L'Expresso du 6 Février 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Six établissements pour les collèges Cohn-Bendit

ÉDITORIAL

L’éducation : l’affaire de tous mais chacun dans son coin

LE SYSTEME

Plus de 200 chercheurs dénoncent les "diagnostics" langagiers posés sur les jeunes de banlieue l Rapport Pochard : Certains l'aiment, d'autres pas  l Primaire : Deux syndicats signent l'accord sur les heures du samedi l Salaire : Augmentation de 0,5% l Succès des pétitions en faveur du prof gifleur l Afrique de l'ouest : Progrès de l'enseignement en langue nationale.

L’ÉLÈVE

Forte baisse des sorties sans qualification

LA RECHERCHE

Le bicentenaire de l'Etat enseignant

CITOYENNETE

Un appel pour la laïcité

LES DISCIPLINES

Français : Le Journal de Stendhal en ligne l Maths : Les acquis des élèves à 15 ans l SES : Le ministre installe la commission Guesnerie l Technologie : L'Afdet publie un Livre blanc l Professionnel : Les grilles horaires des bacs pro 3 ans

 

 

Le fait du jour

 

Six établissements pour les collèges Cohn-Bendit

X. Darcos a publié le 5 au soir la liste des établissements qui pourront accueillir les équipes d'enseignants réunies par Gaby Cohn-Bendit.

 

Il s'agit du collège Jean-Jaurès et du lycée Lumière à La Ciotat (13), du collège Beaumarchais à Meaux (77), du collège Chevreul à L'Hay les Roses (94), du collège Vallès à La Ricamarie (42) et du collège Les Explorateurs à Cergy.

 

Répondant à l'appel de Gabriel Cohn-Bendit, environ 300 enseignants se sont portés volontaires pour construire en équipe des projets d'établissement innovants dans des établissements difficiles de banlieue.

Sur le Café le site des enseignants

 

 

 

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L’éducation : l’affaire de tous mais chacun dans son coin

Selon la commission Pochard, et ce n’est pas nouveau, le rapport entre les enseignants et les parents ne serait pas de tout repos. Il serait même une des causes du malaise enseignant. Si 11% des enseignants mentionnent les relations difficiles avec les élèves pour expliquer leur malaise,  ils sont 38% à estimer que les exigences des parents en sont une cause plus importante ».

 

Accusés par les enseignants d’être consuméristes, les parents même s’ils sont pour 79 % satisfaits de l’éducation fournie par les établissements publics, sont 26% à dénoncer l’incompétence des enseignants. Une incompréhension mutuelle face à un objet, l’école, qui focalise bien des attentes. Et l’on attend, tous, que l’école devienne une passerelle entre les différents acteurs de l’éducation, parents, enseignants, élèves, environnement local, un lieu de dialogue et de construction pour assurer une continuité et une complémentarité pour l’éducation des enfants. Et même, qu’elle soit, qu’elle redevienne un moteur de l’inclusion pour les élèves mais aussi pour les parents.

 

Une utopie ? Pas vraiment lorsqu’on regarde ailleurs. La Grande Bretagne dans son plan pour l’enfance inscrit l’amélioration des relations entre l’école et les parents comme une donnée de la réussite et de l’équité. 30 millions de livres sont affectés pour aider les parents et les éducateurs à accompagner les élèves dans leur scolarité. D’ailleurs le Ministère de l’Education s’est mué en ministère pour l’enfance, l’école et les familles. Ce n’est qu’un exemple, nous aurions pu aller voir aussi en Finlande ou au Québec notamment.

 

Pourtant les dix préconisations du rapport de l’Inspection Générale sur « la place et le rôle des parents dans l’école » publié en 2006 semblent rester lettre morte ou presque. Seuls les temps de rencontre entre enseignants et parents sont repris par la Commission Pochard. Mais nulle part, on retrouve une réelle ouverture de l’école vers les parents dessinée par l’Inspection avec la mise à disposition de salles dans les établissements ou, plus ambitieux, la création d’école de parents.

 

Tant que les contacts parents-enseignants ne dépasseront pas le carnet de liaison, ou les rencontres parents-profs, tant que la participation à la vie de l’établissement se limitera à quelques parents au sein des instances représentatives et des conseils de classe, l’école restera l’affaire de tous mais chacun dans son coin. Et les réformes passeront, le malaise perdurera dans une vision morcelée de l’éducation.

Monique Royer

Le rapport Pochard :

Le rapport sur la place et le rôle des familles dans l’école

The Children’s plan

 

 

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Plus de 200 chercheurs dénoncent les "diagnostics" langagiers posés sur les jeunes de banlieue

"On lit beaucoup depuis quelque temps que des difficultés d’insertion sociale seraient dues à des difficultés de maîtrise de la langue française. Ces discours trouvent un écho important dans la presse, même sérieuse et toutes tendances confondues, et dans des recommandations remises aux ministres successifs de l’éducation nationale à propos par exemple de la lecture, de la grammaire ou de l’école maternelle". Plus de 250 chercheurs (par exemple F. Lorcerie ou F Demaizière) s'insurgent contre les pseudo diagnostics qui trouvent place dans les rapports officiels.

