Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Le Medef veut renforcer les Tice à l'école
ÉDITORIAL
Une grève pour quels motifs ?
LE SYSTEME
La rentrée à Versailles l Voyage au pays des Tice : Le Bett (3) l Le rapport Attali veut "libérer" l'Ecole l Le métier d'enseignant dans Les dossiers de l'Enseignant l Service minimum : Darcos menace l L'enseignement agricole en grève également le 24 l Postes aux concours du privé.
L’ÉLÈVE
Ecole et parentalité l Des lycéens contre les expulsions l Orléans : Flicage, humiliation ou pédagogie ? l Madagascar : Plus de supplément énergétique dans les cantines d'Antananarivo
LA CLASSE
La France et le multi-culturalisme l Clonage d'embryons
LES DISCIPLINES
Primaire : Les deux heures à la carte l Langues : Le brevet l Histoire-Géo : La droite attaque les manuels
LES TICE
Mondes virtuels et criminalité
Le Medef veut renforcer les Tice à l'école
Pour faire de la France un leader dans le domaine du numérique,il faut améliorer (entre autres) la formation. Le Medef et le Syntec (qui réunit les entreprises du secteur informatique) ont rendu public un rapport où l'Ecole n'est pas oubliée.
Le Medef souhaite à la fois "renforcer la formation dans les Tic et développer la formation par les Tic". L'équilibre n'est pas toujours évident. Ainsi le rapport estime que "apprendre à utiliser les TIC doit devenir une compétence transversale de tout jeune ayant fréquenté le système éducatif en France" et pour cela il faut renforcer le B2i : "A l’instar du brevet d’initiation à l’internet (B2i) collège qui sera exigé pour la délivrance du diplôme national du brevet à partir de l’année 2008, le B2i lycée devra être généralisé et indispensable à l’obtention des différents baccalauréats". Et pour cela la formation des enseignants devra être améliorée.
Parallèlement le Medef estime qu'il "convient désormais d’innerver toutes les disciplines avec les TICE, dont il est démontré que l’application peut concerner aussi bien les arts plastiques et le développement de l’infographie, les disciplines littéraires avec des ateliers d’écriture collaboratifs, des processus pédagogiques ludiques ou des exercices d’entraînement. La recherche dans ces domaines mérite d’être largement encouragée".
Le raisonnement suivant est d'autant plus curieux qui introduit une dimension purement bureaucratique. "Pour susciter et repérer des vocations d’ingénieurs informaticiens, il est souhaitable d’intégrer dans les programmes de technologie ou de mathématiques une première approche de programmation simple soit au collège, soit dans les filières scientifiques et techniques. Cela implique de créer un CAPET et d’une agrégation TIC qui n’existent pas actuellement". Le Medef reprend là une demande ancienne des lobbys attachés à un enseignement de l'informatique pure. Cet enseignement a existé dans le passé. Le risque c'est évidemment qu'on réserve les tic à une catégorie de professeurs et qu'elles disparaissent ailleurs. On peut douter qu'on arrive à concilier "la compétence transversale" et la création de profs d'informatique.
Le rapport invite pourtant à "favoriser le travail collaboratif et le dialogue inter-classes et inter établissements, sur le territoire national comme au sein de l’Europe : la maîtrise du travail collaboratif, compétence de plus en plus recherchée par les entreprises, est considérablement facilité par les TIC. Le développement du travail par les TIC pourrait notamment permettre de décloisonner les classes et les enseignements… Généraliser certaines innovations pédagogiques, au premier rang desquelles le cartable numérique". On rejoint là un autre souci ministériel.
Quel poids peut avoir ce rapport ? Il est publié alors que l'agenda ministériel annonce mercredi 23 le lancement d'une "mission sur les nouvelles technologies de l'information dans l'éducation nationale confiée à Jean Mounet, président du Syntec".
Le rapport du Medef (pdf)
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Une grève pour quels motifs ?
Elle sera "sans aucun doute forte" a prévenu le ministre de l'éducation nationale évoquant la grève du 24 janvier. Une prévision que ses services peuvent valablement faire mais qui pour le moment n'est recoupée par aucune autre estimation. On n'émettra donc pas d'avis sur le futur taux de participation. Mais on peut poser la question des éléments qui peuvent l'affecter.
Evidemment les suppressions de postes, le blocage salarial, qui motivent le conflit, seront sur le devant des cortèges. Les tentatives pour encadrer la grève, à travers le service minimum, la menace de renforcer la législation sur ce point ne sont certainement pas de nature à apaiser les tensions.
Mais bien d'autres éléments influenceront les enseignants jeudi. A commencer par la crise des valeurs qui se manifeste entre enseignants et gouvernement. Ce n'est pas seulement le mode de vie monégasque du chef de l'Etat, passablement éloigné des valeurs du corps professoral. Les déclarations de N. Sarkozy sur l'importance qu'il accorde aux valeurs religieuses mobiliseront également contre le gouvernement. Après le Snes, le Snuipp, le Se-Unsa, ce sont maintenant les chefs d'établissement du Snpden, qui manifestent leurs inquiétudes devant des propos qui remettent en question la morale laïque.
