Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Primaire : Heures du samedi : le texte officiel
ÉDITORIAL
Pochard : Ouvertures et illusions
LE SYSTEME
Le rapport Pochard remis à X. Darcos l Pour le Snuipp,le rapport Pochard n'est pas une base de discussion l Un système éducatif poussé à la dérive libérale ? l Darcos minimise la gifle.
L’ÉLÈVE
L'orientation au collège et au lycée l Alix Nicolet nouvelle présidente de la Fidl l Finies les sucreries en caisse ? l La Fcpe ne s'oppose pas à Base élèves
LA CLASSE
Qu'apporte Edgar Morin aux enseignants ? l Le Nouvel Educateur : Sortir ! l "Grande Lessive" le 7 février : vers les 100 000 participants !
CITOYENNETE
La constitution est modifiée
LES DISCIPLINES
Primaire : La littérature pour apprendre l Langues : La visioconférence au primaire l EDD : Un ouvrage numérique sur l'EDD l EDD : Dunkerque ouvre le 1er centre pédagogique permanent l EDD : Le rapport Brégeon l SES : Le prof se rebiffe
Primaire : Heures du samedi : le texte officiel
Alors que Xavier Darcos doit publier dans les prochains jours la décision ministérielle concernant l'organisation du service des enseignants du primaire suite à la suppression du samedi matin,le Café pédagogique vous donne la primeur de ce texte. Rappelons que le sujet a été débattu avec les organisations syndicales ces dernières semaines (voir L'Expresso du 4 février).
Le Café pédagogique a pu se procurer ce court texte ministériel. Nous en publions le passage qui impacte directement les services des enseignants.
Le texte précise que le service des enseignants est de 27 heures hebdomadaires "dont 3 heures (108 heures annuelles) spécifiquement consacrées à l'aide aux élèves rencontrant des difficultés d'apprentissage, aux travaux au sein des équipes pédagogiques, aux relations avec les partenaires de l'école ainsi qu'à des actions de formation".
S'agissant des dispositifs d'aides, le texte précise qu' "il n'y a pas de dispositif national unique, l'instance la mieux à même d'élaborer un dispositif adapté est le conseil des maîtres qui prendra appui, le cas échéant, sur l'équipe éducative".
L'article 4 donne le détail de l’organisation du travail des enseignants. "Au-delà des 24 heures hebdomadaires d’enseignement à tous les élèves, les 108 heures annuelles que doivent effectuer les enseignants sont réparties, selon les modalités suivantes :
- 24 heures de travaux en équipes pédagogiques et relations avec les parents, intégrant l’élaboration et le suivi des projets personnalisés de scolarisation pour les élèves handicapés ;
-18 heures d’animation pédagogique et de formation ;
- 6 heures de conseil d’école obligatoire ;
- 60 heures consacrées à des actions directes auprès des élèves concernés et au temps d'organisation correspondant, ou à des interventions en petits groupes, par exemple en maternelle. Dans le cas où ces actions ne mobiliseraient pas tout ce temps pour un enseignant, les heures disponibles seront consacrées au renforcement du temps de formation hors la présence des élèves.
A l’école maternelle, ce dispositif, comme les autres dispositifs de la prévention de la difficulté scolaire, sont centrées sur la première des priorités de cette école : la maîtrise orale de la langue française. Les enseignants d’école maternelle peuvent être amenés à intervenir auprès d’élèves du cycle des apprentissages fondamentaux à l’école élémentaire.
L’application de ces dispositions aux directeurs d’école fera l’objet d’un examen particulier.
Ces éléments serviront de base pour la rédaction des textes réglementaires".
L'affirmation selon laquelle "l'instance la mieux à même d'élaborer un dispositif adapté est le conseil des maîtres", la souplesse laissée dans le paragraphe concernant les 60 heures consacrées à des actions directes auprès des élèves, montrent que certaines observations syndicales ont été entendues rue de Grenelle. Le texte devrait se plier plus facilement aux particularités et aux difficultés locales.
L'Expresso du 4 février
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Pochard : Ouvertures et illusions
Le rapport Pochard est-il susceptible de sortir le système éducatif français de l'ornière ? Il semble qu'il associe à la fois de réelles ouvertures et des idées qui, pour être à la mode, sont d'une efficacité douteuse.
C'est le cas partiellement de l'autonomie des établissements. Le rapport souhaite la renforcer arguant de meilleurs résultats pour les élèves. Les rédacteurs envisagent d'accorder à l'établissement la possibilité d'adapter les programmes. "L’autonomie pourrait ainsi consister à confier à l’établissement, dans le cadre des programmes, un pouvoir d’arbitrage sur l’organisation scolaire, en fonction de son propre projet de réussite éducative. Il s’agirait de donner aux établissements « du grain à moudre », afin qu’ils deviennent maîtres de leur organisation pédagogique".
Cette perspective est saluée par la recherche. Ainsi Nathalie Mons (dans Les nouvelles politiques éducatives) relève que "de même que l'autonomie dans l'élaboration des programmes peut se révéler positive, confier aux établissements le soin de recruter leurs enseignants est associé à des populations d'élèves en difficulté plus réduites". Cependant elle précise que "déléguer des tâches administratives et budgétaires aux chefs d'établissement est neutre sur le plan scolaire".
