L'Expresso du 18 Février 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Le Café mensuel 90 : 300 pages d'actualités et de ressources

ÉDITORIAL

Shoah : Les raisons d'un refus

LE SYSTEME

Sarkozy décide une réforme de l'école primaire  l Shoah : Syndicats et experts contre la décision de N. Sarkozy l Shoah : L'avis de Benoît Falaize l Un tiers de grévistes en Ile-de-France ?  l Report officiel des épreuves du Caplp et du cafep.

L’ÉLÈVE

Les mouvements d'éducation populaire rompent avec le ministère  l Un nouveau fichier d'élèves l Education aux médias : La mission Spitz-Mulot

LA CLASSE

Schémas heuristiques

LA RECHERCHE

L'autonomie scolaire en Europe

CITOYENNETE

Naissance d'un Etat : le Kosovo l Les élections municipales l La France 3ème en e-participation

LES DISCIPLINES

Français : Plurilinguisme et dynamiques identitaires l EPS : EPS et Apsa à l'université l E.D.D. : La qualité de l'air en Ile-de-France

LES TICE

Concevoir et réutiliser des scénarios pédagogiques

 

 

Le fait du jour

 

Le Café mensuel 90 : 300 pages d'actualités et de ressources

Le Café ce n'est pas que L'Expresso : c'est aussi deux éditions mensuelles, une généraliste Le Café mensuel (le 15 de chaque mois), une édition thématique Le Dossier du Café (tous les 1ers). Le Café mensuel n°90 est en ligne !

 

Au sommaire de  ce gros numéro (335 pages) : des entretiens avec Marcel Pochard et Christian Maroy sur la réforme du métier d'enseignant; la grogne sur les moyens; Primaire : le compromis du samedi matin ; Seconde carrière : des exemples et la piste du mois pour entamer une carrière hors enseignement; la mission E-educ; le scandale Note2Be, La Gifle…

 

Et les nouvelles ressources pour toutes les disciplines du primaire et du secondaire avec ce mois-ci des dossiers spéciaux sur la bande dessinée, les réformes au primaire, espagnol : l'évaluation en fin de 3ème; géo : enseigner la géographie de la France etc.

 

Réalisé par l'équipe d'enseignants du Café pédagogique, le Café mensuel n°90 est en ligne et en édition pdf (335 pages – plus d'un millier de liens).

Le sommaire

L'édition intégrale en pdf (6Mo)

L'affichette à mettre en salle des profs (pdf)

 

 

 

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Shoah : Les raisons d'un refus

Nicolas Sarkozy est peut-être surpris de l'avalanche de critiques qui accueillent sa décision d'associer une jeune victime de la Shoah à chaque écolier français. Pourtant la décision présidentielle a pu apparaître comme un coup de poignard dans le dos des enseignants qui s'investissent dans cet enseignement.

 

Il faut d'abord rappeler que Nicolas Sarkozy a raison d'exiger un enseignement de la Shoah. Si les massacres sont une des activités les plus répandues de l'histoire humaine, si, hélas, le XXème siècle a connu d'autres génocides, l'étude de la Shoah se justifie aussi parce qu'aucun génocide n'a été poursuivi de façon aussi systématique et obstinée que le génocide juif. En ce sens il est emblématique de tous les autres génocides. N. Sarkozy a raison aussi d'avoir cette exigence car on sait bien que cet enseignement se heurte à la recrudescence de l'antisémitisme dans certains établissements. L'école républicaine a donc l'obligation de démonter cet antisémitisme dans sa lutte générale pour les valeurs démocratiques.

 

Nicolas Sarkozy a encore raison quand il dit qu'il faut enseigner ce passé à travers des personnes et non en s'appuyant sur des chiffres. Les statistiques, et particulièrement ces millions là, sont inimaginables et ce ne sont pas des nombres mais bien des êtres de chair qui ont été assassinés dans les camps.

 

Pour autant les critiques qui lui sont adressées nous semblent justifiées. Nous ne reviendrons pas ici sur les remarques des psychologues. Elles sont assez établies. Le ministre lui-même a avoué, en confidence, son malaise quand il avait vu Nuit et brouillard à peu près à l'âge des écoliers de cm2. Il devrait donc comprendre que des aménagements sont nécessaires.

 

D'autres critiques peuvent se porter sur l'approche par les victimes elles-mêmes. Depuis quelques temps les historiens ont mis l'accent sur les enfants cachés qui ont survécu. C'est que leur histoire n'enferme pas les enfants dans un cercle morbide et qu'elle fait apparaître toutes les  complicités dont ils ont pu bénéficier. Autrement dit elle insuffle aux enfants l'histoire de la résistance. Les historiens s'intéressent aussi aux bourreaux qui eux ont eu la possibilité de choisir leur destin. Ces deux exemples permettent d'amener les élèves à comprendre le contexte historique, le développement des campagnes antisémites, c'est dire qu'ils participent pleinement de l'éducation civique.

