L'Expresso du 4 Février 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Le rapport Pochard publié officiellement aujourd'hui

ÉDITORIAL

La gifle entre juge et parti

LE SYSTEME

Six fédérations veulent mobiliser sur le budget l DHG : La colère monte l Le Snuipp écrit à Darcos l Le métier d'enseignant vu par Education & Devenir l Le rapport Brégeon sur l'EDD l Enseignement agricole : un modèle à visiter.

L’ÉLÈVE

Paramédical : des guides d'information l Le tir sport obligatoire à l'école ? l Darcos nomme un nouveau délégué à la vie lycéenne

LA CLASSE

40 écoles recevront des dispositifs de visioconférences

LA RECHERCHE

Pratiques d'enseignement de la lecture  et performances des élèves

CITOYENNETE

Laïcité : Le Sgen et la Fep réagissent aux propos présidentiels

LES DISCIPLINES

Primaire : En attendant le verdict ministériel… l Maths : MathemaTICE n°8 l S.E.S. : Le débat continue sur Libération

LES TICE

La Wii chasse les souris l Britney est un cheval de Troie

 

 

Le fait du jour

 

Le rapport Pochard publié officiellement aujourd'hui

Le rapport Pochard traite du métier d'enseignant. Depuis plusieurs jours il est largement commenté dans la presse et les lecteurs du Café auront eu le privilège de le découvrir en texte intégral,mais dans sa version du 25 janvier. C'est aujourd'hui que Xavier Darcos va publier la version définitive et indiquer les orientations qu'il souhaite en tirer.

 

Ce rapport important (plus de 200 pages) s'appuie autant sur les enquêtes précédentes (jusqu'au rapport Ribot du début du XXème siècle !) que sur les auditions. Il s'articule autour de 6 thèmes. S'agissant des salaires, le rapport estime que les rémunérations des enseignants ont en gros évolué sur 20 ans comme les salaires moyens mais qu'ils sont en baisse ces 5 dernières années et qu'ils sont nettement inférieurs (de 20 à 30%) aux salaires des enseignants en Europe. Pour autant le rapport n'apporte pas de réponse si ce n'est de faciliter les secondes carrières, un domaine où le ministère piétine.

 

Concernant les établissements, la commission souhaite renforcer l'autonomie. "Les derniers résultats de PISA montrent que tous les pays qui ont de bonnes performances scolaires ont donné à leurs établissements de larges marges de responsabilité dans leur organisation" note-t-elle. Elle ajoute "L’autonomie des contenus d’enseignement ou de la certification n’est pas envisagée. La conviction que les programmes et les diplômes doivent rester nationaux est un point de consensus. Même dans les pays qui ont le plus décentralisé leur système éducatif et donné une large autonomie à leurs établissements, l’Etat conserve la maîtrise des contenus et des diplômes". Cependant la commission souhaite que les établissements puissent modifier les curricula, disposer de 10% de la DHG, signer un contrat avec chaque enseignant et choisir les affectations, fixer les conditions d'exercice des enseignants. Dans le premier degré, elle est favorable aux Epep (établissements publics).

 

Les conditions d'exercice du métier devraient aussi évoluer par le développement de la bivalence et l'intégration dans un horaire annualisé des tâches qui ne sont pas d'enseignement mais d'éducation. 

 

Le recrutement serait également modifié. La commission insiste sur la nécessité d'ouvrir socialement le métier à des jeunes moins favorisés. Elle penche pour une distinction entre certification et recrutement : le concours ne ferait pas l'affectation.

 

Sur le plan de la carrière,la commission est attachée à une différenciation par le mérite des carrières, celle-ci pouvant être évaluée par le chef d'établissement.

 

Les syndicats ont déjà réagi. La Fsu, s'exprimant auprès de l'AFP, estime que "on n'a pas besoin de concurrence (entre enseignants) pour améliorer l'enseignement", mais "de coopération et de collaboration entre les personnels, et pas seulement entre enseignants". 

 

Le Se-unsa a le sentiment "de se trouver devant un rapport "hémiplégique". Pour l’essentiel, il ne parle en effet que des enseignants du 2nd degré. Qu’une commission missionnée pour travailler sur la fonction enseignante, ait, de fait, omis 47 pour cent des enseignants français est une véritable faute Faut-il alors s’étonner que ce rapport asymétrique soit traversé par un fort tropisme gestionnaire voire managérial ? Le SE-UNSA aurait souhaité, lui, que la fonction pédagogique de l’enseignant soit l’entrée prioritaire. Quant aux sujets pointés… si certaines sont pertinentes et intéressantes, d’autres n’échappent pas aux contradictions comme envisager l’annualisation du temps de travail et, en même temps, le recours aux heures supplémentaires... D’autres encore sont parfois en dehors du réel : à la commission évoquant les secondes carrières, les 15 postes proposés il y a deux ans aux 850 000 enseignants apportent une mise au point cruelle !"