Autrement dit, si l'autonomie peut s'avérer positive, c'est à condition qu'elle soit bien encadrée par l'Etat. A défaut, on assiste à une réduction de l'autonomie. C'est le cas en Angleterre, en Flandre, en Hongrie par exemple.
Une autre idée court le rapport : renforcer les pouvoirs du chef d'établissement. Ils seraient chargés de sélectionner les enseignants, de les noter, d'impulser les choix pédagogiques d'établissement. Pourtant l'efficacité du chef d'établissement manager reste à démontrer. Les recherches de F. Dubet, O. Cousin ou encore A. Grisay et A. Sacré, dans les années 1980, n'ont pas réussi à mettre en évidence un effet chef d'établissement. Le succès des établissements privés est souvent associé au fait qu'ils disposent de chefs d'établissement qui ont des pouvoirs bien plus larges que leurs homologues publics. Or ce que montre la thèse récente de M. Hassani, c'est qu'ils se distinguent de leurs collègues par un niveau d'intervention dans la vie de l'établissement beaucoup plus bas. Pour M. Hassani, bien loin d'être les patrons omniprésents que l'on imagine parfois, ils appartiennent majoritairement au modèle "individuel laissez-faire" c'est à dire qu'ils interviennent pédagogiquement très peu dans leur établissement.
Enfin le rapport souhaite modifier largement les conditions de travail. Il recommande l'annualisation du temps de travail et entend varier les salaires en fonction des "performances" du système éducatif. Cela pourrait être financièrement possible en supprimant les décharges et en réaffectant les sommes ainsi libérées. Deux mesures qui sont également à la mode en Europe où on assiste généralement à un renforcement des contrôles sur la vie des professeurs. Pour autant cette mesure est-elle acceptable dans les établissements français ? On peut en douter.
Enfin il faut saluer l'obstination avec laquelle le gouvernement envisage la réforme de l'Ecole en confiant à des commissions différentes des difficultés précises. Ce saucissonnage n'aide pas forcément. Peut-on réellement changer l'enseignement en ne réformant que les enseignants ? Quid des méthodes pédagogiques ?
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Le rapport Pochard remis à X. Darcos
Ni Xavier Darcos, ni Marcel Pochard ne pouvaient ignorer les réactions qui s’étaient fait connaître la semaine dernière à propos du livre vert sur la condition enseignante, disponible depuis samedi dans une pré-version sur le site du Café, que la démission de Michel Rocard de la commission de travail a contribué à très largement médiatiser.
Lors de la conférence de presse du 4 février, la préoccupation de désamorcer les conflits était claire. Marcel Pochard a insisté sur la grande diversité des points de vue pris en compte dans le rapport, tandis que Xavier Darcos, en affirmant sa volonté de remettre en cause un statut datant de 1950, mettait en avant l’aspect raisonnable de sa démarche. Il faudra cependant beaucoup plus qu'une affirmation de logique, de transparence et de bonne volonté pour que les organisations enseignantes acceptent de discuter sereinement des propositions d'évolution que le gouvernement voudra retenir du livre vert.
Sur le Café, lire le reportage de Françoise Solliec
Pour le Snuipp,le rapport Pochard n'est pas une base de discussion
"En l’état, le rapport de la commission Pochard ne peut constituer une base de discussion pour l’évolution de la fonction et du métier d’enseignant du premier degré". Le Snuipp déplore "l'indigence" du rapport sur le premier degré. " La commission semble ignorer les multiples aspects des missions des enseignants des écoles. La complexité du métier de professeur d’école se décline non seulement autour de la maîtrise de la polyvalence et de l’amplitude d’âge du public visé (2 à 11 ans, sans compter les enseignements dans les classes spécialisées du collège), mais aussi de la multiplicité des tâches auxquelles les enseignants sont confrontées : évaluation, remédiations, relations aux familles, surveillance et sécurité des élèves, participation aux équipes éducatives".
Communiqué
Un système éducatif poussé à la dérive libérale ?
" En 2002, (l'Ecole) entre dans une période dont les historiens diront sans aucun doute qu'elle a été « le temps de la destruction ». En 2007, elle pouvait espérer une ère de reconstruction, le nouveau ministre étant beaucoup plus compétent et plus ouvert que son prédécesseur, et un retour à la conception républicaine, spécifiquement française, qui avait prévalu jusqu'en 2002. En fait, après une période de latence, le ministre la pousse délibérément, sans que cela ne provoque de grandes réactions, dans « le temps de la construction du système libéral ». Toutes les mesures prises depuis quelque temps sont parfaitement cohérentes avec un projet de société fondé sur la loi du plus fort et sur la charité pour les faibles. On accréditera ainsi l'idée de fatalité de l'échec et on confortera la bonne conscience des décideurs avec une quantité de mesures qui permettront de dire que tout a été fait pour les pauvres, et que, s'ils en sont là, c'est bien par ce que c'est leur destin". Pierre Frackowiak analyse l'histoire récente du système scolaire et fait part de ses inquiétudes.
La tribune de P. Frackowiak
Darcos minimise la gifle