 

On comprend mieux encore le sentiment qu'expriment en privé nombre de spécialistes de cet enseignement et  publiquement Jacques Auxiette, président de région : "Ce travail de mémoire est complexe, j’appelle le Président de la République à ne pas discréditer les actions que les enseignants engagent avec un grand sens de leurs responsabilités".

 

 

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Sarkozy décide une réforme de l'école primaire

Pour le président de la République c'est "la plus importante réforme de l'école primaire depuis des décennies". S'exprimant à Périgueux le15 février, N. Sarkozy a d'abord insisté sur un déclin de l'école française affirmant que "on atteint alors 40% d’une classe d’âge dont le niveau est insuffisant à l’entrée en 6e".

 

En réaction il propose des mesures sur les programmes, qui devront être réécrits en termes simples, et surtout recentrés sur le français et les maths. " Ils donneront la priorité absolue à la maîtrise de la langue. Le vocabulaire, qui est un instrument de liberté ; l’orthographe, par quoi notre langue se tient debout ; la grammaire, qui est le commencement de toute pensée : toutes ces nobles disciplines sont enfin mises, ou remises, à l’honneur. Nous voulons que l’enfant apprenne. Cette démarche rigoureuse d’appropriation doit commencer très tôt : aussi n’avons-nous pas oublié l’école maternelle : il s’agira d’en faire le lieu d’un véritable apprentissage de la langue orale. Car il est impossible d’apprendre à lire et écrire, tout aussi impossible de compter et de calculer, si l’on ne sait déjà parler correctement. En mathématiques, le programme est tout aussi simple et ambitieux. Les automatismes en calcul seront créés aussi tôt que possible grâce notamment à la pratique régulière du calcul mental. Les programmes privilégient en outre la résolution de problèmes liés à la vie courante".

 

Parallèlement l'évaluation sera plus fréquente pour les élèves (a travers els évaluations nationales déjà organisées) et pour les maîtres : une inspection tous les deux ans sur les progrès des élèves.

 

Mais le point d'orgue du discours concerne la pédagogie. "De façon générale, dans toutes les disciplines, l’accent est mis sur la mémorisation de connaissances et de compétences clairement identifiées, dont on pourra facilement vérifier l’acquisition : il y a un lien direct entre ces nouveaux programmes et le dispositif d’évaluation que j’ai évoqué tout à l’heure". Il s'agit donc bien du retour au cours magistral et de dresser les élèves à l'obéissance passive.

 

Car le président de la République entend supprimer l'éducation civique et la remplacer par l'instruction civique et morale. L'éducation c'est l'apprentissage de la citoyenneté. L'instruction c'est apprendre des règles imposées. Quant à la morale elle a disparu depuis longtemps des programmes faute d'avoir pu prouver son efficacité.

 

Ce retour à l'autorité ne doit pas épargner les profs, bien au contraire. "Tout groupe humain, quel qu’il soit, a besoin d’être dirigé. Les équipes enseignantes n’échappent pas à la règle. Il ya des principaux dans les collèges, des proviseurs dans les lycées. Sans méconnaître la grande valeur professionnelle des inspecteurs de l’enseignement primaire et des directeurs d’écoles, il faut s’interroger, même si cela ne fait pas plaisir à tout le monde, sur le pilotage de l’enseignement primaire".

 

Les syndicats n'ont pas été longs à réagir.  Ainsi le Sgen critqiue les orientations pédagogiques du président. "Sur les contenus d’enseignement, le Président prône le retour aux fondamentaux de l’école, le français et les mathématiques. Personne ne niera l’importance de ces outils de la pensée, mais ce que décrit le Président, c’est limiter l’enseignement à l’acquisition de mécanismes opératoires, c’est accentuer le caractère sélectif de l’école, c’est rater la démocratisation de l’école".

 

Le Se-Unsa "n’est pas en désaccord avec le rappel de l’importance décisive de la maîtrise de la langue. Il constate cependant que, bien qu’il s’en soit défendu, le Président de la République n’a pas échappé aux tentations nostalgiques. Les enseignants qui travaillent dans des conditions souvent difficiles dans les écoles, auront sans doute apprécié l’idée selon laquelle il faut « remettre de l’école à l’école ». Mais alors qu’y faisaient-ils d’autre jusqu’à présent ? "

 

Enfin le Snuipp ironise sur la réduction des programmes. "Le SNUipp tient à réaffirmer que les enseignants des écoles n’ont renoncé à enseigner ni l’Education civique, ni le vocabulaire, ni l’orthographe, ni la grammaire ou le calcul. Laisser croire le contraire est méprisant pour les enseignants. Qui peut croire que l’abandon des programmes de 2002 remplacés par un fascicule de 24 pages permette de rendre plus aisé l’apprentissage de la lecture ou des mathématiques, des sciences ou de l’histoire ?"

Discours de Sarkozy

Communiqué Se-Unsa

Sgen

Snuipp

 

Shoah : Syndicats et experts contre la décision de N. Sarkozy

Dessin envoyépar X. Bézard"Inimaginable, insoutenable, dramatique", les adjectifs utilisés par Simone Veil pour marquer sa désa