Sur le Café, Le texte du rapport Pochard (version du 25 janvier)

Communiqué Se-Unsa

Dépêche AFP

 

 

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La gifle entre juge et partie

Il y a des gifles qui atterrissent mollement. D'autres claquent en arrivant à destination. La gifle distribuée par le professeur de technologie de Berlaimont  fait un sacré vacarme. Aucune liste de discussion d'enseignants n'y a échappé ce week-end. Cette affaire a bien davantage fait parler les profs que le rapport Pochard. Certes ce bruit fait écho au tapage médiatique d'autant plus surprenant que cette affaire aurait peut-être pu trouver son exutoire dans le cadre local. Mais l'écho a été encore plus fort chez les enseignants. C'est ce  que l'on voudrait ici comprendre.

 

Pourtant les enseignants ne partagent pas la même position sur l'événement. Certains manifestent une solidarité totale avec un collègue. Disons que c'est en gros l'attitude la plus répandue chez les enseignants du secondaire. D'autres peuvent faire preuve de sympathie, se rappelant parfois des dérapages qu'ils peuvent juger similaires, tout en condamnant. C'est souvent l'attitude des instits, pourtant plus fréquemment mis devant ce genre de situation.

 

Ces postures évoquent immédiatement les travaux des sociologues sur le malaise dans l'enseignement. Celui des enseignants dont on sait qu'il touche la moitié des profs du secondaire (53% selon une étude ministérielle) lié à "la non prise en compte des difficultés concrètes du métier" et au sentiment "d'une dégradation de l'image des enseignants". On l'entend très clairement chez cette collègue qui écrit "nous sommes une profession de couards" avant de vanter la résistance des chauffeurs de bus. Ou chez ce prof qui fat le parallèle avec la gifle de Bayrou "il ne s'agit que d'un simple professeur de collège. La morale de la fable selon que l'on est grand ou petit s'illustre ici". Mais on pense aussi au malaise des élèves et à Pisa 2003 qui établissait que 81% des collégiens français se sentent mal à l'école.

 

Une autre lecture serait davantage idéologique. Il y a chez les enseignants comme dans la société française l'aspiration à l'ordre, telle cette enseignante qui rappelle que "de son temps" les élèves se prenaient des torgnoles à l'école et "il y avait moins de violence". Plus calmement tel autre rappelle l'article 433-5 du Code pénal qui énumère les peines encourues pour outrage à une personne chargée d'une mission de service public.

 

Mais le grand clivage est ailleurs dans ce que l'incident ravive du métier d'enseignant. "Combien d'entre nous se font insulter, bousculer sans pouvoir rien dire" écrit ce professeur toulousain. "Notre métier est de former et non d'éduquer". Un autre collègue explique que c'est la réforme des programmes qui motive l'incident : "depuis 2005 les professeurs de technologie sont soumis à une refondation complète de leur programme : ceci explique-t-il cela ?". Ce à quoi répond la remarque d'une instit : "la question posée me semble être celle de la place ambiguë de l'enseignant qui est à la fois juge et partie. Il est au cœur du conflit et doit le régler. Quelque part il est dans la toute puissance". Toute puissance enfantine, toute puissance du maître en attendant la justice…

Surle Café,le malaise enseignant

 

 

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Six fédérations veulent mobiliser sur le budget

La Fsu, l'Unsa éducation, le Sgen-Cfdt, la Ferc-Cgt, la Faen et le Fnec FP FO appellent à "maintenir la mobilisation " contre le budget de l'éducation nationale.

Dépêche AFP

 

DHG : La colère monte

C'est la Fcpe qui manifeste sa "colère" face à la montée des heures supplémentaires. "C'est bien mauvaise gestion que de satisfaire des besoins permanents et fondamentaux par des moyens temporaires et marginaux" déclare la Fcpe selon l'AFP. La première organisation de parents d'élèves estime que le recours aux heures supplémentaires est "abusif". Elle craint un déficit d'encadrement des jeunes. On sait qu'à la rentrée 2008, 3 500 postes sont transformés en heures supplémentaires.

 

Au-delà de la Fcpe, d'un peu partout  arrivent au Café les bruits de transformation en heures supplémentaires des enseignements les plus récents (tpe, ecjs, aide individualisée etc.) ce qui les menace directement.  

Dépêche AFP

 

Le Snuipp écrit à Darcos

"A cinq mois de la fin de l'année scolaire, les programmes de l'école élémentaire, dont vous avez annoncé la refonte, n'ont fait l'objet d'aucune information et d'aucune consultation". Dans une lettre ouverte, le Snuipp exprime son "inquiétude" et déplore les effets d'annonce du ministre.

 

"Par ailleurs", continue le syndicat, "l'annonce d'un nouveau système d'évaluation des élèves, s'accompagnant d'une publication des résultats école par école, participe davantage d'un parti pris idéologique que d'une volonté d'amélioration des relations entre l'école et les parents. Le nouveau système d'évaluation des enseignants n'a fait l'objet d'aucune concertation. L'avenir des missions des personnels exerçant dans les RASED est incertain. La mise en place de stages de remise à niveau pour les élèves en difficulté relève davantage d'un vrai bricolage et d’un effet d’annonce que d'une mesure destinée à assurer la réussite de tous les élèves".

 

Le Snuipp invite X. Darcos  a communiquer son projet. "Il est intolérable que la cohérence de votre projet éducatif reste cachée et que notre p