de la mettre en œuvre". Il demande un sursaut des séries générales qui doivent pouvoir auglenter leurs effectifs.

La revue

 

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Faire savoir : un réseau pour partager le savoir

"Dans nos sociétés, l’accès au savoir est déterminant. Les inégalités sont de plus en plus liées aux diplômes. L’école et les enseignants jouent un rôle essentiel dans la réduction de ces inégalités. Mais, en complément du système éducatif, il existe une offre de savoirs gratuits ou à prix modique, accessibles à tous. Du soutien scolaire aux conférences publiques, en passant par l’alphabétisation, un ensemble d’actions sont aujourd’hui menées. Eparses et non coordonnées, elles disposent de peu de moyens de communication. Elles n’ont pas la visibilité qu’elles pourraient et devraient avoir. Le projet de notre réseau est de les recenser et de diffuser au maximum l’information sur un territoire donné. Ce faisant, nous souhaitons contribuer à ouvrir l’accès au savoir à ceux qui sont le plus en difficulté". Soutenu par l'Observatoire des inégalités,le réseau Faire Savoir propose un autre modèle de distribution du savoir.

 

Louis Maurin, président du réseau, présente au Café le projet. "L'idée est de recenser toute l'offre de savoir, de l'alphabétisation aux universités populaires et de diffuser le plus largement possible. Mais attention, l'internet est un outil, on sait bien que la moitié de la population n'est pas connectée, en particulier celle qui aurait besoin d'avoir accès au savoir. L'idée c'est de construire un annuaire, des tracts, des émissions de radio, etc. Par exemple, de diffuser l'info comme les menus des cantines dans les écoles, d'aller dans les supermarchés".

 

Peut on troquer réellement du savoir ? On peut donner des connaissances mais comment savoir si elles deviennent du savoir ?

 

Ce n'est pas un troc, c'est du