 

"Nous avons en effet tout lieu de penser que les « diagnostics » ainsi posés sur les compétences linguistiques de populations dites en difficulté d’insertion et sur l’enseignement du français, sur leurs difficultés elles-mêmes, sont pour le moins discutables. Les recommandations qui en découlent nous paraissent non seulement erronées, mais dangereuses car conduisant à l’inverse du but recherché. Que disent ces « diagnostics » ? D’une part, que les « jeunes des banlieues et des cités » souvent « d’origine immigrée » seraient enfermés dans des milieux sociaux où l’on parle peu et mal, ce qui les limiterait à un vocabulaire très restreint et imprécis (le chiffre de « 400 mots en français du ghetto » a été avancé dans Le Monde du 19/03/2005), à une syntaxe « approximative », qui ne permettrait qu’une communication limitée de « proximité et d’extrême connivence » (Le Monde du 20/12/2007). Cela les empêcherait de développer une « pensée précise », une « intelligence collective », et « d’entrer en relation avec des gens qu’ils ne connaissent pas » (ibidem). D’autre part, l’école serait en partie responsable de ces difficultés car on y aurait lancé des démarches exagérément expérimentales privilégiant la mise en contexte, la pratique, l’autonomie et les pédagogues, chercheurs et autres « apprentis sorciers », ne se seraient pas rendu compte que cela ne fonctionnerait que pour des enfants privilégiés. Ces « diagnostics » révèlent une ignorance stupéfiante, voulue ou non, de la diversité des situations dans les « quartiers populaires » et les milieux scolaires, ainsi que des connaissances à ce sujet produites par les professionnels et les nombreux chercheurs en sciences humaines et sociales".

 

Sans qu'il soit nommé, l'allusion aux rapports d'A. Bentolila semble s'imposer. "Nous croyons urgent de dénoncer vigoureusement ces « analyses »" continuent les chercheurs, "qui rappellent les théories depuis longtemps réfutées du « handicap linguistique des enfants d’ouvriers » et du « handicap cognitif des Noirs » que contredisent toutes les enquêtes de terrain : ils relèvent de préjugés, de stéréotypes et de poncifs… Les études nombreuses et approfondies réalisées avec des personnes dites « défavorisées » et/ou « issues de l’immigration », y compris en milieu scolaire, révèlent des rapports aux langues fins et conscients, des compétences linguistiques complexes et souples, souvent plurilingues, et variées en français… Sauf cas pathologique gravissime, les « jeunes » en question n’ont jamais un français limité à si peu de mots et à une seule sphère sociale. Un enfant de trois ans, quelle(s) que soi(en)t sa ou ses langue(s), a un vocabulaire déjà riche d’au moins un millier de mots : on mesure le caractère fantaisiste et la manipulation alarmiste qui résident dans les 400 mots annoncés, comme dans beaucoup d’autres chiffres (par exemple ceux sur l’illettrisme)…"

Les chercheurs à l'origine du texte

Sur le Café, sur le dernier rapport Bentolila

 

Rapport Pochard : Certains l'aiment, d'autres pas

"Le livre vert reste un livre ouvert qui renferme des éléments permettant la négociation" estime le Sgen-Cfdt qui ajoute : " Le Sgen-CFDT approuve l'idée du renforcement de l'autonomie des établissements et des équipes". Le syndicat se réjouit aussi des propositions concernant les jeunes enseignants. Par contre, le syndicat estime "l'importance accordée au « mérite » et à l'individualisation des carrières dans le rapport… incompatible avec le choix d'une dynamique du collectif. C'est pourquoi le Sgen-CFDT lui préfère le principe de l'évaluation collective évoquée dans le rapport. Si la commission identifie bien l'ensemble des missions des personnels, en revanche, elle reste sur une définition du temps de travail reposant sur les seules heures de cours. Nous revendiquons un service toutes tâches comprises et rejetons un dispositif établi sur des primes, indemnités ou heures supplémentaires".

 

Le Snes est beaucoup plus critique. "Le rapport Pochard a préféré une approche gestionnaire, éclatant le métier en tâches sans articulation, prônant l’individualisation… Le rapport propose d’ajouter au service de nouvelles tâches, d’allonger le temps de travail, au lieu de libérer du temps comme le demandent les personnels. De même, en prônant une bivalence au collège – et notamment en ZEP ! - il refuse de reconnaître la qualification et prend le risque d’une augmentation de la charge de travail".

 

Dans un message adressé au Café, Jean-Louis Auduc, directeur-adjoint de l'IUFM de Créteil, en appelle lui à Napoléon. "Le rapport démarre dignement la célébration du bicentenaire de la loi napoléonienne de 1808 (qui définit les lycées et rétablit l'agrégation mais oublie le primaire). En ne traitant pas sérieusement le métier de professeur des écoles, la commission s'inscrit dans cette tradition".

Communiqué Sgen

Communique Snes

 

Primaire : Deux syndicats signent l'accord sur les heures du samedi

"Le SE-UNSA signera le relevé de conclusions sur l’organisation du service des enseignants du 1er degré" annonce Luc Bérille. Le syndicat souligne des "avancées" : libération, dans le cadre d’un calendrier scolaire national désormais unique, d’un week-end complet en harmonisation avec les rythmes majoritaires de la société, sans amputation des périodes de vacances scolaires; augmentation de 30 % du temps de service dévolu au travail en équipe, intégrant enfin le suivi des projets personnalisés de scolarisation des enfants en situation de handicap; prépondérance des conseils des maîtres pour décider, sur le terrain, des mises en oeuvre concrètes ; reconnaissance, dans les heures réservées aux actions directes auprès des élèves, du temps nécessaire aux enseignants pour les organiser".  D'après l'AFP, le Sgen  Cfdt a également signé le texte ministériel. Le Snuipp par contre "consulte" les profs des écoles.

Communiqué Se-Unsa

Communiqué Snuipp