Les enseignants peuvent aussi avoir le sentiment de voir les problèmes d'éducation leur échapper. Que le gouvernement multiplie les chantiers et les missions pose déjà la question du changement. Mais le pire c'est peut-être le sentiment de dépossession qui est ressenti. Les enseignants peuvent avoir le sentiment que n'importe qui peut préparer une réforme de leur métier. N'importe qui, sauf eux les principaux intéressés. Ainsi c'est au Syntec que sera confiée officiellement la réflexion sur les tice. C'est la commission Attali qui s'exprime sur l'avancement des profs. C'est une certaine presse qui veut refaire les manuels scolaires.
Cette déqualification relative est difficilement conciliable avec le changement. Il est sans doute déjà difficile de faire accepter une réforme quand elle n'est portée par aucune conséquence financière positive. Cela reste-il possible quand les enseignants ne sont pas associés aux réflexions sur leur propre métier ?
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La rentrée à Versailles
Comment présenter positivement la rentrée quand les prélèvements de ressources sont énormes ? Le 18 janvier,le recteur de Versailles, A. Boissinot, tentait l'exercice. Le recteur promet de maintenir les taux d'encadrement avec moins d'enseignants. Ca ne va pas être facile !
Lire l'article de F. Solliec
Voyage au pays des Tice : Le Bett (3)
"True Tube est une plateforme destinée directement aux adolescents, comme une antidote à la passivité des médiaphages, pour promouvoir le regard critique sur les contenus, la créativité, l’analyse et l’échange. Partage de vidéos, forums, la plateforme, modérée, fournit des outils de création audiovisuelle et des supports de débats sur les questionnements des 15-24 ans : la musique, l’amour, l’engagement politique, le racisme, la pauvreté, la délinquance, le sida, par exemple. Les enseignants sont invités à utiliser True Tube comme support pédagogique pour l’enseignement de l’anglais ou de la citoyenneté. L’approche de la citoyenneté comme une composante à part entière du socle de base se conjugue, dans le plan pour l’éducation (le « childrens’s plan »), avec le souci de prévention des risques pour les adolescents mais également avec un impératif d’inclusion pour les handicapés, les enfants défavorisés ou issus de l’immigration. " Monique Royer continue son compte-rendu de la grand e foire mondiale des Tic.
Lire le reportage de M. Royer
Le rapport Attali veut "libérer" l'Ecole
Le journal Les Echos a réussi à se procurer le rapport de la Commission Attali chargée de "libérer la croissance". Parmi ses 314 propositions, une dizaine concernent l'Ecole. La commission souhaite introduire un système de choix d'établissement à l'américaine. Les parents recevraient un chèque éducation (équivalent des vouchers américains) qu'ils pourraient utiliser dans n'importe quelle école. Cela devrait permettre le développement du privé qui est souhaité par la commission. Les enseignants seraient évalués "sur leur capacité à faire progresser tous les élèves", les règles de rémunération à l'ancienneté seraient revues, l'employeur privé pouvant "déterminer les conditions de rémunération" de ses agents. L'évaluation des écoles serait publique et les enseignants seraient également évalués par leurs élèves… Enfin l'enseignement de l'économie serait revu… Libérer l'Ecole c'est bien. Mais de qui ? Des profs ?
Article des Echos
Le site de la Commission
Le métier d'enseignant dans Les dossiers de l'Enseignant
"Mes petits élèves constituent un auditoire beaucoup plus attentif que certains prétoires ; il y a toujours de l’inattendu dans le déroulement d’une journée de classe et, surtout, il n’y a rien d’irréversible dans l’apprentissage. Cet enjeu permanent apporte une vraie satisfaction professionnelle, le sentiment que tout est encore possible". Le témoignage d'Olivia Choukroun, avocate devenue prof, est sans doute atypique. Il montre la variété des parcours des enseignants auxquels Les Dossiers de l'enseignant, la revue du Se-Unsa, consacre un portrait appuyé sur les dernières études. Malaise enseignant, origine sociale, formation, la revue synthétise les informations sur les profs. Quant à Olivia Choukroun, l'Ecole l'a ramenée au prétoire où elle défend, en tant que déléguée du personnel, ses collègues.
Les Dossiers de l'Enseignant
Service minimum : Darcos menace
Si ça ne marche pas, j'irai "peut-être plus loin, en particulier en demandant aux professeurs de se déclarer grévistes deux jours avant" a déclaré le ministre de l'éducation nationale le 20 sur Canal +.
D'après lui 370 villes ont accepté le système de service minimum. Paris, en tous cas, a refusé. Dans une lettre au ministre, le maire de Paris fait part de son intention de ne pas signer la convention. "A l'instar de nombreux élus de toutes sensibilités politiques, il me semble inconcevable de "sous-traiter" à une commune une responsabilité légale de l'Etat" déclare-t-il. Il rejoint là la position de l'Association des maires de France et de l'Andev.
Dépêche AFP
La dossier du Café